samedi 10 décembre 2016

Premier contact

Lorsque de mystérieux vaisseaux surgissent un peu partout sur Terre, une équipe d’experts est rassemblée sous la direction de la linguiste Louise Banks afin de tenter de comprendre leurs intentions. Face à l’énigme que constituent leur présence et leurs messages mystérieux, les réactions dans le monde sont extrêmes et l’humanité se retrouve bientôt au bord d’une guerre absolue. Louise Banks et son équipe n’ont que très peu de temps pour trouver des réponses.
On m'avait dit que Premier contact n'est pas un film de SF comme les autres. Et c'est vrai. Il se déroule sur quelques semaines et montre les efforts d'une linguiste pour comprendre un langage extraterrestre et communiquer. On suit aussi son parcours personnel de façon fragmentée. Je trouve très belle l'écriture alien, complexe et crédible. D'ailleurs, malgré leur aspect moyennement ragoûtant, les deux spécimens présentés sont assez attachants. Amy Adams campe la super linguiste avec finesse face à Jeremy Renner, un peu à contre-emploi il faut le dire (et c'est tant mieux) en scientifique brillant. C'est Adams le principal vecteur d'émotions, sans pathos, sans grosse ficelle mais avec sincérité. Réflexion pointue sur la puissance du langage et le temps, le film, qui ne prend pas le spectateur pour un imbécile, fait un peu de géopolitique assez crédible. Le message sur plan large, pour utopique qu'il soit, ne manque de beauté ni d'espoir : l'union des peuples. Sur un plan plus personnel, voire intime, il prône la saveur de l'instant et de l'amour, et peut-être l'acceptation de la mort. Visuellement automnal et froid, il bénéficie d'une belle photographie. L'intrigue, aussi prenante soit-elle, aurait gagné à être resserrée en coupant environ un quart d'heure correspondant à quelques plans qui la ralentissent sans rien apporter sinon, parfois, un certain réalisme. Tout en étant scientifique au point d'être parfois technique (on finit par s'y retrouver), le film se révèle assez onirique, à l'image de l'intérieur des vaisseaux. Le final est pour le moins surprenant mais aussi un peu frustrant car il dévoile peu ce qui se passera après, hors destins personnels. Il m'a fait pensé à Interstellar pour ses réflexions métaphysiques ainsi qu'à Éternité, pour certains plans et sa délicatesse. Dense et intelligent.

9/10

mercredi 7 décembre 2016

Demain tout commence

Samuel, sans attache ni responsabilité, vit joyeusement dans le Sud de la France, jusqu’à ce qu’une ancienne conquête lui laisse Gloria, leur fille. Bien décidé à rendre l’enfant à sa mère, Samuel se précipite à Londres pour tenter de la retrouver. Huit ans plus tard, alors que Samuel et Gloria ont fait leur vie à Londres et sont devenus inséparables, la mère de Gloria revient.
Le film, remake du film mexicain Ni repris ni échangé, commence comme une franche comédie pour continuer dans la comédie dramatique, voire tragique. Ce mélange des genres n'est pas toujours bien géré. On passe de l'outrance -la volonté de flirter de Bernie, ridicule- à l'émotion. Omar Sy est crédible en père fantasque et un brin irresponsable. Clémence Poésy est excellente en mère dépassée puis déterminée. Antoine Bertrand, même si son personnage est un peu caricatural, s'avère attachant. Gloria Colston, pleine d'énergie, toute mignonne, apporte toute sa fraîcheur et sa joie de vivre. Si le déroulement du film est plaisant, souvent drôle et très énergique, la fin est d'autant plus décevante qu'elle est prévisible. C'est charmant mais la fin fait retomber le soufflé. De surcroît, je ne peux me défaire du sentiment d'avoir été manipulée pour produire des émotions : tout conduit aux larmes à grands renforts de bons sentiments et de morale simpliste.

6/10

dimanche 4 décembre 2016

Sully

Le 15 janvier 2009, le commandant "Sully" Sullenberger a réussi à poser son appareil sur les eaux glacées du fleuve Hudson. Cependant, alors que Sully était salué par l'opinion publique et les médias pour son exploit inédit dans l'histoire de l'aviation, une enquête a été ouverte, menaçant de détruire sa réputation et sa carrière.
Je me souviens des images de l'avion posé sur l'Hudson, c'était impressionnant. Ça l'est encore sept ans plus tard vu de l'intérieur comme de l'extérieur. On ressent la violence du choc de l'amerrissage grâce à des effets spéciaux de qualité. Eastwood, dont la maîtrise est évidente, a, fort justement, fait le choix d'un déroulement non linéaire qui fait naître l'attente et même une certaine tension. Je ne suis pas convaincue en revanche par l'utilité des deux scènes de jeunesse de Sully. Tom Hanks est impeccable en pilote expérimenté qui se demande s'il a pris la bonne décision. Il fait partager ses doutes au spectateur. C'est l'axe du film : Sully, en une fraction de seconde, a-t-il pris la bonne décision ? La meilleure décision ? Pour une fois, Tom Hanks ne bouffe pas l'écran et laisse toute leur place à ses partenaires. Aaron Eckhart campe le copilote, solidaire, rassurant, plein de sang-froid et prêt à défendre Sully. Le personnage est attachant et Eckhart, avec sa grosse moustache, se montre généreux. Laura Linney, toujours juste, joue la femme de Sully, inquiète, en plein doute, mais aimante. On assiste à l'enquête menée à charge contre les pilotes qui ne doivent pas seulement expliquer mais aussi défendre la décision prise. Clairement, la commission cherche un responsable parce que l'assureur et la compagnie ont perdu de l'argent. Discrètement, le film égratigne le numérique, le tout technologique sans humain, tout en mettant en valeur l'héroïsme ordinaire. Sobre, précis et terriblement efficace, il est particulièrement réussi.

9/10