jeudi 29 septembre 2016

Kubo et l'armure magique

Kubo, jeune conteur élevé par sa mère à demi-folle, est poursuivi par la vindicte de la famille de celle-ci. Retrouvé par ses inquiétantes tantes, il s'enfuit, bientôt aidé par un singe et un scarabée. Le synopsis "officiel" ne correspond pas du tout à l'histoire racontée.
Je n'ai pas réussi à rentrer dedans. Dès le début, j'ai eu envie de partir. Le film m'a paru long malgré les scènes de combat réussies. Je n'ai pas aimé le design, très figé (les cheveux, les poils qui ressemblent à une serpillère), alors que globalement l'animation est plutôt fluide. En revanche, j'ai aimé l'aspect des tantes, sombres, cruelles. J'ai noté quelques trouvailles visuelles intéressantes. Le bateau, par exemple, est vraiment beau. Après un début très sombre, les aventures s'enchaînent, répétitives, avec un peu d'humour, puis une fin assez sombre et un peu étrange. L'armure magique n'est qu'un prétexte, elle n'est finalement qu'un souvenir familial. La famille, la transmission et l'acceptation de la différence sont en effet au centre de ce récit initiatique situé en plein Japon médiéval fantastique. Les couleurs, les costumes sont jolis mais l'émotion ne passe pas. Au final, je me suis un peu ennuyée. Dommage.

4/10

mercredi 28 septembre 2016

Mechanic resurrection

Arthur Bishop pensait qu'il avait mis son passé de tueur à gages derrière lui. Il coule des jours heureux dans l'anonymat. Mais une vieille connaissance le retrouve pour qu'il assassine trois cibles particulièrement bien protégées. Et comme toujours, il doit faire en sorte que ses exécutions ressemblent à des accidents. Une course contre la montre sans relâche s'engage.
J'avais bien aimé le premier opus, plein d'énergie, assez drôle. Le deuxième est beaucoup plus banal, plus romantique. On conserve les effets spéciaux satisfaisants, l'action rythmée, visible et efficace, les beaux paysages (la piscine suspendue, waouh ! mais aussi la baie de Rio, la Thaïlande...). On peut reconnaître au scénariste une belle inventivité dans les modes d'assassinat, dans les rebondissements peu crédibles, voire invraisemblables, et artificiels aussi. C'est le principal souci du film : son caractère artificiel. Jason Statham est toujours aussi sexy et doué dans les combats à mains nues mais je l'ai déjà vu jouer mieux que ça. Ras le bol de jouer les supermen ? Aurait-il pris un petit coup de vieux ? En effet, j'ai remarqué qu'il y a moins de combats et plus de fusillades. Il sourit plus aussi, ça c'est bien. Jessica Alba campe la belle potiche souvent en petite tenue qui a parfois des éclairs de réactivité. Leur histoire d'amour est aussi artificielle que les rebondissements (je me méfie, on danse, tu ris bêtement, on s'aime comme des dingues). Tommy Lee Jones a l'air de s'amuser en campant un trafiquant d'armes amateur d'architecture soviétique. Michelle Yeoh, toujours magnifique, ne sert à rien, c'est dommage. Reste les scènes d'action, très efficaces. Au final, c'est divertissant, c'est sympa mais ce sera vite oublié.

5,5/10

lundi 26 septembre 2016

Juste la fin du monde

Après douze ans d’absence, Louis, un écrivain retourne dans son village natal pour annoncer à sa famille sa mort prochaine. Ce sont les retrouvailles avec le cercle familial où l’on se dit l’amour que l’on se porte à travers les éternelles querelles, et où l’on dit malgré nous les rancoeurs qui parlent au nom du doute et de la solitude.
Depuis le temps qu'il est acclamé par la critique et le public, je me suis enfin décidée à voir un film de Xavier Dolan. Comme je m'y attendais, c'était un peu hystérique et étrange, difficile à définir, à commenter et surtout à noter. Je ne suis pas sûre d'avoir aimé ou détesté. Il ne se passe rien dans ce film et parfois les dialogues frôlent l'ennui. Parfois ils frôlent le sublime aussi (la discussion entre la mère et Louis dans l'abri de jardin). Souvent drôles et tranchants, ils n'épargnent rien au spectateur et surtout pas les errances verbales des personnages. Gaspard Ulliel campe un homme venu écouter et de fait, il ne parle pas beaucoup. Sobre, il est excellent. Nathalie Baye, impériale, c'est à la mère un peu hystéro maquillée "comme une drag queen" qui voit les choses mais ne peut être prise au sérieux, qui fait le tampon entre ses enfants. Vincent Cassel, le fils moins aimé, malheureux, en colère, est explosif et touchant. Marion Cotillard campe un rôle différent de ses habitudes et s'y révèle douée : c'est une femme timide, balbutiante mais clairvoyante. Léa Seydoux est expressive, elle aussi contrairement à ses habitudes. C'est grâce à la qualité de jeu du casting que les scènes émouvantes du film fonctionnent aussi bien : elles sont poignantes. La fin me laisse dubitative même si elle était prévisible. Ce qui me gêne ? Je ne sais pas, l'hystérie de certaines scènes est presque pénible. Certaines réactions paraissent outrées, over the top et filmées en trop gros plan -on ne voit pas les décors, les images ne sont pas forcément belles. Somme toute un beau huis-clos familial sur l'incapacité à communiquer et l'urgence de vivre.

7/10

dimanche 25 septembre 2016

Cézanne et moi

Adolescents, ils partageaient tout. Paul est riche, Emile est pauvre. Ils montent à Paris, s'intègrent dans une bande d'artistes bohêmes et anticonformistes. La gloire est passée sans regarder Paul, le peintre sans succès. Emile, l'écrivain, a tout : la renommée, l’argent une femme parfaite que Paul a aimée avant lui. Ils se jugent, s’admirent, s’affrontent. Ils se perdent, se retrouvent, comme un couple qui n’arrive pas à cesser de s’aimer.
Malgré les quelques temps morts qui parsèment le film, celui-ci évoque avec brio tant l'amitié que les affres de la création artistique. Guillaume Canet, sobre, touchant, campe un Emile Zola presque discret, toujours prêt à pardonner, à soutenir. Guillaume Gallienne propose un Cézanne tourmenté et caractériel, aussi agaçant qu'attachant. Heureusement, il ne réussit pas à maintenir son accent très longtemps, parce qu'il ne lui va guère, d'autant que j'aime sa façon de poser sa voix. Alice Pol et Isabelle Candelier sont parfaites. Tableau en lui-même, sorte de mise en abîme, le film est plein de paysages superbes, dont l'un, sublime, semble presque faux, tant il est parfait. La reconstitution de la fin du XIXème siècle est soignée, des costumes aux événements évoqués, ça et là, des soirées dans les cabarets à celles de Médan. Souvent drôle grâce à des dialogues ciselés, l'émotion ne parvient pas à percer complètement, la faute à une réalisation parfois inégale et pesante, meilleure dans les répliques qui font mouche que dans la mélancolie. Thompson manque peut-être d'une véritable vision, d'un truc à dire. Dommage parce que sinon, le film est vraiment plaisant et intéressant.

8/10