samedi 3 septembre 2016

Un petit boulot

Jacques habite une petite ville dont tous les habitants ont été mis sur la paille suite à un licenciement boursier. L'usine a fermé, sa copine est partie et les dettes s’accumulent. Alors quand le bookmaker mafieux du coin, lui propose de tuer sa femme infidèle, Jacques accepte volontiers... 
Le titre pouvait faire penser à un petit film. C'est vrai que c'est un petit film, mais un bon. C'est l'histoire d'un pauvre type honnête qui se retrouve à faire un boulot pas très honnête et qui s'en sort plutôt bien. Romain Duris campe un looser sympathique et charmant face à un Michel Blanc pince-sans-rire. Alice Belaïdi joue la jolie fille pas idiote mais un peu potiche quand même. Les personnages secondaires sont assez réussis. On sourit souvent, on s'esclaffe assez régulièrement grâce aux dialogues finement ciselés. Le film est plein de trouvailles, de petites phrases acides, de situations absurdes ou loufoques. Ça aurait été parfait si le scénario avait été plus étoffé et rythmé. Je trouve que ce filme à des accents de film britannique. Il m'a fait penser à The full monty et à Wild target (lui-même remake de Cible émouvante). C'est une comédie sociale intelligente et grinçante pleine d'humour noir. Elle ne verse pas dans le moralisme, se contente d'amuser le spectateur sans le prendre pour un imbécile. A noter la dernière scène, réjouissante.

8/10

lundi 29 août 2016

Dernier train pour Busan

Un virus inconnu se répand en Corée du Sud, l'état d'urgence est décrété. Les passagers du train KTX se livrent à une lutte sans merci afin de survivre jusqu'à Busan, l'unique ville où ils seront en sécurité...
J'avais beaucoup aimé World war Z. Dernier train pour Busan, c'est encore mieux. Plus réaliste, plus humain, plus profond, plus émouvant, plus drôle. Ça commence par un gestionnaire d'actif contraint d'emmener sa fille qu'il délaisse chez son ex à Busan. Il essaie de bien faire mais entre son égoïsme et son boulot, il a du mal à trouver une seconde pour lui accorder son attention. Et le voyage dérape. Des zombies, des vrais qui grognent et qui dévorent à moitié les vivants avant que ceux-ci ne deviennent des zombies à leur tour, envahissent peu à peu le train. D'abord, je les ai trouvés plutôt marrants ces zombies très chorégraphiés, et puis plus du tout en fait. Entre rédemption paternelle et histoire de survie, le film fait lentement mais sûrement monter la pression jusqu'au paroxysme. Il ne rechigne pas à tuer des personnages auxquels le spectateur s'est attaché. Autant prévenir, c'est sanglant. Les maquillages et les effets spéciaux sont très bien faits, sans en faire des tonnes. Les attaques des zombies sont très prenantes. Gong Yoo, Kim Soo-Ahn, Yu-mi Jeong, Dong-seok Ma, et Choi Woo-Shik sont excellents. Ils rendent attachants des personnages qui avaient plus ou moins de potentiel à ce titre. Malgré la tension, l'humour ponctue le film, offrant un peu de relâchement avant d'enchaîner sur l'émotion, sincère et sobre. Il s'offre le luxe de critiquer notre société individualiste mais aussi la finance débridée et de montrer l'effet de groupe dans ce qu'il a de pire. Inventif dans sa réalisation même s'il ne révolutionne pas le genre, il n'ennuie jamais malgré une action située presque entièrement dans un train. Au final, une série B d'horreur hyper bien troussée et intelligente.

9,5/10

dimanche 28 août 2016

Nerve

En réaction à la provocation de sa meilleure amie elle même joueuse, Vee devient participe au nouveau jeu en ligne à la mode : Nerve. Pour gagner de l'argent, elle doit relever des défis de plus en plus dangereux déterminés par une communauté anonyme de voyeurs. Le jeu vire au cauchemar. Impossible d’arrêter…
Vee termine le lycée, c'est une ado timide qui n'ose pas dire à sa mère qu'elle veut intégrer une université à l'autre bout du pays. Quand elle se trouve prise dans la spirale Nerve, elle se révèle plus forte qu'elle ne s'y attendait. Ce film, dont le final m'a fait penser à Hunger games, brocarde la jeunesse internet déconnectée de la réalité tout en proposant un récit initiatique concernant un jeune femme qui cherche à s'affirmer, sans parvenir toutefois à éviter certains clichés. Il trouve un écho dans le fameux Pokemon go et tous les réseaux sociaux qui permettent de balancer des vidéos plus ou moins en direct. La méthode manque de subtilité mais les ados de cette génération semble hermétique à toute tentative de nuance. En plus d'une critique acerbe de la société, Nerve est un thriller efficace qui sait faire monter la tension et jouer la carte de l'humour. Certains rebondissements sont prévisibles, notamment la fin, qui est de surcroît beaucoup trop facile, d'autres non. Emma Roberts joue bien mais se fait voler la vedette par le charisme de Dave Franco, le très mignon petit frère de James. Ajoutons que le résultat a quelque chose de tape-à-l'œil, d'un peu trop clinquant, d'un peu trop propre aussi. Le film aurait pu être plus virulent, moins rester dans les sentiers balisés.
7/10

PS : la pub pour apple et chrome, c'est carrément de l'abus.