samedi 15 octobre 2016

Cigognes et compagnie

Avant, les cigognes livraient les bébés. Désormais, elles acheminent des colis pour un géant de l'Internet. Junior, qui s'apprête à être promu, actionne accidentellement la Machine à Fabriquer les Bébés… qui produit une adorable petite fille. Avec l'aide de Tulip, seul être humain sur le Mont Cigogne, Junior se précipite pour effectuer sa toute première livraison de bébé.
La bande annonce promettait un film d'animation drôle au rythme enlevé. En réalité, deux ou trois scènes sont vraiment drôles et beaucoup font sourire. Le scénario manquant de corps, le rythme n'est pas au rendez-vous. Les péripéties sont peu nombreuses et reposent trop sur des dialogues basiques. L'animation est de qualité, fluide et colorée. Quelques idées sont réellement inventives. Junior et Tulip sont plutôt attachants mais ce sont surtout les bébés qui sont trognons. Mention spéciale à la rouquine premièrement créée, trop chou. J'ai bien aimé les loups et leurs "formations" mais pas le pigeon, pas très beau et peu compréhensible. Le message stop à la société de consommation, concentrons-nous sur ce qui est vraiment important, à savoir la famille, colle à l'air du temps. Les principaux atouts du film restent sa mignonnerie et son coté bon enfant, caractéristiques qui séduiront surtout les plus jeunes.

6/10

dimanche 9 octobre 2016

Miss Peregrine's house for peculiar children

À la mort de son grand-père, Jacob découvre les indices et l’existence d’un monde mystérieux qui le mène dans un lieu magique : la Maison de Miss Peregrine pour Enfants Particuliers. Mais le mystère et le danger s’amplifient quand il apprend à connaître les résidents, leurs étranges pouvoirs …  et leurs puissants ennemis. Finalement, Jacob découvre que seule sa propre "particularité" peut sauver ses nouveaux amis.
Burton excelle dans l'opposition entre la normalité un peu morne, trop banale, et l'extraordinaire à la fois plus sombre et magnifique. On débute en Floride, dans un monde qui a l'air normal, avant de partir au Pays de Galles qui abrite une charmante vieille maison peuplée de gens étranges. Eva Green, sublime, campe une gouvernante à la fois inquiétante et protectrice. Asa Butterfield joue de façon convaincante le jeune héros qui se croit normal jusqu'à ce qu'il découvre la vérité sur sa famille. Ella Purnell, avec ses yeux immenses et une grâce qui sied parfaitement à sa particularité, apporte une touche de douceur et d'étrangeté. Ils sont secondés par l'inquiétant Samuel L. Jackson, la discrète Judi Dench, l'énergique Terence Stamp, et tous les enfants dotés de particularités, pour le moins... particulières (je ne précise pas pour préserver la surprise). Ils évoluent dans un univers parfaitement retranscrit entre horreur et ravissement, bourré de détails. Les effets spéciaux, toujours au service de l'intrigue, sont superbes. Le filme alterne entre scènes d'action efficaces et élégante mélancolie poétique. Au fond, ce que vivent ces enfants est assez triste, ils sont éternellement bloqués dans une boucle temporelle sans jamais grandir ni vivre leur propre vie. Les enfants sont tour à tour drôles et inquiétants, comme le scénario qui regorge de détails. J'ai relevé une toute petite incohérence technique mais je m'en fiche totalement tellement ce film est génial, généreux et visuellement épatant. Oui, ce film a sans doute des défauts, il ne permet notamment pas de développer beaucoup les personnages secondaires, contrairement au roman sans doute, mais il parvient à emporter le spectateur dans son univers onirique et bizarre. Tim Burton est revient sur ses thèmes favoris, l'étrangeté, la transmission et l'acceptation, et c'est pour le mieux. L'un de ses meilleurs films. J'ai bien envie de lire le livre maintenant.
10/10