samedi 16 septembre 2017

Barry Seal

L'histoire vraie de Barry Seal, un pilote recruté de manière inattendue par la CIA afin de mener à bien l'une des plus grosses opérations secrètes de l'histoire des Etats-Unis.

Doug Liman propose un film plutôt marrant au rythme enlevé sur un opportuniste qui n'aime que deux choses : sa famille et l'argent. Tom Cruise, insolent et toujours survolté, s'offre un rôle sympathique dans lequel il semble bien s'amuser. La face cachée de l'intervention de la CIA en Amérique latine est montrée sur une réalisation clipesque qui ne se prend pas au sérieux. Quelques belles séquences d'aviation. C'est malin mais prévisible, divertissant mais sans conséquence. Tout cela manque de consistance. Ludique.

6/10

Mother !

Un couple voit sa relation remise en question par l'arrivée d'invités imprévus, perturbant leur tranquillité.


Je crois qu'il existe de bonnes chances pour ce film détienne la palme du film le plus bizarre de l'année. On n'y comprend rien jusqu'à la toute fin et là encore, même si l'idée générale est saisie, des ombres demeurent. Un deuxième visionnage pourrait permettre de les explorer mais je n'ai aucune envie de m'infliger cela. Le petit dernier d'Aronofsky, qui développe une ambiance angoissante réussie, se déroule dans un huis clos de plus en plus peuplé et de plus en plus étrange. Il se peut que ce soit une revisite hallucinée de la genèse tant du monde que de la création. Il n'est pas vraiment ennuyeux mais comme on ne comprend rien à ce qui se passe, il finit par être agaçant, d'autant que l'étrange vire au grand n'importe quoi dans une apothéose grotesque. Les personnages sont vides, d'une insignifiance troublante : un auteur puéril et déifié, sa femme-enfant-femme de ménage, un couple fantasque et leur progéniture dégénérée. Je ne suis pas sûre d'avoir compris ce que représentent ces quatre là. La performance des acteurs -Jennifer Lawrence, Javier Bardem, Ed Harris et Michelle Pfeiffer- ne les fera pas rougir dans le futur, contrairement à la qualité de l'image. Je suppose que c'est un autre symbole de l'allégorie centrale du film, toutefois, l'image à gros grain, c'est moche, point. Quant à ces gros plans peu flatteurs, on aurait pu s'en passer. La quasi absence de musique sert l'atmosphère glauque, de même que le décor, cette étrange maison. Revenons à la métaphore objet du film : la création d'une œuvre et son appropriation par le public. Si elle reflète l'expérience personnelle du réalisateur, il doit mener une vie triste et douloureuse. Au final un film moche et illisible qui mélange religion à la limite du sectarisme, gore inutile et agressif et allégorie vaseuse.

2/10

vendredi 15 septembre 2017

Mary

Frank Adler se bat pour conserver la garde de sa nièce, Mary, qui témoigne d'un don hors du commun pour les mathématiques. 
Ici, nous avons un film gentiment guimauve et un peu lisse qui a toutefois le mérite de poser des questions intéressantes : doit-on utiliser la totalité de son talent pour être heureux ? peut-on être malheureux en vivant de sa passion ? doit-on faire primer ses talents intellectuels au détriment du reste de sa vie ? Sur une B.O sympathique, on suit l'évolution de ce presque père attachant et d'une intelligence très fine, campé par le séduisant Chris Evans, et de l'adorable Mary, gamine extravertie, brillante et drôle, interprétée par McKenna Grace, trop chou. Les deux sont très complices. Lindsay Duncan et Octavia Spencer complètent efficacement ce casting réussi. Bon, il y a aussi le chat, Fred, aussi mignon que la petite. Webb n'évite pas les deux ou trois inévitables scènes attendrissantes ou tristes mais s'en tire bien grâce à un brin d'humour et en évitant la mièvrerie. Il réussit à émouvoir tout en distrayant grâce une belle générosité. Prévisible mais tendre, ce petit film poétique se plaît à rappeler que la famille, c'est aussi ceux que l'on choisit.
7,5/10

dimanche 10 septembre 2017

La pelouse camomille de Mary Wesley

J'ai lu ce roman une première fois à la fin du lycée ou au tout début de mes études. Par la suite, j'ai lu trois autres œuvres de cet auteur. Après une première tentative de relecture ratée il y a quelques années, je viens de finir une relecture réussie.

Comme chaque été, les cinq neveux de Richard et d'Helena se retrouvent dans la maison de Cornouailles. C'est le temps béni des jeux, des baignades, des après-midi paresseux sur la pelouse de camomille, sans autre souci que ces tourments de l'amour. La petite Sophy donnerait sa vie pour Oliver qui, lui, est fou de Calypso, si belle et si lointaine. Elle a juré d'épouser un homme riche. Mais nous sommes en août 1939. La guerre est sur le point d'éclater, qui mettra fin à l'enfance. Une atmosphère d'angoisse et d'euphorie paradoxale s'installe, qui portera les relations à un degré d'intensité exceptionnel.
 
Mary Wesley, CBE, nom de plume de Mary Aline Mynors Farmar (1912 - 2002), est une romancière anglaise, spécialisée dans le roman historique qui met en scène des conflits familiaux et dans la littérature d'enfance et de jeunesse.
Fille du colonel Harold Mynors Farmer, elle est élevée dans la somptueuse propriété familiale. Enfant difficile, elle a eu seize gouvernantes et a entretenu une relation conflictuelle avec ses parents, et tout particulièrement avec sa mère. Adoptant le pseudonyme de Mary Wesley, elle amorce sa carrière en littérature dès les années 1960 avec deux romans de littérature d'enfance et de jeunesse. Elle cesse de publier pendant plus de dix ans, puis donne un dernier titre pour la jeunesse avant de devenir romancière de sagas familiales. Ce sont les souvenirs de la situation familiale tendue de sa jeunesse qui sont évoqués dans son roman le plus connu, La Pelouse de camomille (The Camomile Lawn, 1984), à la publication duquel l'un de ses frères s'est en vain objecté. Par ailleurs, c'est la vie de ses grands-parents maternels qui sert de base au roman historique Sucré, salé, poivré (Harnessing Peacocks, 1985). Ces deux romans, ainsi deux autres, ont fait l'objet d'adaptations par la télévision britannique. 

Dans ce roman ironique, irrévérencieux et parfois cruel, on suit le parcours un rien chaotique de cinq jeunes gens et de deux couples. Autant Sophy et Polly sont immédiatement sympathiques, autant Helena et Calypso sont plus antipathiques alors que Max et Richard se révèlent au fil des pages. Pendant la guerre, si les jeunes gens n'apparaissent plus qu'en permission, les messieurs plus âgés prennent leur revanche et les femmes s'amusent, papillonnent et découvrent leur liberté. La guerre tue, parfois tout près, mais à l'arrière, on est bien décidé à revendiquer son droit au bonheur et à la légèreté. Et bien plus tard, lorsqu'ils se replongent dans leurs souvenirs, ces jeunes devenus vieux éludent les questions gênantes mais sont toujours partant pour une vacherie.
Mary Wesley a une écriture fine, maligne et ciselée. Elle s'amuse des tribulations amoureuses et sexuelles de ses personnages et souffle un vent de liberté et d'impertinence sur leurs vies. Elle décrit bien l'atmosphère d'urgence de vivre, passionnément et fort et sait créer des personnages qui ont du mordant, comme ses dialogues, parfois agaçants, parfois émouvants. 
Au final, un roman plaisant, idéal pour les vacances ou pour s'en donner le goût. Une lecture légère qui appelle à profiter de la vie.

8/10

jeudi 7 septembre 2017

Chéri

Retour sur avril 2009 et un petit Stephen Frears. Petit mais d'une belle élégance. 
 
Paris, la Belle Epoque. Léa de Lonval finit une carrière heureuse de courtisane aisée. Son ancienne rivale et toujours perfide Mme. Peloux aimerait qu'elle s'occupe de son fils, Fred, surnommé Chéri, élégant désabusé et déjà usé à 19 ans. La demi-mondaine vieillissante et le jeune dandy débutent alors une liaison. 
Le film doit beaucoup au roman de Colette dont est tiré, même s'il le développe et en modifie légèrement la fin. Michelle Pfeiffer est excellente, lumineuse, drôle, sensuelle, toute en douceur, encore pas mal (même si elle aurait dû éviter la chirurgie esthétique). Elle joue à la perfection la femme qui voit sa beauté s'effacer et son temps se finir. Rupert Friend, séduisant malgré une coupe peu avantageuse, a le physique romantique qui sied à son rôle de jeune cynique qu'il incarne bien. Kathy Bates est extraordinaire, truculente, peau de vache à souhait. Si la reconstitution est belle et les costumes superbes, ce sont surtout les dialogues ciselés qui retiennent l'attention, autant que la douce ironie qui baigne le film. Racé, léché, il fait subtilement le portrait d'une femme vieillissante qui a utilisé toute sa vie sa beauté comme une arme. Cette petite histoire de demi-mondaine cache une mélancolie automnale derrière les derniers feux de l'été. Cela manque d'un rien de souffre pour être parfait.
 
8,5/10

samedi 2 septembre 2017

Seven sisters

Parce que la Terre est surpeuplée, une sévère politique d’enfant unique a été instaurée. Terrence Settman décide de garder secrète l’existence de ses sept petites-filles. Confinées dans leur appartement, elles partagent chacune leur tour une identité unique à l’extérieur : Karen Settman. Leur système bien huilé s’effondre le jour où Lundi disparaît…
What happened to Monday ? en vraie V.O. Ah ! cette manie du titre en anglais mais différent de l'original... A l'heure des smartphones, c'est vraiment ridicule. La première réussite du film est sans doute de parvenir à dédoubler Noomi Rapace en sept individualités distinctes sans que les effets spéciaux soient visibles. Celle-ci offre une prestation assez exceptionnelle et souvent émouvante. Pourquoi l'avoir rajeunie à trente ans ? Deux ou trois ans c'est crédible mais six au moment du tournage, ça commence à se voir. Par ailleurs, une caractérisation un peu plus nuancée de ces femmes auraient servi le film. Willem Dafoe fait une apparition marquante d'humanité et de rigueur quand Marwan Kenzari apparaît à la fois inquiétant et rassurant. Glenn Close joue mais son visage est un peu étrange, trop de chirurgie ? Le scénario, bien qu'assez prévisible, tient la route malgré quelques incohérences et exploite plutôt bien la singularité de chaque sœur. L'action, violente, parfaitement visible, démontre les capacités physiques de l'actrice tout en illustrant celle de ce monde dystopique effrayant, le tout sur une B.O sympa. Évidemment un appel à mieux prendre soin de notre planète. Si on accepte les imperfections du scénario, le film se suit avec beaucoup de plaisir.

8,5/10



Wind river

Cory Lambert, pisteur dans la réserve indienne de Wind River, perdue dans l’immensité sauvage du Wyoming, découvre le corps d’une femme. Le FBI envoie une jeune qu'il va aider à mener l’enquête dans ce milieu hostile, ravagé par la violence et l’isolement.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
J'ai détesté Sicario, j'ai adoré Comancheria. Ce 3ème volet de la trilogie Nouvelle frontière américaine devait donc départager mon avis sur Taylor Sheridan, scénariste des premiers, scénariste et réalisateur du troisème. Eh bien je lui trouve beaucoup de talent ! Wind river est un grand film à l'atmosphère aussi soignée que la photographie, sans parler de l'excellente B.O. Western glacé, thriller prenant, le film bénéficie d'un scénario simple mais terriblement efficace. La communauté amérindienne y est décrite en filigrane, avec une certaine délicatesse. Rien n'est tape à l'œil, tout est maîtrisé, y compris une très belle scène d'action. Jeremy Renner, royal, Elizabeth Olsen, sobre, et Kelsey Asbille, belle et forte, sont formidables. Pour une fois, les femmes sont aussi les héroïnes de ce polar sombre, mélancolique, émouvant et pourtant porteur d'espoir. Un réussite sur toute la ligne.
 
9,5/10

dimanche 27 août 2017

Les 10 films du dimanche soir

C'est dimanche soir et je déprime un peu à l'idée d'aller au travail demain. Vous aussi ? Comme tout le monde quoi ! 
 
Voici la liste des films qui me filent la pêche, qui me donnent envie de sourire, de danser, de boire un bon verre de vin, de me vernir les ongles et de papoter avec mes copines, bref, qui me font me sentir mieux. 
Pas dans un ordre de préférence parce que ce serait trop dur de choisir -et on est dimanche bon sang !-, donc dans l'ordre alphabétique.

Dirty dancing 
Parce qu'on ne laisse pas Bébé dans un coin. Parce la musique est géniale, sans parler des scènes de danse, parce que bon sang ce que Patrick Swayze pouvait être séduisant !
Easy virtue 
Parce que l'élégance et la légèreté de ce film mésestimé me donnent envie d'apprendre le tango et de conduire une vieille voiture de sport. Et de m'essayer au french cancan...avec dessous.
Grease 
Parce que You're the one that I want.
L'arnacœur 
Parce que Vanessa Paradis et Romain Duris dans un numéro de charme à tomber. cf Dirty dancing
Le journal de Bridget Jones 1, 2 et 3 
Parce qu'on a toute une Bridget qui sommeille en nous. Ok, surtout moi. Parce que Mark Darcy. Bon, soyons honnête, parce que Daniel Cleaver aussi.
 
Love actually 
Parce que c'est un monument de la comédie romantique. Parce que Alan Rickman. Et tous les autres. Et la B.O. Et la finesse d'écriture. Et la danse du premier ministre. 
The full Monty 
Parce que ces losers sont les plus attachants du monde et que vous n'entendrez plus jamais Hot stuff sans avoir une petite chorégraphie en tête.
Sous les jupes des filles
Parce que cette comédie féministe, pétillante, drôle et sexy est dotée d'une B.O parfaite. Parce que la bande d'actrices.
Bien sûr, il y a des tas d'autres films que j'adore et dans un autre genre Les tontons flingueurs et La grande vadrouille me font hurler de rire, mais pas danser. 
 
Allez, je suis sympa, je vous autorise à piocher dans ma liste ;-)

samedi 26 août 2017

Hitman & bodyguard

Darius Kincaid, redoutable tueur à gages, est contraint de témoigner contre un dictateur devant la Cour internationale de La Haye. Michael Bryce, garde du corps, est chargé de sa protection. Or ils se détestent...

Je m'attendais à un buddy movie d'action fun et pas prise de tête. Je me suis trouvée face à un buddy movie lourdingue dans lequel Samuel L. Jackson passe son temps à rire lourdement, grassement et de façon un peu effrayante. L'humour tombe souvent à plat - du moins quand on a plus de 17 ans. J'ai bien remarqué le second degré mais j'ai été incapable d'y être sensible. Ryan Reynolds campe un garde du corps pleurnichard qui affiche en dehors des scènes d'action un air ahuri passablement ridicule. Salma Hayek s'offre un rôle d'épouse vulgaire mais réjouissante, elle donne une saveur à toutes les scènes dans lesquelles elle apparaît. Gary Oldman, presque méconnaissable, est sous-exploité. Les personnages en carton-pâte n'ont aucune épaisseur et la direction des acteurs est inexistante. Le scénario, d'un classicisme assumé, n'est pas relevé par les dialogues niais et vulgaires. En revanche, les scènes d'action sont de qualité, malgré des effets spéciaux inégaux -bien que la mauvaise qualité de certains semble volontaire, allez savoir pourquoi. La B.O réussit le petit miracle d'être à la fois entraînante et ringarde. Quant à l'image, recouverte par un filtre blanchâtre, elle est floue. Cela dit, le film reste relativement plaisant à suivre si on n'a rien d'autre à faire. On est loin de la comédie de l'année. 

4/10

Les proies

En pleine guerre de Sécession, dans le Sud profond, les pensionnaires d'un internat de jeunes filles recueillent un soldat blessé du camp adverse. Alors qu'elles lui offrent refuge et pansent ses plaies, l'atmosphère se charge de tensions sexuelles et de dangereuses rivalités éclatent.
J'aurais dû le savoir, je devrais arrêter d'aller voir les films de Sofia Coppola. La réalisation de The bling ring m'avait déjà déçue et l'éthéré Virgin suicides m'ennuie prodigieusement. Seul son Marie-Antoinette, toute prétention historique écartée, trouve un peu grâce à mes yeux. Ce remake d'un film que je n'ai heureusement pas vu (sinon ma critique serait sans doute plus acerbe) avec Clint Eastwood, est d'une vacuité terrible, d'une platitude presque ennuyeuse. Certes, il est esthétique -d'ailleurs j'adore l'affiche- : les bois sont filmés de façon magnifique. Youpi. J'ai trouvé que les actrices n'étaient pas autant en valeur de d'habitude chez la réalisatrice. Pourtant je ne leur reproche rien de particulier sinon des personnages exaspérants ou fades, exception faite de l'attachante Oona Laurence. Colin Farrell joue bien mais manque de charisme, d'animalité, et surtout n'apparaît jamais assez inquiétant. Tout dans ce film manque de fièvre, de chaleur, de moiteur. La sensualité est superficielle, n'apparaît qu'en surface, paraît factice. Quant à la tension sexuelle, elle est à peine suggérée, ou déduite. Si on peut comprendre l'attraction que représente la nouveauté et le charme d'un homme séduisant, on comprend mal le retournement de situation. Les personnages sont peu développés. On ne sait rien d'eux, sinon que la directrice est courageuse et autoritaire, la professeur morte d'ennui, l'aînée des pensionnaires un brin dévergondée et le soldat, anonyme. Je ne comprends pas ce prix de la mise en scène à Cannes.

3,5/10

vendredi 18 août 2017

Bigfoot junior

Adam, adolescent solitaire, décide de partir à la recherche de son père, disparu depuis des années dans des circonstances plus que mystérieuses. Son enquête le mène rapidement à la rencontre d’une créature tout aussi magique que légendaire : Le Bigfoot !
 Au vu de la pauvreté des sorties dans mon cinéma cette semaine et parce que la bande annonce m'avait vaguement amusée, je me suis décidée pour Bigfoot junior. A peine vu, déjà oublié en fait. Un énième dessin animé sur la tolérance, l'acceptation de la différence et les liens familiaux. Si la banalité de son sujet et de son traitement peut agacer, il faut reconnaître une animation travaillée plutôt réussie et des personnages secondaires énergiques. Je crois que ce qui m'a le plus gênée, c'est l'apathie du Bigfoot face à l'adversité, une forme de courage en soi, c'est vrai mais c'est quand même chiant dans un dessin animé. Il faut aussi reconnaître que l'intrigue est bien pauvre et bien dotée en incohérences malgré un rythme entraînant. Et puis le méchant aurait pu être celui d'un épisode de Totally spies. Directeur milliardaire d'une usine de moumoutes ? Sérieux ? Soit il fallait assumer un côté déjanté un rien n'importe quoi comme dans la parodie précédemment citée, soit il fallait faire les choses vraiment sérieusement. Tout le monde ne peut pas faire Princesse Mononoké me direz-vous. Bigfoot junior reste un petit film sympa, résolument destiné aux enfants qui ont eu l'air d'apprécier dans la salle. 

5/10

Atomic blonde

L'agent Lorraine Broughton est une des meilleures espionne du Service de renseignement de Sa Majesté. Envoyée seule à Berlin dans le but de récupérer une liste de la plus haute importance dans cette ville au climat instable, elle s'associe avec David Percival, chef de la station locale, et commence alors un jeu d’espions des plus meurtriers.

Voilà le mélange détonnant entre Code uncle et Sin city. Explosif, nerveux, parfois un peu brouillon à cause d'un scénario pas complètement abouti et déjà-vu, mais toujours jouissif, le film alterne violence crue sous forme de scènes d'action hyper bien fichues et couillues, et pure provoc' fun sur fond de tubes américains et allemands des 80's, le tout dans un Berlin survolté. On note un très beau plan séquence de combat dans une cage d'escaliers (Raid es-tu là ?), ainsi qu'un gros travail sur les lumières et les filtres. Charlize Theron est à fond, convaincante en agent badass à souhait. James McAvoy déploie un charme vénéneux, insolent et déjanté. Sofia Boutella amène un french touch sympathique mais un peu creuse. Bill Skarsgard (frère du très sexy Alexander et lui même pas laid à regarder -pas du tout), lui, apporte un je-ne-sais-quoi de cool et de doux tout à fait appréciable dans cet environnement en permanence au bord de la rupture. Évidemment les méchants sont increvables mais notre copine Lorraine, elle, morfle, d'où la première scène, surprenante. Grâce à un twist final bien vu, je n'ai pas deviné la fin même si elle n'était pas imprévisible. 

8,5/10

La tour sombre

Le dernier Pistolero, Roland De Gilead, est condamné à livrer une éternelle bataille contre Walter O’Dim, alias l’Homme en noir, qu’il doit à tout prix empêcher de détruire la Tour sombre, clé de voûte de la cohésion de l’univers : le destin de tous les mondes est en jeu.
Assez fan de Stephen King, quoique plus spécifiquement de ses nouvelles que des romans, je reconnais ne pas avoir lu le cycle de La tour sombre même si j'en connais un peu l'univers. Ce n'est pas une bonne raison pour ne pas aller voir le film qui en est tiré, n'est-ce pas ? Si l'univers global et le style décomplexé de King sont respectés, ce n'est pas le cas de la trame, simplifiée à l'extrême pour rentrer dans un seul film, ce qui fait perdre au récit certaines subtilités, la quasi totalité des explications et nombre de détails. L'univers, très riche, aurait mérité de plus amples développements. Pourquoi avoir choisi une adaptation en 1h30 ? Surtout quand une série aurait bien mieux convenu. L'obsession et l'étrangeté, qui comptent parmi les thèmes chers à l'auteur, ne sont pas assez appuyées. Contrairement à son titre, ce film n'est sans doute pas assez sombre pour s'approcher au plus près de l'œuvre de King. Cela dit, les univers visuels présents, très différents, sont soutenus par des effets spéciaux de qualité. Idris Elba et Matthew McConaughey se font face avec talent. Tom Taylor, leur pendant de quasi normalité, s'avère attachant. Il faudrait quand même m'expliquer comment le vilain, très vilain et surtout très invincible, finit ainsi en deux temps trois mouvements. Adaptation sans doute ratée, le film remplit néanmoins son office de divertissement sans temps mort. Il semble qu'une suite ait été annoncée, pas sûr qu'elle soit maintenue même si elle pourrait se révéler intéressante.

7/10

lundi 7 août 2017

Chouquette

Chouquette vit seule sur une île en Bretagne dans sa grande maison. Chaque année depuis trois ans, elle organise l’anniversaire surprise de son mari Gepetto. Il ne vient jamais, pas plus que les autres invités. Pourtant cette année, débarquent son petit-fils Lucas et l’ex maîtresse de Gepetto, Diane…
Chouquette est un film sans conséquence. Sa meilleure qualité : les fabuleux paysages bretons filmés avec amour et sur un B.O extra. Franchement, de ce point de vue, le film est superbe. Pour le reste, il s'agit de marier des solitudes plus ou moins visibles entre trois femmes mûres et un petit garçon. Sabine Azéma joue un personnage revêche qui cache son mal-être sur une île habitée par son majordome et son adorable otarie. Michelle Laroque campe l'"autre" femme, en apparence superficielle mais souffrant de ses relations conflictuelles avec sa mère, Michèle Moretti, exquise. Quant au petit Lucas, Antonin Brunelle-Rémy est très mignon et bénéficie de nombre de bonnes répliques. Sans être hilarant, le scénario fait souvent sourire. Quelques vagues péripéties un brin loufoques émaillent ce film qui ne décolle jamais vraiment mais aurait pu complètement enchanter par sa poésie fantasque et tendre si un véritable ton avait été trouvé. Le résultat, plaisant, s'avère fade et flottant.

5/10

La planète des singes - Suprématie

César, à la tête des Singes, doit défendre les siens contre une armée humaine prônant leur destruction. L’issue du combat déterminera non seulement le destin de chaque espèce, mais aussi l’avenir de la planète.
J'avais adoré le premier, le second m'avait laissé une impression beaucoup plus mitigée. Ce dernier opus -même si certains noms donnés aux personnages laissent entrevoir une nouvelle adaptation du roman de Pierre Boulle- se situe entre les deux. On élimine la 3D superflue et l'aspect vraiment trop explicatif mais sans parvenir à atteindre la réussite d'Origines. L'histoire est entièrement racontée du point de vue des singes, ce qui donne une idée du résultat final (je ne vous apprends rien, nous nous trouvons toujours avant le roman ou l'adaptation de Burton). Les effets spéciaux, excellents, dotent ces derniers de visages expressifs, notamment César et Maurice. Andy Serkis et les autres interprètes font un boulot incroyable. Je regrette le choix d'un film assez manichéen : les humains n'ont qu'un rôle négatif alors que la nuance existe du côté des singes. D'ailleurs Woody Harrelson a l'air de se demander ce qu'il fait là même si sa prestation est correcte. Malgré quelques incohérences, l'émotion apparaît parfois entre deux scènes d'action spectaculaire. A noter une bataille finale un rien expéditive. Les parallèles avec les questionnement de notre époque sont nombreux. Au final, et malgré quelques incursions humoristiques surtout dues à un nouveau personnage attachant, ce dernier volet s'avère triste, mélancolique, quasi nihiliste. Outre le fait que je sois sortie de la séance avec le moral dans les chaussettes, je trouve qu'il manque quelque chose à ce film pour se targuer d'être une réussite aussi totale que celle pointée par les critiques presse. Un scénario soigné et construit peut-être. Cela dit le divertissement y est.
 
6/10

samedi 5 août 2017

My cousin Rachel

Début du XIXème siècle, Philip, un jeune propriétaire terrien anglais, apprend la mort mystérieuse de son cousin en Italie, survenue peu après son mariage avec Rachel, une jolie veuve. Il n’a qu’une idée en tête : découvrir les véritables raisons de sa mort afin de le venger. Mais la visite inattendue de cette nouvelle cousine va tout bouleverser. 
J'ai lu le roman dont est tiré le film quand j'étais adolescente. J'en garde le souvenir diffus d'un roman sombre. Le film est à l'image du roman, auquel il est très fidèle par ailleurs, il distille une atmosphère sombre, presque tendue par la suspicion, quoique pas tout à fait aussi oppressante que celle de Du Maurier. Si le casting est de qualité, il aurait pu être plus percutant si des acteurs, plus vénéneux pour elle et plus charismatique pour lui, avaient été choisis. Rachel Weisz joue bien le mystère et l’ambiguïté mais manque de séduction. J'avais en effet le souvenir d'une cousine Rachel irrésistible, fascinante. Sam Claflin est charmant mais manque un peu de présence. De plus, son personnage tombe amoureux en deux scènes alors que la fascination qu'exerce sa cousine sur lui est plus progressive dans le roman : elle met du temps à transformer la méfiance et l'envie de vengeance en amour fou. Iain Glen est parfait. Michell a travaillé la lumière et la reconstitution avec soin ; sa réalisation n'a toutefois rien du piquant nécessaire à l'adaptation de l'œuvre de Du Maurier et elle a un je-ne-sais-quoi d'académique. Je suis restée sur ma faim car l'absence d'ampleur et d'épaisseur occulte les qualités pourtant réelles du film.
 
6/10

vendredi 28 juillet 2017

Bonjour tristesse de Françoise Sagan

J'ai lu Bonjour tristesse quand j'étais lycéenne, ça fait donc quelques années. Pour un déplacement, j'avais besoin d'un petit livre qui ne pèserait pas trop dans mon sac déjà conséquent.
La villa est magnifique, l'été brûlant, la Méditerranée toute proche. Cécile, dix-sept ans, ne connaît de l'amour que les baisers, les rendez-vous, les lassitudes. Son père, veuf, est un adepte joyeux des liaisons passagères et sans importance. Ils s'amusent, ils n'ont besoin de personne, ils sont heureux. La visite d'une femme de cœur, intelligente et calme, vient troubler ce délicieux désordre. Comment écarter la menace ? Dans la pinède embrasée, un jeu cruel se prépare.

Voici une brève notice biographique, pour le pavé, vous pouvez vous reporter à mon article sur Le garde du cœur.

Françoise Sagan (1935 – 2004) écrit Bonjour tristesse en 1953. Elle obtient le prix des Critiques et connaît un succès immédiat. Happée par le succès et l'argent, fascinée par le jeu et les voitures, elle épouse en 1958 l'éditeur Guy Schoeller dont elle divorce en 1960 pour se marier deux ans plus tard avec Robert Westhoff, avec qui elle a un fils, Denis, en 1962. Le couple se sépare en 1972. Son grand amour, la styliste Peggy Roche fut, jusqu'à sa mort en 1991, sa compagne. Sagan écrit une vingtaine de romans : 30 millions de livres vendus en France. Le théâtre tient une place importante dans son œuvre mais avec un succès en dents de scie. La romancière avait rédigé son épitaphe : "Sagan, Françoise. Fit son apparition en 1954, avec un mince roman, Bonjour tristesse, qui fut un scandale mondial. Sa disparition, après une vie et une œuvre également agréables et bâclées, ne fut un scandale que pour elle-même."

Quel plaisir de redécouvrir ce roman court, 160 pages à peine. Quel plaisir de retrouver la petite musique déjà vive et mélancolique de Sagan ! Celle-ci, dans ce premier roman brillant, a déjà un style reconnaissable, fluide, sensible et caustique. Elle observe à la loupe cette petite société peuplée de gens riches et insouciants, de mâles vieillissants voulant rester jeunes, de demi-mondaines et d'intellectuelles. Elle évoque déjà les thèmes qui hanteront son œuvre : amour, lassitude, égoïsme, jouissance, alcool et facilité. Bien sûr, le scandale que le roman a provoqué lors de sa parution n'a plus lieu d'être, les jeunes filles de dix-sept ne sont plus les mêmes aujourd'hui. Et cependant, il y a quelque chose d'intemporel dans cette histoire simple, presque banale et pourtant extraordinaire par l'ardeur tranquille qui s'en dégage. Pourtant, la première fois que j'ai lu ce roman, je me souviens m'être vaguement ennuyée. Sans doute étais-je trop jeune pour saisir la subtilité de son propos sur le désespoir de soi, d'un vide perçu sans que rien ne soit fait pour le combler.

Bonjour tristesse, c'est un beau roman cruel sur l'égoïsme d'une adolescente oisive, jouisseuse, qui refuse toute contrainte, même sensée. Lucide, elle reconnaît ses défauts mais son indolence l'empêche de réagir. Elle aime son père et réciproquement mais ils n'aiment vraiment qu'eux. Cécile expose sa volonté de vivre seule avec son père, de ne pas le partager alors que s'immisce entre eux cette femme racée, intelligente, sensée qui veut imposer des règles à la jeune fille qui n'en subit d'habitude aucune. Par caprice et presque sans remord, elle va s'abandonner à ses pires penchants, tandis que la distinction même d'Anne l'empêche de pressentir quoi que ce soit. Raymond est un homme léger, inconséquent, un peu lâche, qui ne veut pas se voir vieillir. Anne est une bourgeoise intellectuelle un peu indifférente peut-être, et en même temps concernée, sachant où se trouvent ses devoirs. Elle s'avère bien plus intéressante et attachante que la trop gâtée Cécile dont l'épicurisme enviable ne cache pas complètement le caractère vain.

C'est bon l'été...

9,5/10

Valérian et la cité des mille planètes


Un mystère se cache au cœur d'Alpha, une force obscure qui menace l'existence paisible de la Cité des Mille Planètes. Valérian et Laureline, une équipe d'agents spatio-temporels, vont devoir engager une course contre la montre pour identifier la terrible menace et sauvegarder non seulement Alpha, mais l'avenir de l'univers. 
En général, j'avoue, je suis plutôt fan du travail Besson. Le cinquième élément est pour moi un monument du cinéma SF et j'adore Léon. Avec Valérian, il se plonge à fond dans le space-opéra avec déluge d'effets visuels -réussis. Il nous offre une esthétique foisonnante, riche, colorée, inventive. Les créatures, parlantes, ou non, sont extraordinaires, notamment les Pearls sublimes. J'avais des doutes quant aux deux acteurs principaux. Finalement, ils ont rapidement été levés. Dane DeHaan et Cara Delevigne forment un duo explosif et plein de charme, bien que pas exceptionnel. D'autres acteurs auraient peut-être fait mieux, avec plus de charisme, toutefois, leur charme opère entre les moues amusée de la demoiselle et le sourire ravageur de ce Valérian à la fois blagueur, dragueur et professionnel. Rihanna campe un personnage polymorphe qui décoiffe et qui se révèle presque plus dense que les deux héros, sympathiques mais dépourvus de back-ground. Sa forme réelle est canon et ses "déguisements" sont hyper bien réalisés. Sa danse, sensuelle et piquante, vaut le coup d'œil. L'intrigue s'avère prévisible, très classique, bref un peu faiblarde mais le principal n'est pas là. Beaucoup d'action, un tourbillon d'effets spéciaux, de l'humour qui fonctionne, une B.O entraînante -notamment des génériques au top- et une 3D utile dans les scènes spatiales, particulièrement spectaculaires -mais assez encombrante le reste du temps. On voit que Besson s'est fait plaisir, s'en est même donné à cœur joie et nous fait partager son plaisir. On retrouve aussi son message de brassage des cultures, de mise en commun des intelligences. Les deux premières séquences, réussies, en sont une illustration. Malgré ses défauts, le film remplit sa première mission : divertir et émerveiller.
8/10

dimanche 23 juillet 2017

Dunkerque

Le récit de la fameuse évacuation des troupes alliées de Dunkerque en mai 1940.
Nolan, dont j'apprécie beaucoup les œuvres, a réalisé un survival chorale centré sur le point de vue des Britanniques. Un peu surprenant même si on connaît déjà son goût pour la multiplication des personnages. Dommage que cette fois, la plupart soient en carton, à peine des stéréotypes, des ombres chinoises sur une plage désolée. Les soldats de la plage sont littéralement interchangeables et je pense que c'est volontaire. Le capitaine du bateau -Mark Rylance, toujours émouvant et sobre- et les pilotes -Tom Hardy et Jack Lowden- sont les seuls à être attachants, par leur courage et leur droiture. Cillian Murphy, qui campe brillamment le soldat traumatisé, a un rôle difficile parce que pas sympathique. Pourtant, c'est l'incarnation du soldat qui est arrivé à son point de rupture. Kenneth Branagh représente l'autorité bienveillante qui garde son calme dans la tempête. Le montage déstructuré et la quasi absence de dialogues m'ont un peu perturbée, j'ai eu beaucoup de mal à resituer les scènes sur un axe chronologique clair. Je dois aussi reconnaître que le scénario s'avère extrêmement léger, d'autant qu'il comporte quelques incohérences. Outre l'indéniable qualité des comédiens, ce qui rend le film intéressant, ce qui fait sa véritable force, c'est son aspect immersif. Dès le départ, Nolan et Zimmer incluent le spectateur dans les événements grâce à une bande sonore brillamment orchestrée et à une musique à la fois discrète et parfaitement accompagnatrice. Les scènes d'action, maîtrisées, sont parfaites, notamment celles de combat aérien. Par ailleurs, le film raconte, certes de façon tronquée, un événement méconnu de la seconde guerre mondiale, ce qui est un intérêt en soi. En bref, si le fond a été un peu sacrifié, la forme est impeccable. Attention, si l'effet "cinéma" fonctionne en salle, je doute que le film conserve son intensité sur un écran de taille moindre.
6/10