mardi 18 octobre 2016

Les lumières de septembre de Carlos Ruiz Zafon

Le dernier du Cycle de la brume ! J'ai beaucoup aimé les deux premiers volumes, qui s'ils ont des défauts, sont très attachants, j'étais presque triste de la finir en achetant le dernier volume.
1937. Simone Sauvelle accepte d'être la secrétaire particulière de Lazarus Jann dans sa propriété de Cravenmoore, en Normandie. Elle part avec sa fille Irène et son fils Dorian. Dans ce manoir aux pièces sombres, peuplé de marionnettes, vit alitée depuis 20 ans la femme de Lazarus. Alors qu'une folie homicide s'empare des lieux, la vérité sera révélée.

Carlos Ruiz Zafon (1964 - ) est un auteur et scénariste espagnol vivant aux États-Unis. Il a gagné plusieurs prix dont le prix Femina en 2004 et le prix Michelet en 2005. En plus de Marina, il a écrit deux trilogies : Le cimetière des livres oubliés et la Trilogie de la brume.

Le livre est trop court, j'avais envie d'en découvrir plus, de plus prendre mon temps, de prolonger la mise en place, l'installation de l'ambiance. Celle-ci est particulièrement travaillée : gothique, sombre, parfois même horrifique. Certaines séquences sont véritablement prenantes et flippantes. L'avantage de la brièveté, c'est la densité du récit et l'enchaînement rapide des rebondissements. Les thèmes abordés sont ceux habituels de Ruiz Zafon : la fin de l'enfance, le premier amour, une maison étrange peuplée d'automates, le mystère, la guerre -en filigrane-. Toujours pas de Barcelone dans ce cycle, cette fois nous sommes en Normandie. Comme dans Le prince de la nuit, nous sommes dans une maison au bord de la mer, aussi inquiétante que belle.
Encore une fois, il existe un mystère planant sur le château et son propriétaire, le gentleman Lazarus Jann et son invisible épouse. Irène et Ismaël sont attachants, pleins de courage et d'appétit de vivre. Dorian et Simone sont plus discrets mais néanmoins plaisants. J'aime la façon dont cet auteur décrit les paysages, de telle façon que l'on s'y croirait : l'île du phare, la grotte aux chauve-souris. Le manoir semble aussi intrigant que sublime. L'intrigue a un petit goût de déjà-vu -et donc est un peu prévisible- mais reste haletante, prenante et très agréable à lire.
Pour conclure, j'adore cette trilogie, à la fois fantastique et mélancolique. A lire et à relire.

8/10

dimanche 16 octobre 2016

L'odyssée

1948. Jacques-Yves Cousteau, sa femme et ses deux fils, vivent au paradis, dans une jolie maison surplombant la Méditerranée. Mais Cousteau ne rêve que d’aventure. Grâce à son invention, un scaphandre autonome qui permet de respirer sous l’eau, il a découvert un nouveau monde. Désormais, ce monde, il veut l’explorer. Et pour ça, il est prêt à tout sacrifier.
Que sacrifie Cousteau ? Sa famille, certains amis, son intégrité parfois. Egoïste et charismatique, il est attachant parce que passionné. Son fils, Philippe, est plus attachant encore parce que plus idéaliste donc plus facilement aimable. Lambert Wilson tient là un grand rôle contrasté et fort, rouleau-compresseur écrasant tout sur son passage mais aussi gamin qui rêvait de voler et dont les rêves ont été brisés. Pierre Niney campe un fils plein d'admiration qui cherche l'approbation mais pas prêt à l'adoration. Audrey Tautou, volontaire, joue l'épouse de Cousteau, véritable pilier de la famille. Le fils aîné est un peu laissé de côté, comme dans la réalité en fait. De construction classique, le film suit le parcours de la famille Cousteau entre belles images de l'océan servies par une photographie à tomber et scènes dialoguées. La beauté de certaines scènes est émouvante mais l'émotion siège principalement dans quelques scènes. La découverte de l'état de la Méditerranée 20 ans après leur première plongée fait froid dans le dos. Même moi qui ne suis que très très modérément écolo, je dois admettre que le film a le mérite d'illustrer ce que l'Homme inflige aux océans. Il manque toutefois de souffle. L'aspect épique de l'aventure est un peu dissimulé derrière l'aspect comptable et pratique. Il semble regrettable que Jérôme Salle n'ait pas choisi entre le point de vue de Cousteau et celui de son fils.
7/10