vendredi 2 décembre 2016

The duchess

Georgiana Spencer, à peine 17 ans, épouse le duc du Devonshire de neuf ans son aîné dans la réalité d'une bonne quinzaine d'années dans le film. Il est dur, n'a pas de conversation -ou alors concernant la nourriture qu'il y a dans son assiette-, ne semble avoir d'affection que pour ses chiens, n'a aucun respect pour les femmes, est brutal, veut par dessus tout un fils ; bref même en considérant la société et les mœurs de l'époque, ce n'est pas le mari idéal.
Ne vous méprenez pas, Ralph Fiennes est formidable, bien qu'un peu engoncé dans ses costumes. Il parvient même à insuffler un semblant d'humanité à son personnage. La duchesse, elle, jeune, vive, intelligente, curieuse de tout, toujours un bon mot à la bouche, s'ennuie ; qu'importe, elle a des amis, elle aime la mode et la politique, elle adore ses enfants, bref elle s'occupe. On ne montre guère dans le film son rôle politique qui y est minimisé à celui de de potiche en (re)présentation lors des meetings de ces messieurs. Elle se trouve une meilleure amie - l'excellente Hayley Atwell, toute en douceur et en rondeurs- et l'invite à passer quelques temps chez elle, mais son amie est séduite par le duc. Georgianna se retrouve coincée dans un ménage à trois. Elle croit trouver une possibilité de bonheur avec le futur 1er ministre Charles Grey. Mais le duc n'est pas si accommodant... Pour résumer, c'est l'histoire d'un mariage malheureux et de ce que la duchesse fera pour tenter d'être heureuse en dépit de tout. Elle se cherche des amis, des admirateurs, une amie, un amant... Keira Knightley -qui porte parfois des perruques absolument immondes mais des robes toujours superbes- est excellente, son visage est très expressif -contrairement aux dires de certains. Si le scénario n'est pas dénué d'humour, la trame de fond est tragique. Voilà pour le fond. Quant à la reconstitution, elle est magnifique, les décors et les costumes sont parfaits. On peut reprocher au film un certain académisme mais ce n'est pas suffisant pour atténuer la tension du film. Une réussite.

Ma note : 9/10

mercredi 30 novembre 2016

Vaiana, la légende du bout du monde

Vaiana, jeune fille éprise de liberté et de découvertes se lance dans un voyage audacieux pour accomplir la quête inachevée de ses ancêtres et sauver son peuple. Au cours de sa traversée du vaste océan, Vaiana rencontre Maui, un demi-dieu peu enthousiaste à l'idée de sauver le monde.
Vaiana a toujours eu envie de parcourir le monde, de dépasser la barrière de corail. Son père n'a jamais voulu qu'elle touche à un bateau. Et puis un jour, il est devenu nécessaire de d'aller plus loin. Le dernier Disney en date est un bon opus qui réunit les bons vieux ingrédients de la réussite : de l'aventure, de l'humour, des chansons et une bonne animation. Jamais monotone, le film offre de beaux paysages, des personnages sympathiques et attachants, une animation fluide, colorée. Les chansons ne sont pas toutes au top mais elles sont entraînantes et sympathiques, bien que j'ai parfois eu des difficultés à comprendre toutes les paroles. On découvre la société polynésienne, les chants, les danses, les tatouages. Le gimmick du poulet est marrant. La grand-mère m'a fait penser à Grand-mère Feuillage dans Pocahontas : sage et rassurante. On retrouve la morale à la mode du moment : se trouver soi-même, être courageux, audacieux même. Pour une fois, pas de prince charmant, seulement la nature et la famille. Le message écologique est largement perceptible, ça m'a fait penser à Princesse Mononoké, mais destiné à un public un peu plus jeune, en moins abouti, moins fort, plus léger aussi. Il y a en effet dans ce dessin animé un aspect un peu lisse, sans doute dû à une intrigue trop peu travaillée. Certains passages sont émouvants et tendres, d'autres pourraient effrayer les plus jeunes (ça a été le cas lors de la séance à laquelle j'ai assisté). A réserver aux plus de 5-6 ans donc. Un très sympathique voyage initiatique.

7/10

mardi 29 novembre 2016

Ça peut pas rater de Gilles Legardinier

J'avais déjà lu deux Legardinier te j'avais bien aimé. J'avais besoin de faire une pause entre deux volumes d'une trilogie que je relis, ça me paraissait l'auteur idéal.
« J’'en ai ras le bol des mecs. Vous me gonflez ! J’'en ai plus qu'’assez de vos sales coups ! C'’est votre tour de souffrir !  Ma voix résonne dans tout le quartier. Et là, trempée, titubante, épuisée, je prends une décision sur laquelle je jure de ne jamais revenir : je ne vais plus rien leur passer. On remet les compteurs à zéro. On renverse la vapeur. Je vais faire payer ce fumier. Chaque joueur doit vous donner mille baffes. Je vais me venger de tout. Puisque aucun bonheur ne descendra d'’un ciel illusoire, je suis prête à aller chercher le peu qui me revient jusqu’'au fond des enfers. La gentille Marie est morte, noyée de chagrin. À présent, c'’est la méchante Marie qui est aux commandes. À partir de maintenant, je renvoie les ascenseurs et je rends la monnaie de toutes les pièces. Les chiens de ma chienne sont nés et il y en aura pour tout le monde. La vengeance est un plat qui se mange froid et je suis surgelée. La rage m'’étouffe, la haine me consume. »

Gilles Legardinier (1965 - ) a travaillé sur les plateaux de cinéma américains et anglais, notamment comme pyrotechnicien. Il a également réalisé des films publicitaires, des bandes-annonces et des documentaires sur plusieurs blockbusters. Il se consacre aujourd’hui à la communication pour le cinéma pour de grandes sociétés de production, ainsi qu'à l'écriture de scénarios de bandes dessinées et de romans. Alternant des genres très variés, il s’illustre en littérature d'enfance et de jeunesse avec, notamment, Le Sceau des Maîtres, mais aussi dans le thriller avec L’Exil des Anges (Prix SNCF du polar 2010) et Nous étions les hommes, et, plus récemment, dans le roman humoristique, ce qui lui vaut un succès international avec Demain j’arrête !, Complètement cramé !, Et soudain tout change, Ça peut pas rater !, Quelqu'un pour qui trembler.

On nous promet de la vengeance, une Marie en mode Terminator. Alors oui, Marie se venge et de façon vraiment très drôle, mais elle n'est pas bien méchante Marie. En fait, c'est même un bonne pâte. Quand tout se casse la figure dans sa vie, elle finit par redresser la tête et tenter de sauver ce qui peut l'être, parfois de façon rocambolesque.
On retrouve les ingrédients chers à Legardinier : romantisme, amour, lien social, tendresse, solitude dans le monde moderne... Son écriture nous réserve quelques passages vraiment hilarants. Toutefois, cet opus est moins drôle que ce que j'ai pu lire de lui, la faute aux très longs monologues intérieurs de Marie qui réfléchit, réfléchit, réfléchit.... pendant des pages entières. Le rythme en est considérablement ralenti, si bien que vers la fin, je sautais certains passages, d'autant que l'intrigue, quoique sympathique est prévisible, et ce dès le début. Du coups, les interminables palabres de Marie, même pleins d'humour, finissent par lasser. Les personnages sont attachants mais nettement moins loufoques que dans d'autres romans de Legardinier, ce qui joue aussi sur la drôlerie de l'ensemble. Le chat est adorable et la façon dont Marie l'obtient franchement rigolote. J'aime la façon de jurer de Marie, ainsi que le verbe qu'elle a inventé : globicher. Moi aussi je globiche mes copines à mort !
Ne vous méprenez pas, ce roman fait beaucoup sourire et il est plaisant à lire mais j'attends mieux d'un Legardinier.

6/10


dimanche 27 novembre 2016

Alliés

Casablanca 1942.  Au service du contre-espionnage allié, l’agent Max Vatan rencontre la résistante française Marianne Beauséjour lors d’une mission à haut risque. C’est le début d’une relation passionnée.
Pour commencer, la bande-annonce, comme le synopsis, en dévoilent beaucoup trop. Il vont jusqu'au milieu du film, c'est trop et prive le spectateur d'une partie du suspense. Du coup, la première partie devient trop longue, on attend la suite pour rattraper ce qu'on sait déjà. Cela dit, le suspense réapparaît dans la seconde partie du film et tient particulièrement bien la distance. Brad Pitt, un peu vieux pour le rôle, un peu empâté, reste convaincant en espion intelligent et amoureux. Son pseudo accent québécois est affreux. La V.O le concernant est très mauvaise, au moins de déconcentrer au début de la projection. Marion Cotillard est excellente, très sensuelle. Ses tenues sont superbes. Leur jeu est complice mais pas hyper hot. Le film nous fait voyager entre Casablanca et Londres bombardé. On retrouve l'esprit de fête et d'urgence rencontrée lors de la seconde guerre mondiale, urgence de boire, de faire l'amour, de vivre, vite, intensément. La reconstitution, plutôt bonne, souffre parfois d'effets spéciaux visibles. Plus qu'une histoire d'espionnage bien menée, il s'agit d'une grande histoire d'amour romanesque qui ne néglige pas les horreurs de la guerre. Le film est plaisant mais quelque chose cloche, quelque chose fait toc. Zemeckis se penche trop sur la romance au détriment du beau potentiel de la partie espionnage. C'est glamour et divertissant, parfois émouvant lors de quelques rares moments de grâce, mais vain. en effet, la réalisation est particulièrement élégante mais manque de corps. Même pour un hommage à l'âge d'or d'Hollywood, il y avait mieux à faire, surtout avec de tels acteurs.

6/10