mercredi 9 novembre 2016

Inferno

Robert Langdon se réveille dans un hôpital italien, frappé d’amnésie, et va devoir collaborer avec le docteur Sienna Brooks pour retrouver la mémoire. Tous deux vont sillonner l’Europe dans une course contre la montre pour déjouer un complot à l’échelle mondiale et empêcher le déchaînement de l’Enfer…
Pour une fois, Langdon ne sait pas tout. Du coup, l'intrigue progresse à vitesse humaine, ou presque, même si on ne comprend tout que lorsque vient l'explication de ce jeu de piste culturel. Il est question de l'enfer selon Dante et donc d'art mais aussi d'écologie version apocalyptique. Qui dit apocalypse dit rédemption. On suit donc l'enquête dans les rues et les monuments de Florence, ville superbe. J'ai découvert le "palais englouti", une salle sublime. Tom Hanks joue aussi bien la désorientation que la résolution. Felicity Jones est excellente en acolyte déterminée. Je trouve de plus en plus de charmes à Ben Foster convaincant en prophète de la fin du monde. Sidse Babett Knudsen et Omar Sy complètent avantageusement ce casting. On est moins dans l'ésotérisme que dans les précédents films. La religion n'est plus en question mais l'humanité, ou du moins la moitié de celle-ci. Le suspense tient la route mais l'enjeu ne fonctionne pas. La moitié de l'humanité ? Vraiment ? L'intrigue est dynamique mais on s'intéresse plus au "comment il va fait pour résoudre ça" qu'au "comment cela va-t-il finir ?" qui est assez évident. Le spectacle, notamment grâce à une bonne photographie, est malgré tout au rendez-vous. Il faut se laisser embarquer sans trop chercher à réfléchir.

6,5/10

lundi 7 novembre 2016

Snowden

Patriote idéaliste et enthousiaste, Edward Snowden semble réaliser son rêve quand il rejoint les équipes de la CIA puis de la NSA. Il découvre alors au cœur des Services de Renseignements américains l’ampleur insoupçonnée de la cyber-surveillance. Violant la Constitution, soutenue par de grandes entreprises, la NSA collecte des montagnes de données et piste toutes les formes de télécommunications à un niveau planétaire.
J'avais suivi l'affaire Snowden de loin. De très loin pour être honnête. Le film romance-t-il la réalité ? Sûrement. Néanmoins, l'essentiel est là. Ce qui inquiète le plus ? Les dignitaires de la CIA et de la NSA, qui, comme leurs agents ou du moins la plupart d'entre eux, ne semblent absolument pas choqués par la possibilité de violer la vie privée de leur concitoyens sans le moindre motif. Alors celle des étrangers... Ils paraissent déterminés à privilégier une sécurité relative à une liberté réelle. On pourrait se demander, quelle importance si on n'a rien à se reprocher ? Vu que sont aussi surveillées toutes les personnes qui ont été en contact pour une raison ou une autre avec une personne elle-même en contact avec une cible de la NSA, cela se révèle perturbant. Joseph Gordon-Levitt, inspiré, incarne un Snowden aussi attachant qu'agaçant, paranoïaque, bourreau de travail. On sent qu'il se sent valorisé quand on fait appel à lui et que cela a pu peser dans le temps qu'il a pris pour se décider. Shailene Woodley n'est pas mauvaise mais assez transparente. Rhys Ifans, en revanche, est exceptionnel en manipulateur extrêmement doué et inquiétant. Le reste du casting, Timothy Olyphant et Zachary Quinto en tête, est impeccable, quoiqu'un peu effacé par l'omniprésence de Snowden. La construction du film en longs flash-backs est plutôt maligne même si la mise en scène connaît quelques petits coups de mou. Cela n'exclut pas une certaine tension, mais trop peu. Les parties techniques sont peu ou prou évitées pour permettre au grand public de comprendre l'enjeu. Oliver Stone prend clairement position pour le lanceur d'alerte, du coup, le film manque de nuances et s'avère légèrement manichéen. En choisissant d'évoquer largement la vie sentimentale de Snowden, le scénario se retrouve déséquilibré et ne donne pas assez d'ampleur à la partie professionnelle de sa vie. La fin du film m'a laissée dubitative : les Etats-Unis ont interdits les anciennes pratiques de la NSA. Vraiment ? Qui peut croire ça ?

6/10