samedi 29 octobre 2016

L'échange

En novembre 2008 sortait L'échange.
Un petit garçon est enlevé alors que sa mère est au travail. Après plusieurs mois de recherches, la police ramène un petit garçon. Oui, mais voilà, ce n'est pas le bon petit garçon. Pourtant, il prétend le contraire. Christine Collins tente de convaincre la police mais en vain.
Eastwood signe un film dur, mais surtout un film ambitieux qui se donne les moyens de son ambition pour un résultat réussi. Grâce à une reconstitution impeccable, il rend magnifiquement l'ambiance des années 20 à Los Angeles où la corruption règne et où la politique compte plus que la vie d'un gamin ou celle d'une femme. D'ailleurs, une sincère misogynie est de mise pour ces messieurs. Les images sont belles, toujours bien filmées. Le classicisme du propos est magnifié par la photographie. Le scénario, tiré d'une histoire vraie, est très fouillé, plein de rebondissements menant jusqu'au plus sordide. Il réussit à faire durer le suspense jusqu'à la fin. Les seconds rôles sont excellents : surtout Malkovitch en pasteur virulent et compréhensif, et Jeffrey Donovan en flic borné au sourire enjôleur. Quant à Angelina Jolie, elle est pour ainsi dire parfaite : son visage laisse passer toute l'émotion qui se dégage de son personnage, sa peur, sa colère, sa douleur, sa détermination. Elle est criante de vérité, magnifique, bref, impeccable. J'adore son rouge à lèvres et son maquillage en général qui met son visage et sa pâleur en valeur. Le film, qui aurait pu être tire-larmes, est simplement émouvant. Une grande réussite pour un joli coup de cœur.

10/10

jeudi 27 octobre 2016

La fille du train

Rachel prend tous les jours le même train et passe tous les jours devant la même maison. Dévastée par son divorce, elle fantasme sur le couple qui y vit et leur imagine une vie parfaite… jusqu’au jour où elle est le témoin d’un événement extrêmement choquant et se retrouve malgré elle étroitement mêlée à un angoissant mystère.
Quand on me promet un film de suspense, d'angoisse même, j'aime bien que l'ambiance soit au rendez-vous. Là, l'ambiance marche plutôt bien mais pas complètement. La faute à une construction en puzzle qui peut être répétitive. La faute aussi à un suspense qui ne fonctionne que jusqu'aux deux tiers du film environ. Pourtant, l'état physique et émotionnel de Rachel donne à ce dernier un certain flou appréciable. La prestation d'Emily Blunt est excellente, entre obsession hagarde et détermination flanchante. Haley Bennett, séduisante, campe la fille paumée et sensuelle qui semble de rigueur dans ce genre de polar. Rebecca Ferguson a écopé du rôle bizarre de la fille passive agressive. Les hommes ont des rôles secondaires. Luke Evans joue de son sex-appeal, Edgar Ramirez de son charme et Justin Theroux de sa normalité. Agréable à suivre jusqu'au dénouement malgré les fausses pistes trop évidentes, le film manque de force. Si on le compare à Gone girl, il lui manque une profondeur, un contexte social. Le final surprend mais peut-être pas dans le bon sens, un peu frustrant, à l'image du film qui avait pourtant du potentiel.

6/10

dimanche 23 octobre 2016

Jack Reacher : Never go back

Le major Susan Turner, le contact de Jack Reacher dans l'armée, est arrêtée pour trahison : il ne reculera devant rien pour prouver son innocence. Ensemble, ils sont décidés à faire éclater la vérité sur ce complot d'État.
Encore un complot mettant en cause un contractant privé de l'armée. Le précédent Reacher était banal, celui-là, s'il contient plus d'action, est carrément prévisible. On ne s'ennuie pas parce que l'action est bien menée mais franchement, il y avait mieux à faire, même avec ce scénario bancal et trop mince, sorte d'hommage aux films d'action des années 80 et 90. Le suspense tient surtout à l'action, bien réalisée et chorégraphiée. Les scènes de combat sont bluffantes. Tom Cruise, la cinquantaine qui commence à se voir, joue de nouveau l'ex militaire inébranlable, à peine ému par sa potentielle fille, sorte de néo-Schwarzie, l'humour en moins et la raideur en plus. Il n'aura bientôt plus l'âge de ce genre de rôle, peut-être qu'il en profitera pour retrouver des rôles avec plus de jeu. Colbie Smulders joue bien mais n'a pas le charisme de Rosamund Pike. Danika Yarosh a du piquant et pourrait devenir intéressante. On se demande en revanche pourquoi le réalisateur a fait venir Robert Knepper pour des apparitions aussi brèves ; il aurait pu camper le chasseur, ça aurait été plus prenant. La scène finale est un brin ridicule et déjà-vue. Pourquoi vouloir sur-humaniser Reacher ? Deux relations personnelles dans un seul film ? Quel intérêt ? Et ce titre ? Quelle explication ? Bref, le réalisateur aurait mieux fait de rester sur la ligne du premier : action et humour noir.

5/10