samedi 10 septembre 2016

Ben-Hur

Judah Ben-Hur, un prince juif, est accusé à tort de trahison par Messala, son frère adoptif, officier de l’armée romaine. Déchu de son titre, séparé de sa famille et de la femme qu’il aime, Judah est réduit à l’esclavage. Après des années en mer, Judah revient sur sa terre natale dans le but de se venger.
Je n'ai pas vu la célèbre version avec Charlton Heston et pour le bien de cette séance, cela vaut sans doute mieux. La présente version offre un divertissement sympathique mais pour en profiter, il faut déposer son cerveau à l'entrée de la salle. Le film est en effet bourré d'invraisemblances et d'erreurs historiques. A un moment, on a l'impression que l'actrice porte un jeans et un chemisier ! Le personnage de Ponce Pilate est particulièrement malmené. Les dialogues s'avèrent assez plats et les bons sentiments foisonnent. Ce qui sauve le film ? D'abord et principalement, la qualité des effets spéciaux et des scènes d'action. Ensuite, le jeu des acteurs, pas transcendant mais suffisant pour rendre leurs personnages attachants. Mention spéciale pour Toby Kebbell qui a décidément du talent mais ne choisit pas très bien ses films. Jack Huston a plutôt du charme et s'en sort honorablement mais sans panache. Rodrigo Santoro campe un Jésus sympathique mais trop bavard à mon goût. Le scénario, bien que sans âme, est rythmé, on ne s'ennuie pas un instant mais le message religieux est asséné sans subtilité, de même que la fin, atroce. Au final un divertissement passable, vite oublié, dépourvu de l'aspect épique espéré.

4/10


jeudi 8 septembre 2016

Frantz

En 1919, dans une petite ville allemande, Anna se rend tous les jours sur la tombe de son fiancé, Frantz, mort sur le front en France. Mais ce jour-là, un jeune Français, Adrien, est venu se recueillir sur la tombe de son ami allemand.
Un film en noir et blanc en 2016 ? Pourquoi pas. Surtout quand la couleur, rare, exprime l'intensité de l'instant. Surtout quand le noir et blanc est soutenu par une lumière superbe. Dès le début, on flaire un truc qui ne colle pas dans le comportement d'Adrien. J'ai imaginé deux scénarios, l'un s'est révélé à moitié vrai. Donc, le scénario est un peu prévisible mais les suites données à la révélation, elles, ne le sont pas. C'est l'histoire d'une reconstruction intime après une guerre qui n'a pas blessé que des soldats. Il y a les parents dévastés de chagrin, la fiancée qui a arrêté de vivre (d'où le noir et blanc je suppose), le soldat qui a combattu et qui souffre de séquelles psychologiques, ses parents qui ont peu pour son avenir. Il est question de deuil, d'amour, de pudeur, de pacifisme. Frantz est un film subtile, émouvant, élégant, qui ne néglige pas quelques touches d'humour léger. Pierre Niney, gracile, déploie son charme et son immense palette de jeu, entre douceur et tourment. Paula Beer, lumineuse, campe avec délicatesse et grâce une femme fragilisée mais aussi plein de force. Je regrette que la fin n'éclaire qu'une partie du futur de cette situation complexe. Les seconds rôles sont parfaits, éclairant le contexte. J'ai souvent pensé à Une promesse pendant le film. Au final, une œuvre à l'esthétique léchée au ton mélancolique et grave qui mérite d'être vue.

9/10

dimanche 4 septembre 2016

Blood father

John Link, ex-motard, ex-alcoolique, ex-taulard, a laissé tomber ses mauvaises habitudes et vit reclus dans sa caravane, loin de toute tentation. L’appel inattendu de sa fille Lydia, 17 ans, lui fait revoir ses plans de tranquillité.
C'est un film classique : une fille un peu menteuse qui s'est attiré des ennuis avec des gens dangereux, son papa est évidemment un type qui a de la bouteille niveau castagne et va tout faire pour la sortir du merdier dans lequel elle s'est fourrée comme une cruche parce que, cela va de soit, elle est un peu cruche, naïve et ne comprend pas tout. Les stéréotypes sont de sortie et rien n'est fait pour les dépasser. Le héros, ou anti-héros, s'appelle John, ça aurait pu être John McLane de Die hard ou n'importe quel autre héros de film d'action. Si on dépasse le postulat déjà vu, le film est sympa. La première scène rend bien, promet un film assez noir avec de l'action. Puis le rythme ralentit avant de reprendre, ça continue cahincaha avec une fuite ponctuée de scènes d'action bien réalisées. Le scénario est mince, trop pour permettre au film d'être inoubliable, d'autant qu'il est trop bavard. Dommage parce que l'humour qui le parsème passe bien. Mel Gibson, avec un rôle d'ours mal léché en recherche de rédemption taillé pour lui, et Erin Moriarty font le job, de même que Diego Luna dont le personnage souffre d'un doublage affreux avec le pire pseudo accent espagnol que j'ai entendu. J'ai bien aimé le clin d'œil à Mad Max. La fin est ultra prévisible et moralisatrice. Un demi-échec donc.

5/10