mardi 23 août 2016

Au service surnaturel de sa majesté de Daniel O'Malley

Dire que j'aurais pu rater cette pépite à cause de son titre français abominable ! En anglais, le roman s'intitule Rook, c'est à dire "tour". C'est beaucoup plus cohérent avec le contenu. Heureusement, la 4ème de couverture m'a suffisamment intriguée pour que j'aille plus loin.
Victime d'une agression, Myfanwy Thomas reprend conscience dans un parc de Londres. Autour d'elle, des hommes en costume portant des gants de latex sont morts. Elle ne se souvient plus de rien. Le plus surprenant, c'est qu'elle semble avoir prévu cette amnésie, et pas mal d'autres choses aussi. C'est ainsi que Myfawny rejoint le siège de la Checquy, une organisation secrète chargée de combattre les forces surnaturelles qui menacent la Couronne, au sein de laquelle elle occupe le poste important de Tour.

Daniel O'Malley est diplômé de l'Université d'État du Michigan et est titulaire d'un Master d'histoire médiévale de l'Université de l'Ohio. Il travaille actuellement à l'Agence australienne de sécurité des transports. The Rook (2012) est son premier roman. Il vient de publier Stiletto, la suite.
Comme vous l'aurez peut-être compris, j'ai adoré ce livre ! D'abord, on débute de la même façon que Myfanwy : on ne sait rien. Comme elle, on découvre tout au fur et à mesure. Si bien que le lecteur n'est pas assommé d'informations dès le début mais en apprend un peu plus à chaque chapitre sur la Checquy, ses rouages, ses opérations, ses membres. Le moins que l'on puisse dire c'est que Daniel O'Malley a construit une organisation complète, cohérente et riche de détails. C'est génial ! Myfanwy, l'ancienne comme la nouvelle, est très attachante, dans sa maladresse comme dans ses sursauts d'orgueil. Sa secrétaire, Ingrid, ainsi que certains membres de la Checquy, le sont également. Ce premier opus est très centré sur Myfanwy mais ne néglige pas les personnages secondaires.
L'intrigue est mystérieuse, pleine de suspense, riche en rebondissements et néanmoins cohérente. A la fin, tout s'emboîte parfaitement. En plus d'être un véritable page turner, ce roman est plein d'humour qui fait mouche. O'Malley nous balade entre répliques hilarantes et situations burlesques et pourtant flippantes. Il est terriblement inventif et propose une version déjantée des services secrets. Il n'hésite pas à user de loufoquerie, mais sans perdre son objectif de vue, cf l'épisode du canard.
Dans une critique de ce livre, quelqu'un a fait référence à Chapeau melon et bottes de cuir et Doctor Who, c'est très juste : racé, drôle, irrévérencieux. Alors pourquoi pas 10/10 ? Parce que j'ai découvert avant la révélation finale qui était le traître. Mais c'est tout ce que j'avais deviné, donc le suspense tient quand même très bien.
J'attends la suite avec impatience ! Vite la traduction !

9,5/10

lundi 22 août 2016

Peter et Elliott le dragon

M. Meacham, un vieux sculpteur sur bois, régale les enfants du coin avec ses histoires sur un féroce dragon qui vivrait au plus profond de la forêt voisine. Pour sa fille Grace, garde forestière, tout ceci n’est que contes à dormir debout… jusqu’au jour où elle fait connaissance avec Peter. Ce mystérieux petit garçon de 10 ans assure qu’il vit dans les bois avec un dragon géant baptisé Elliott. Et la description qu’il en fait correspond étonnamment à celui dont parle son père…
N'ayant pas vu la version des années 70, je n'avais aucun préjugé. Dès la première scène, Lowery donne le ton : Pete's dragon est un film émouvant, écolo, qui parle d'amitié et de famille. Disney quoi. Elliott est un dragon poilu vert qui rate ses atterrissages et se comporte un peu comme un gros chien. Tout comme le petit Peter (pourquoi ne pas avoir conserver le prénom de Pete en français ?), il est attachant. Oakes Fegley est adorable, de même que Oona Laurence. Bryce Dallas Howard et Robert Redford sont impeccables. Karl Urban campe le méchant. Malgré son jeu tout à fait honorable, il est le principal point faible du film, outre sa prévisibilité bien sûr. En effet, son personnage manque de charisme et de fond et se révèle terriblement obtus donc agaçant. Même si le démarrage est un peu long et qu'on sait comment tout cela va finir, on ne peut qu'être ému par l'attachement entre ce très jeune orphelin et son compagnon ailé si expressif. Évidemment, ça déborde de bons sentiments Disney mais le film est suffisamment bien fait pour qu'on se laisse emporter, notamment grâce à la musique et aux superbes paysages de forêt. Les effets spéciaux, principalement consacrés à Elliott, sont convaincants. La fourrure du dragon s'avère très réussie. Je regrette que les thèmes ne soient traités que de façon assez superficielle, probablement en raison du jeune public visé. Voilà un joli conte nostalgique pour petits et grands.

8/10

dimanche 21 août 2016

Star Trek beyond

L’USS Enterprise voyage depuis presque trois ans pour découvrir de nouvelles planètes et populations. Lors d'une étape sur la base Newtown, le capitaine Kirk et son équipage sont envoyés sauver un vaisseau échoué dans une nébuleuse.
Le nouveau Star Trek est un véritable space opéra. On a droit de véritables batailles spatiales très bien réalisées. Le concept de l'Essaim est top, même s'il n'est pas novateur, et bien exploité. La première bataille, extrêmement réussie, insuffle une véritable tension. Le scénario reste simple mais permet de mettre en valeur plusieurs membres d'équipages. Il conserve l'humour qui m'avait plu dans les précédents, ainsi que l'action. Rythmé, le film est intelligent et très efficace. La B.O accompagne bien l'action marquée par des effets spéciaux et des maquillages de qualité et une esthétique plaisante. Quant aux acteurs, il sont au diapason. Citons Simon Pegg et John Cho, attachants, Sofia Boutella et Zoé Saldana, énergiques, Chris Pine et Zachary Pinto en plein doute. Idris Elba est sous-utilisé en méchant peu charismatique. Le film est dédié aux regrettés Leonard Nimoy et Anton Yelchin, dont les décès planent sur celui-ci. Il renoue d'ailleurs avec l'idée d'exploration, de recherches, le tout saupoudré d'humanisme sincère et d'esprit de corps.
8,5/10
PS : l'hommage à Mars Attacks est drôle.


Jason Bourne

Jason Bourne se cache et participe à des combats illégaux, pour survivre. Nicky Parsons collabore avec le hacker et lanceur d'alerte Christian Dassault et réussit à copier des fichiers sur les opérations noires de l'agence. La CIA implante un logiciel espion dans une mémoire de masse qu'elle emporte. Nicky se rend en Grèce pour montrer à Bourne ses recherches, suivie à distance par Heather Lee, chef de la division sur le cyberespionnage, sous l'autorité de Robert Dewey, directeur de la CIA.
Greengrass propose un opus assez rythmé revenant sur les origines de l'opération Threadstone et sur le lancement d'une nouvelle opération contestable. Si les effets spéciaux sont à la hauteur d'une action soigneusement chorégraphiée, je regrette le manque de charisme de Matt Damon. Il joue bien les espions torturés avec trois lignes de texte mais il est aussi agaçant parce qu'il s'auto-flagelle sans assumer son passé. Alicia Vikander a plus de caractère et son personnage ambigu lui va bien. En revanche, chef de division à 27 ans ? Sérieux ? Il fallait confier le rôle à une actrice de 40 ans au moins pour que ce soit crédible (ou du moins qu'on ne se pose pas la question) mais ce n'est pas l'usage à Hollywood semble-t-il. Tommy Lee Jones nous ressert le rôle habituel, il est bon mais c'est déjà vu. Vincent Cassel s'offre un rôle de tueur froid et obstiné, pourquoi pas. Le scénario ressemble beaucoup aux précédents, du moins à ce dont je me souviens, en moins intelligent (le lien entre l'Atout et le père de Bourne, digne d'une série B des années 80). Le film pose des questions intéressantes : faut-il opposer sécurité et liberté ? Dans l'affirmative, laquelle doit primer ? La récente demande de la CIA à Apple y trouve un écho des plus troublants. Fallait-il que le film réponde par un manichéisme dépourvu de nuance ?

5/10