dimanche 19 novembre 2017

Un été à Pont-Aven de Jean-Luc Bannalec

On m'a offert ce livre récemment. Je ne suis pas une fan de romans policiers mais je ne boude jamais mon plaisir face à un livre offert.
Pont-Aven. Pierre-Louis Pennec, propriétaire du Central, l'un des hôtels les plus fameux du centre-ville, a été retrouvé assassiné dans son établissement. Le commissaire Georges Dupin, muté dans le Finistère quelques années auparavant, et très attaché à sa région d’adoption, est chargé de l’enquête. A première vue, les témoignages de tous convergent, lisses, sans faille. Pourtant, il flaire une piste lorsqu'il apprend que Pennec savait ses jours comptés. Qui sont les héritiers de ce dernier, et que lègue-t-il au-delà de son prestigieux hôtel ? 


Jörg Bong (1966 - ) est un éditeur allemand, traducteur, critique littéraire, et écrivain.
Il a étudié la littérature allemande, la philosophie, l'histoire et la psychologie à l'Université rhénane Frédéric-Guillaume de Bonn et à l'Université Johann Wolfgang Goethe de Francfort-sur-le-Main. Il a été assistant de recherche du Professeur Dr Volker Bohn et de Silvia Bovenschen. Il obtient son doctorat à Francfort sur le concept de l'imagination et les enjeux esthétiques entre la fin du siècle des Lumières et le début du romantisme dans l'œuvre de Ludwig Tieck. Depuis 1997, Jörg Bong travaille pour la maison d'édition S. Fischer Verlag et vit Francfort-sur-le-Main. Il en est devenu le directeur en 2008. Jörg Bong est aussi co-rédacteur en chef du magazine littéraire Neue Rundschau.
En mars 2012, sous le pseudonyme de Jean-Luc Bannalec, il publie Bretonische Verhältnisse – Ein Fall für Kommissar Dupin (Un cas pour le commissaire Dupin) qui rentre dans la liste des best-sellers du magazine Der Spiegel. Le livre qui relate les aventures du commissaire Dupin en Bretagne est véritable succès en Allemagne, vendu à plus de 1 000 000 exemplaires. Un téléfilm allemand tiré du roman est tourné au mois de septembre 2013 entre Concarneau et Pont-Aven. Ce roman traduit en français sous le titre Un été à Pont-Aven sort en France en avril 2014. Son deuxième roman, Bretonische Brandung : Kommissar Dupin zweiter Fall (Étrange printemps aux Glénan), sort en Allemagne en 2013 et se vend à plus de 350 000 unités. La troisième enquête du commissaire Dupin, Bretonisches Gold : Kommissar Dupins dritter Fall (Les Marais sanglants de Guérande) sort en Allemagne le 15 mai 2014. Devant le succès du premier téléfilm, la première chaîne publique allemande ARD, produit de nouveaux épisodes tournés dans le Finistère qui sont suivis en moyenne par 4.5 millions de téléspectateurs. Le succès de la série attire les touristes étrangers en particulier allemands sur les lieux des intrigues et de tournages comme à Concarneau. Des tours opérateurs allemands organisent même des circuits sur les traces du commissaire Dupin. 

Le roman commence lentement : présentation de personnages et début d'enquête qui patine. Au fur et à mesure que l'enquête progresse, le roman gagne en intérêt. On découvre le commissaire Dupin, un drôle de flic qui n'aime ni les règles ni les comptes à rendre. Il déteste aussi l'un de ses seconds, il est vrai assez agaçant. L'autre est est énigmatique mais intéressant. Dupin a une autre caractéristique majeure qui semble refléter la voix de l'auteur : il adore la Bretagne : sa campagne, ses ports, ses villages, son océan, ses plages, ses cafés, son folklore, ses restos... D'où les descriptions belles mais parfois un peu longues, notamment des paysages. Le commissaire est assez attachant avec son sale caractère, son investissement réel, son besoin de recul, de solitude et de café.
L'enquête et sa résolution ne nous prennent pas en traître : on a tous les éléments, tout comme le commissaire. Et pourtant je n'ai pas deviné la fin. Cela dit, elle manque de rebondissements. Il s'agit plus d'un policier d'ambiance que d'un polar. La vie d'une petite ville touristique bretonne y est vraiment bien décrite malgré les erreurs juridiques (nombreuses mais pardonnables si l'on considère la nationalité de l'auteur). 
Ce roman a au moins une énorme qualité : il me donne envie de partir en vacances en Bretagne. 

6,5/10

samedi 18 novembre 2017

Maryline

Maryline a grandi dans un petit village. Ses parents ne recevaient jamais personne et vivaient les volets clos. À 20 ans, elle monte à Paris pour devenir comédienne. Mais, elle n'a pas les mots pour se défendre. Elle est confrontée à tout ce que ce métier et le monde peuvent avoir d'humiliant mais aussi de bienveillant. C'est l'histoire d'une femme, d'une femme modeste, d'une blessure.
Le film a l'intelligence et l'humour dans l'émotion de Guillaume Gallienne mais il relève presque du film concept. Film dans le film ou théâtre dans le film, mise en abîme esthétique et parfois malicieuse de la difficulté d'être une actrice débutante dans un monde qui brille, recelant toutefois de nombreux pièges. Gallienne n'épargne pas son personnage auquel on a parfois du mal à s'attacher, notamment du fait d’ellipses parfois abruptes et d'une passivité agaçante. Adeline d'Hermy, à qui je trouve des airs de Mélanie Bernier, interprète avec talent cette jeune femme fragile, souvent silencieuse et pourtant douée. Vanessa Paradis n'apparaît que dans quelques scènes réussies d'entraide et de bienveillance assez géniales. Éric Ruf, parfait en metteur en scène plein de charme, réussit à donner une belle épaisseur à son personnage. Véritable hommage au théâtre et à l'esprit de troupe, ce film surprend, perd aussi le spectateur parfois.

6,5/10

Justice league

Après avoir retrouvé foi en l'humanité, Bruce Wayne, inspiré par l'altruisme de Superman, sollicite l'aide de sa nouvelle alliée, Diana Prince, pour affronter un ennemi redoutable. Ils recrutent une équipe de méta-humains pour faire face à cette menace inédite.
 













Après une mise en bouche réussie sous forme de reprise d'Everybody knows de Leonard Cohen par une certaine Sigrid, le film, bien que plaisant, ne parvient jamais à complètement décoller. L'alchimie ne se fait pas, la faute à des personnages masculins essentiellement individualistes et pour certains trop peu développés. Gal Gadot, seule touche féminine de la bande, tire son épingle du jeu, de même que les autres amazones brièvement aperçues. Ezra Miller amène une touche d'humour et de ravissement mais le coup de "je trébuche toutes les 5 min", il ne faudra pas le faire trop souvent, ça lasse. Ray Fisher et Jason Momoa manquent de charisme tout comme Ben Affleck qui ne réussit pas à s'approprier complètement Batman. On suit volontiers ce pur divertissement boosté aux effets spéciaux mais on ne s'intéresse pas vraiment à ses enjeux vus et revus - Marvel est déjà passé par là DC Comics devrait en tenir compte bon sang !  Du neuf, ou au moins pas de copie si flagrante. Allez, au boulot, ça progresse, lentement, mais sûrement.

5,5/10

mercredi 8 novembre 2017

Jalouse

Nathalie Pêcheux, professeur de lettres divorcée, passe quasiment du jour au lendemain de mère attentionnée à jalouse maladive. Si sa première cible est sa ravissante fille de 18 ans, Mathilde, danseuse classique, son champ d'action s'étend bientôt à ses amis, ses collègues, voire son voisinage... 
La bande annonce m'avait fait rire, comme le film. La première qualité de Jalouse est sans doute de faire rire du début à la fin. Les situations sont marrantes, les dialogues joyeusement salés voire carrément vaches. La deuxième réside dans sa mélancolie sous-jacente et le regard porté sur une femme qui perd pieds. L'émotion affleure sous la comédie. L'excellente Karin Viard s'en donne à cœur joie pour incarner cette femme jalouse, vindicative, de mauvaise fois, mais surtout malheureuse et en plein questionnement. Elle est accompagnée par un casting réussi, d'Anne Dorval à à Dara Tombroff en passant par Anaïs Demoustier et Bruno Todeschini. Mention spéciale pour la touchante Marie-Julie Baup, en belle-mère attentive et d'une rafraîchissante naïveté. Parfois, le film peut déranger le spectateur, un peu, mais dans le bon sens du terme. Il le bouscule pour mieux mettre en lumière la perversité d'une jalousie dévorante, extériorisation fielleuse d'un mal-être douloureux.
 
9/10

samedi 4 novembre 2017

Les lames du cardinal de Pierre Pevel

Ceux qui me lisent le savent, j'adore Pierre Pevel. J'ai lu tous ses livres. Bon ok, presque, j'ai un peu de retard vu que généralement j'achète ses ouvrages dans un salon du livre pour me les faire dédicacer. 
Je me suis lancée dans une relecture du cycle des Lames du cardinal. Pourquoi ? Ben parce que j'avais envie, tiens !
1633, sous le règne de Louis XIII, le Cardinal de Richelieu veille à la bonne marche du royaume de France, de plus en plus menacé par l’Espagne et ses nouveaux alliés : les dragons. Or à situation exceptionnelle, moyens exceptionnels : le Cardinal se voit contraint de faire appel à une compagnie d’élite qu’il avait lui-même dissoute. Sous le commandement du capitaine La Fargue, les bretteurs les plus vaillants et les plus intrépides que possède le royaume sont ainsi réunis pour former à nouveau les redoutables Lames du Cardinal. 

Pierre Pevel (1968 - ) a d'abord été scénariste, journaliste et auteur pour les jeux de rôle, avant de venir à l'écriture. Il écrit plusieurs romans de fantasy sous le pseudonyme de Pierre Jacq, puis signe ses livres de son vrai nom. Il se fait connaître par sa trilogie des Ombres de Wielstadt, publiée en 2001, qui lui vaut en 2002 un Grand prix de l'Imaginaire. Ses romans se rapprochent souvent de l'uchronie, et en particulier de l'uchronie de fantasy. Par ailleurs, il a entrepris, depuis 2006, de traduire à nouveau les aventures de James Bond de façon à respecter le texte original.

Volume 1. Pour être honnête, l'intrigue met du temps à commencer mais pour une bonne raison. Pevel prend le temps de présenter tous les personnages et toutes les intrigues et elles sont nombreuses et diversifiées : intrigues de cour, jeux de dupes, complots. Elles se croisent tout au long du roman jusqu'à leur aboutissement dans un grand final assez apocalyptique. 

L'univers des lames est une belle uchronie documentée de la France du XVIIème siècle dans laquelle Pevel a placé ses animaux fantastiques favoris : les dragons. On se balade dans le Paris historique à peine modifié et richement décrit.
Comme toujours chez cet auteur, les personnages, complexes, offrent de belles nuances. La Fargue est un capitaine austère et efficace mais méfiant et très secret. Agnès est anachronique mais sympathique par sa volonté d'indépendance. Ballardieu surprend par ses étonnants réflexes vu sa corpulence et ce qu'il boit. Marciac représente l'atout charme et humour, désinvolture aussi. Les austères Almadès et Leprat sont plus discrets. Saint-Lucq, particulièrement énigmatique avec ses lunettes rouges, donne envie d'en savoir plus. Laincourt ne dévoile rien encore, il faut attendre les autres volumes. Tous sont attachants, quoique de façon différente.
Dès qu'elle est lancée, l'intrigue file de rebondissements en scènes d'action bien troussées. On sent le rôliste parfois dans l'écriture enlevée de Pevel qui use parfois de ficelles un peu visibles en mode film de cape et d'épée. Ce petit côté Les trois mousquetaires (référence bien réelle) ou Le bossu a quelque chose de gentiment suranné que j'aime bien. L'important, c'est le plaisir de la lecture et il est bien réel.

Volume 2 : L'alchimiste des ombres. Cet opus suit directement le précédent, sans temps mort. L'intrigue démarre plus vite et connaît moins de ramification ce qui la rend très simple à suivre. L'action et les scènes dialoguées sont adroitement alternées et la première toujours décrite avec soin.
On retrouve les mêmes personnages dont la personnalité et le passé sont approfondis. Laincourt dévoile un aspect romantique, Leprat un caractère amical, Agnès un passé religieux. Saint-Lucq reste toujours aussi énigmatique, c'est le propre du personnage. Des petits nouveaux apparaissent telles l'historique duchesse de Chevreuse, la mignonne Aude de Saint Avold, ou l'Italienne, une redoutable espionne. 
Ce tome opère une montée en puissance de l'intrigue, les pièces du puzzle sont presque en place. 

Volume 3 : Le dragon des arcanes. Ce dernier opus de la trilogie est sans doute le plus fascinant malgré les répétitions. Ces dernières sont nécessaires quand on lit les opus à un an ou deux d'intervalle mais lorsqu'on les lit d'affilée, cela s'avère un peu roboratif. 
Tous les éléments sont en place et les personnages sont bien connus, les intrigues draconiques en place : on touche au but et il sera sombre, nécessairement. Les lames rencontrent leur destin et font face aux plus grandes difficultés, à commencer par la perte de certains de leurs membres. Les secrets sont enfin dévoilés et l'on apprend le fin mot de l'histoire après un final grandiose empli de feu, de combats à l'épée et au pistolet, de terreurs, d'enlèvements, de rage et de peur. 
Les dragons y prennent toute leur place mais auraient pu être encore plus développés. On découvre de façon plus complète les redoutables sœurs de Saint-Georges ou châtelaines qui s'inscrivent si parfaitement dans leur époque d'intrigues. Certains éléments me semblent sous-exploités, comme si Pevel avait eu peur de faire trop long. En ce qui me concerne, il y aurait pu y en avoir plus. 

Pour finir, cette trilogie n'est peut-être pas la meilleure de Pevel mais elle reste un grand divertissement populaire, accessible et inventif rempli de personnages fascinants.

9/10

D'après une histoire vraie

Delphine, auteur d’un roman consacré à sa mère devenu best-seller, éreintée par les sollicitations multiples et fragilisée par le souvenir, est tourmentée par des lettres anonymes l'accusant d'avoir livré sa famille en pâture au public. En panne d'inspiration, tétanisée à l'idée de devoir se remettre à écrire, elle rencontre Elle, une admiratrice.
N'étant pas fan de Polanski, même si j'ai  plutôt aimé Carnage et The ghost writer, j'étais surtout attirée par le thème et la présence d'Eva Green. Je ne parviens pas à me faire un avis définitif sur ce film. Je ne sais pas s'il révèle un véritable point de vue ou s'il s'agit d'une caricature outrancière de ses modèles. Le film évoque le relation de l'auteur avec ses lecteurs et la difficulté de se relancer après un succès dévorant. Il interroge aussi les conséquences de l'auto-fiction (quoique que ce terme puisse signifier). Emmanuelle Seigner campe avec justesse une romancière paumée et transparente face à une Eva Green, vénéneuse à souhait quoique son personnage soit caricatural. Choisir cette actrice était pourtant une excellente idée, notamment à cause de sa voix tout à fait particulière, grave et très légèrement éraillée. La présence de Vincent Perez constitue un plus même si je l'ai connu, et apprécié, plus flamboyant. Équivoque, avec juste ce qu'il faut de provocation, ce duel littéraire se transforme vite en thriller psychologique tantôt prenant, tantôt longuet. On peut reprocher à Polanski de ne guère se renouveler : son film louche beaucoup sur The ghost writer et sur Misery. S'il est globalement prenant, le film manque surtout de subtilité et n'exploite pas à fonds toutes ses possibilités.

6/10

mercredi 1 novembre 2017

Carbone

Menacé de perdre son entreprise, Antoine Roca, un homme ordinaire, met au point une arnaque qui deviendra le casse du siècle. Rattrapé par le grand banditisme, il lui faudra faire face aux trahisons, meurtres et règlements de compte. 
Olivier Marchal sait réaliser de bons polars, sombres, un rien poisseux, assez 80's dans leur inspiration, il le prouve une fois encore. Avec un casting aux petits oignons mené par un Benoît Magimel épaissi et d'une densité tantôt rassurante tantôt inquiétante, il explore la noirceur de l'argent facile, de l'avidité qu'il engendre et ses désastreuses conséquences en forme de spirale infernale. La présence de quelques clichés n'enlève rien à la force du propos. Nerveux, le film a beau annoncer la couleur dès le départ, il réussit à nous surprendre dans un final énigmatique.
 
9/10

samedi 28 octobre 2017

Thor : Ragnarok

Privé de son marteau, Thor est retenu prisonnier sur une lointaine planète aux confins de l’univers. Pour sauver Asgard, il doit d’empêcher l’impitoyable Hela d’accomplir le Ragnarök. Mais pour y parvenir, il va d’abord devoir mener un combat titanesque de gladiateurs contre celui qui était autrefois son allié : Hulk…

Ce 3ème opus est meilleur que les deux précédents, notamment parce qu'il est débarrassé de l'encombrante Jane. Le spectateur se retrouve au cœur de l'histoire d'Asgard avec une nouvelle méchante tout à fait fascinante. Cate Blanchett s'avère géniale en mégalo subliment coiffée de bois noirs. Chris Hemsworth et Tom Hiddleston forment un duo aussi complice que bagarreur et doté d'un charme fou. De nouveaux personnages font leur entrée, d'autres bien connus font un plaisant passage plus ou moins long. Sur un B.O survoltée, les scènes d'action spectaculaires succèdent aux scènes humoristiques ou plus introspectives. L'humour est omniprésent dans cet épisode, au point d'être un peu trop présent, voire pesant et de tuer toute émotion et même toute tension dramatique alors que la matière y était. L'esthétique choisie par Waititi est résolument kitsch, 80's, à l'image du choix du vibrionnant Jeff Goldblum en méchant secondaire. De ce mélange survitaminé passé au shaker ressort un film divertissant qui aurait pu être meilleur mais remplit largement son office.


8,5/10
 

mercredi 25 octobre 2017

Épouse-moi mon pote

Yassine, Marocain, vient à Paris faire ses études d’architecture avec un visa étudiant. Lorsqu'il perd son visa, il se retrouve en situation irrégulière. Pour y remédier, il se marie avec son meilleur ami. Alors qu’il pense que tout est réglé, un inspecteur tenace les poursuit  pour vérifier qu’il ne s’agit pas d’un mariage blanc. 
Pour une fois, je vais à une séance "exceptionnelle" en présence des acteurs. Hum... Avec plus de 30 minutes de retard, Tarek Boudali, Philippe Lachau et Julien Arruti, qui viennent de découvrir qu'en région parisienne -surprise !- il y a des bouchons, sont venus faire le pitch du film et répondre à quelques questions. Je pense qu'ils ont passé plus de temps sur la route que dans la salle. Certes, ils sont sympas. Mais ils n'ont pas poussé l'amabilité jusqu'à rester après la séance pour discuter du film avec les spectateurs. Tout ça pour ça. 
Quant au film, il ne valait pas l'attente, le bruit et les coups de pieds dans le siège que j'ai endurés. Est-ce que j'ai ri ? Oui, assez souvent même, je l'admets volontiers, bien que parfois, j'avais un peu honte de rire à certaines blagues trop faciles, vulgaires, voire ridicules. Convenu, le scénario aligne les clichés et les rebondissements improbables si bien qu'il confinerait au burlesque s'il était autre chose qu'un sympathique délire entre potes non moins sympathiques. La complicité de la bande à Fifi ne suffit pas à faire un bon film, quoiqu'elle soit rafraîchissante dans sa naïveté.

5/10

samedi 21 octobre 2017

Le sens de la fête

Max, organisateur de mariage depuis trente ans, s'occupe d'un sublime mariage dans un château du 17ème siècle, un de plus, celui de Pierre et Héléna. Comme d'habitude, il a tout coordonné, mais la loi des séries va venir bouleverser un planning sur le fil où chaque moment de bonheur et d'émotion risque de se transformer en désastre.
Avec un peu de retard sur sa date de sortie, j'ai enfin vu Le sens de la fête. C'est un film sympathique et souvent drôle qui porte bien son titre. Il y est question d'amitié, de solidarité, de coordination et peut-être d'amour. Le marié est le type le plus exécrable de la Terre (on se demande pourquoi sa charmante épouse l'a choisi) mais il faut faire avec, les différends membres de la brigade passent leur temps à s'engueuler et absolument rien ne se passe comme prévu. C'est justement ce qui est marrant. Les personnages, bien castés, sont croqués de façon épatante, en quelques scènes, à l'aide de dialogues finement écrits. Dommage que les coupures avec fondu au noir et timing qui s'affiche cassent le rythme. Ce mélange de tendresse, d'acidité, d'humour, aurait dû faire un film génial. Pourtant, il n'est qu'agréable. La faute à un manque de folie, de poésie à un peu trop de prises de bec et d'invraisemblances. On rit mais le scénario s'avère pauvre. Un film distrayant malgré ses défauts.
6/10

samedi 14 octobre 2017

Kingsman : le cercle d'or

Alors qu’une bombe détruit leur quartier général, les agents Kingsman découvrent une puissante organisation alliée : Statesman, fondée il y a bien longtemps aux Etats-Unis. Les deux services d’élite doivent réunir leurs forces pour sauver le monde des griffes d’un impitoyable ennemi qui ne reculera devant rien dans sa quête destructrice.
 
 



Kingsman : toujours plus dingue, toujours plus loufoque, toujours plus d'action et d'effets spéciaux réussis. Julianne Moore campe une méchante ultra charismatique et bien allumée qui donne un bon contrepoint aux élégants Taron Edgerton, Colin Firth (youpi il est de retour !) et Mark Strong et aux très rednecks Channing Tatum, Jeff Bridges et Pedro Pascal. Halle Berry reprend un rôle qu'elle affectionne : la discrète efficace. Visuellement bluffant, doté d'une B.O efficace, le film pétarade dans tous les sens pour notre plus grand plaisir, mêlant humour british punk, espionnage bourré de gadgets et grand méchant mégalo. Le scénario ne brille pas par son originalité mais par son sens de l'absurde et du délire. Que c'est jouissif tout cela !
 

9/10 

Numéro une

Emmanuelle Blachey, brillante ingénieure, a gravi les échelons jusqu'au comité exécutif d'un géant de l'énergie. Un jour, un réseau de femmes d'influence lui propose de l'aider à prendre la tête d'une entreprise du CAC 40. Elle serait la première femme à occuper une telle fonction. Mais dans des sphères encore largement dominées par les hommes, les obstacles d'ordre professionnel et intime se multiplient.
Même s'il n'échappe pas à certaines facilités, le film a le mérite de présenter une situation que l'on voit peu au cinéma : la conquête du pouvoir par une femme. Il pose les questions logiques qui vont avec : une femme de pouvoir se comporte-elle de la même façon qu'un homme ? comment les hommes se comportent-ils face à une telle femme ? Et la réponse à la seconde question ne surprend guère : mal. On a droit à un bel échantillon de misogynie. Entre le mari pas si compréhensif et surtout pas prêt à faire le sacrifice que les hommes qui ont de hautes fonctions exigent souvent de leur épouse, le rival prêt à tout, le père moralisateur et rabaissant et le cynique de service, les hommes n'ont pas le meilleur rôle ici. Emmanuelle Devos excelle en femme tiraillée entre ses envies, ses devoirs, ses contradictions et sa volonté de fer. Le reste du casting est impeccable, de l'élégant Sami Frey à Anne Azoulay en passant par Richard Berry en homme d'influence absolument exécrable, Benjamin Biolay et Francine Bergé. Passionnant, le récit démonstratif et un peu complexe de cette ascension compliquée dans le milieu des affaires, où la politique n'est jamais loin, manque parfois de rythme et de piquant. Toutefois, il est édifiant quant à la société d'aujourd'hui.
 
7,5/10

samedi 7 octobre 2017

Blade Runner 2049

En 2049, la société est fragilisée par les nombreuses tensions entre les humains et leurs esclaves créés par bio-ingénierie. L’officier K est un Blade Runner : il chasse et élimine les réplicants renégats. Lorsqu’il découvre un secret enfoui depuis longtemps et capable de changer le monde, les plus hautes instances décident que c’est à son tour d’être traqué et éliminé.
Est-ce que j'ai aimé le film ? Je me suis posée la question en sortant du cinéma. Et bien oui, malgré ses défauts. N'ayant pas vu le premier film, je craignais de ne pas tout comprendre, aussi en ai-je lu le résumé. Certaines choses m'ont peut-être échappées mais dans l'ensemble, je pense avoir tout saisi. L'atmosphère, sombre, pluvieuse, volontiers post-apocalyptique, est particulièrement réussie. Le toujours singulièrement séduisant Ryan Gosling incarne avec brio un personnage étrangement attachant. J'avais peur qu'Harrison Ford soit trop présent et monopolise l'espace mais pas du tout, sa présence est un plus. Jared Leto s'avère sous-employé, son personnage est très très mystérieux. Ana de Armas, malgré un personnage pour le moins métaphysique, s'en sort superbement avec beaucoup de sensibilité. Certains partis pris visuels sont sublimes. Volontiers contemplatif, le film aurait gagné à resserrer ses scènes d'action, bien réalisées mais un peu lentes. Je ne peux pas m'empêcher de penser que les ralentissements sont voulus par volonté d'esthétisme ou pour prolonger l'instant. Certains plans sont lourdement soulignés par une musique trop agressive à mon goût. Le scénario, passionnant, parvient à retenir toute l'attention du spectateur malgré quelques passages un rien verbeux. Il laisse par ailleurs présager un nouvelle suite, avant 35 ans peut-être ? 
8/10

samedi 30 septembre 2017

Le château de verre

Jeannette Walls, chroniqueuse mondaine, a réussi mais personne ne peut imaginer son enfance. Élevée par un père charismatique, inventeur loufoque qui promet à ses enfants de leur construire un château de verre mais reste hanté par ses démons, et une mère artiste fantasque et irresponsable, elle a dû prendre en charge ses frères et sœurs.
C'est l'histoire triste d'une femme qui a vu son père gâcher ses talents et son intelligence tout en rendant la vie de sa famille à la fois compliquée et fantastique. Woody Harrelson a la folie nécessaire pour camper cet homme meurtri décidé à vivre sa vie comme il l'entend, sans entrave. Naomi Watts, plus effacée, joue avec nuances une peintre à peine moins barrée. Brie Larson et ses mini elles sont épatantes. Le film réussit à toucher par sa fine peinture d'une famille dysfonctionnelle attachante. Adapté d'une autobiographie, c'est une déclaration d'amour d'une fille à son père, même cruel, même menteur, même alcoolique, même inquiétant. Entre paysages d'une Amérique profonde et scènes d'une vie bourgeoise dans les 80's, le film navigue entre joie et peine avec sobriété et quelques beaux moments de complicité.
 
8/10

samedi 23 septembre 2017

L'un dans l'autre

Pénélope et Pierre s'aiment. Mais Pierre est marié à Aimée et Pénélope s'apprête à épouser Eric. Après une nuit d’amour passionnée, le sort leur joue un tour : Pierre et Pénélope se réveillent chacun dans le corps de l’autre. C’est le début des complications... 
Je m'attendais à un truc un peu vulgaire et bas de plafond mais il s'agit d'une comédie vraiment drôle qui manie les clichés homme/femme avec brio bien qu'elle n'ait aucune finesse. Louise Bourgoin et Stéphane de Groodt, le meilleur point fort du film, forment un couple attachant. PEF et Aure Atika complètent efficacement le quatuor. Les dialogues font mouche, tout comme les situations assez burlesques, même s'il était possible d'aller plus loin dans le second degré. Rythmé et prévisible, le film est plaisant et met de bonne humeur. 

7/10

vendredi 22 septembre 2017

Ôtez-moi d'un doute

Erwan, démineur breton, perd pied lorsqu’il apprend que son père n’est pas son père. Il retrouve son géniteur : Joseph, pour qui il se prend d’affection. Il croise en chemin l’insaisissable Anna, qu’il entreprend de séduire, mais réalise qu’elle n’est rien de moins que sa demi-sœur.

Je ne comptais pas voir ce film mais, question de créneau horaire, c'était celui qui convenait le mieux. La surprise fut plutôt bonne quoique pas extraordinaire. Le film évoque avec sensibilité la filiation, le lien biologique, le lien affectif et celui que l'on choisit. Il compte beaucoup sur la présence forte de ses deux acteurs principaux. François Damiens impose sa force tranquille, sa présence poétique et charmante (Dieu seul sait comment avec une dégaine pareille). Cécile de France fait du Cécile de France : femme de tête un peu gouailleuse qui balance des répliques marrantes. Le personnage de Didier est une espèce de running gag un rien agaçant à lui tout seul. Je n'ai jamais vraiment ri aux éclats mais beaucoup souri. D'ailleurs cette comédie, qui réussit parfois à émouvoir malgré de vraies longueurs, a une forme de douceur qui reste. Les péripéties n'ont guère de logique mais c'est léger, amusant et attachant.

6,5/10

samedi 16 septembre 2017

Barry Seal

L'histoire vraie de Barry Seal, un pilote recruté de manière inattendue par la CIA afin de mener à bien l'une des plus grosses opérations secrètes de l'histoire des Etats-Unis.

Doug Liman propose un film plutôt marrant au rythme enlevé sur un opportuniste qui n'aime que deux choses : sa famille et l'argent. Tom Cruise, insolent et toujours survolté, s'offre un rôle sympathique dans lequel il semble bien s'amuser. La face cachée de l'intervention de la CIA en Amérique latine est montrée sur une réalisation clipesque qui ne se prend pas au sérieux. Quelques belles séquences d'aviation. C'est malin mais prévisible, divertissant mais sans conséquence. Tout cela manque de consistance. Ludique.

6/10

Mother !

Un couple voit sa relation remise en question par l'arrivée d'invités imprévus, perturbant leur tranquillité.


Je crois qu'il existe de bonnes chances pour ce film détienne la palme du film le plus bizarre de l'année. On n'y comprend rien jusqu'à la toute fin et là encore, même si l'idée générale est saisie, des ombres demeurent. Un deuxième visionnage pourrait permettre de les explorer mais je n'ai aucune envie de m'infliger cela. Le petit dernier d'Aronofsky, qui développe une ambiance angoissante réussie, se déroule dans un huis clos de plus en plus peuplé et de plus en plus étrange. Il se peut que ce soit une revisite hallucinée de la genèse tant du monde que de la création. Il n'est pas vraiment ennuyeux mais comme on ne comprend rien à ce qui se passe, il finit par être agaçant, d'autant que l'étrange vire au grand n'importe quoi dans une apothéose grotesque. Les personnages sont vides, d'une insignifiance troublante : un auteur puéril et déifié, sa femme-enfant-femme de ménage, un couple fantasque et leur progéniture dégénérée. Je ne suis pas sûre d'avoir compris ce que représentent ces quatre là. La performance des acteurs -Jennifer Lawrence, Javier Bardem, Ed Harris et Michelle Pfeiffer- ne les fera pas rougir dans le futur, contrairement à la qualité de l'image. Je suppose que c'est un autre symbole de l'allégorie centrale du film, toutefois, l'image à gros grain, c'est moche, point. Quant à ces gros plans peu flatteurs, on aurait pu s'en passer. La quasi absence de musique sert l'atmosphère glauque, de même que le décor, cette étrange maison. Revenons à la métaphore objet du film : la création d'une œuvre et son appropriation par le public. Si elle reflète l'expérience personnelle du réalisateur, il doit mener une vie triste et douloureuse. Au final un film moche et illisible qui mélange religion à la limite du sectarisme, gore inutile et agressif et allégorie vaseuse.

2/10

vendredi 15 septembre 2017

Mary

Frank Adler se bat pour conserver la garde de sa nièce, Mary, qui témoigne d'un don hors du commun pour les mathématiques. 
Ici, nous avons un film gentiment guimauve et un peu lisse qui a toutefois le mérite de poser des questions intéressantes : doit-on utiliser la totalité de son talent pour être heureux ? peut-on être malheureux en vivant de sa passion ? doit-on faire primer ses talents intellectuels au détriment du reste de sa vie ? Sur une B.O sympathique, on suit l'évolution de ce presque père attachant et d'une intelligence très fine, campé par le séduisant Chris Evans, et de l'adorable Mary, gamine extravertie, brillante et drôle, interprétée par McKenna Grace, trop chou. Les deux sont très complices. Lindsay Duncan et Octavia Spencer complètent efficacement ce casting réussi. Bon, il y a aussi le chat, Fred, aussi mignon que la petite. Webb n'évite pas les deux ou trois inévitables scènes attendrissantes ou tristes mais s'en tire bien grâce à un brin d'humour et en évitant la mièvrerie. Il réussit à émouvoir tout en distrayant grâce une belle générosité. Prévisible mais tendre, ce petit film poétique se plaît à rappeler que la famille, c'est aussi ceux que l'on choisit.
7,5/10

dimanche 10 septembre 2017

La pelouse camomille de Mary Wesley

J'ai lu ce roman une première fois à la fin du lycée ou au tout début de mes études. Par la suite, j'ai lu trois autres œuvres de cet auteur. Après une première tentative de relecture ratée il y a quelques années, je viens de finir une relecture réussie.

Comme chaque été, les cinq neveux de Richard et d'Helena se retrouvent dans la maison de Cornouailles. C'est le temps béni des jeux, des baignades, des après-midi paresseux sur la pelouse de camomille, sans autre souci que ces tourments de l'amour. La petite Sophy donnerait sa vie pour Oliver qui, lui, est fou de Calypso, si belle et si lointaine. Elle a juré d'épouser un homme riche. Mais nous sommes en août 1939. La guerre est sur le point d'éclater, qui mettra fin à l'enfance. Une atmosphère d'angoisse et d'euphorie paradoxale s'installe, qui portera les relations à un degré d'intensité exceptionnel.
 
Mary Wesley, CBE, nom de plume de Mary Aline Mynors Farmar (1912 - 2002), est une romancière anglaise, spécialisée dans le roman historique qui met en scène des conflits familiaux et dans la littérature d'enfance et de jeunesse.
Fille du colonel Harold Mynors Farmer, elle est élevée dans la somptueuse propriété familiale. Enfant difficile, elle a eu seize gouvernantes et a entretenu une relation conflictuelle avec ses parents, et tout particulièrement avec sa mère. Adoptant le pseudonyme de Mary Wesley, elle amorce sa carrière en littérature dès les années 1960 avec deux romans de littérature d'enfance et de jeunesse. Elle cesse de publier pendant plus de dix ans, puis donne un dernier titre pour la jeunesse avant de devenir romancière de sagas familiales. Ce sont les souvenirs de la situation familiale tendue de sa jeunesse qui sont évoqués dans son roman le plus connu, La Pelouse de camomille (The Camomile Lawn, 1984), à la publication duquel l'un de ses frères s'est en vain objecté. Par ailleurs, c'est la vie de ses grands-parents maternels qui sert de base au roman historique Sucré, salé, poivré (Harnessing Peacocks, 1985). Ces deux romans, ainsi deux autres, ont fait l'objet d'adaptations par la télévision britannique. 

Dans ce roman ironique, irrévérencieux et parfois cruel, on suit le parcours un rien chaotique de cinq jeunes gens et de deux couples. Autant Sophy et Polly sont immédiatement sympathiques, autant Helena et Calypso sont plus antipathiques alors que Max et Richard se révèlent au fil des pages. Pendant la guerre, si les jeunes gens n'apparaissent plus qu'en permission, les messieurs plus âgés prennent leur revanche et les femmes s'amusent, papillonnent et découvrent leur liberté. La guerre tue, parfois tout près, mais à l'arrière, on est bien décidé à revendiquer son droit au bonheur et à la légèreté. Et bien plus tard, lorsqu'ils se replongent dans leurs souvenirs, ces jeunes devenus vieux éludent les questions gênantes mais sont toujours partant pour une vacherie.
Mary Wesley a une écriture fine, maligne et ciselée. Elle s'amuse des tribulations amoureuses et sexuelles de ses personnages et souffle un vent de liberté et d'impertinence sur leurs vies. Elle décrit bien l'atmosphère d'urgence de vivre, passionnément et fort et sait créer des personnages qui ont du mordant, comme ses dialogues, parfois agaçants, parfois émouvants. 
Au final, un roman plaisant, idéal pour les vacances ou pour s'en donner le goût. Une lecture légère qui appelle à profiter de la vie.

8/10

jeudi 7 septembre 2017

Chéri

Retour sur avril 2009 et un petit Stephen Frears. Petit mais d'une belle élégance. 
 
Paris, la Belle Epoque. Léa de Lonval finit une carrière heureuse de courtisane aisée. Son ancienne rivale et toujours perfide Mme. Peloux aimerait qu'elle s'occupe de son fils, Fred, surnommé Chéri, élégant désabusé et déjà usé à 19 ans. La demi-mondaine vieillissante et le jeune dandy débutent alors une liaison. 
Le film doit beaucoup au roman de Colette dont est tiré, même s'il le développe et en modifie légèrement la fin. Michelle Pfeiffer est excellente, lumineuse, drôle, sensuelle, toute en douceur, encore pas mal (même si elle aurait dû éviter la chirurgie esthétique). Elle joue à la perfection la femme qui voit sa beauté s'effacer et son temps se finir. Rupert Friend, séduisant malgré une coupe peu avantageuse, a le physique romantique qui sied à son rôle de jeune cynique qu'il incarne bien. Kathy Bates est extraordinaire, truculente, peau de vache à souhait. Si la reconstitution est belle et les costumes superbes, ce sont surtout les dialogues ciselés qui retiennent l'attention, autant que la douce ironie qui baigne le film. Racé, léché, il fait subtilement le portrait d'une femme vieillissante qui a utilisé toute sa vie sa beauté comme une arme. Cette petite histoire de demi-mondaine cache une mélancolie automnale derrière les derniers feux de l'été. Cela manque d'un rien de souffre pour être parfait.
 
8,5/10

samedi 2 septembre 2017

Seven sisters

Parce que la Terre est surpeuplée, une sévère politique d’enfant unique a été instaurée. Terrence Settman décide de garder secrète l’existence de ses sept petites-filles. Confinées dans leur appartement, elles partagent chacune leur tour une identité unique à l’extérieur : Karen Settman. Leur système bien huilé s’effondre le jour où Lundi disparaît…
What happened to Monday ? en vraie V.O. Ah ! cette manie du titre en anglais mais différent de l'original... A l'heure des smartphones, c'est vraiment ridicule. La première réussite du film est sans doute de parvenir à dédoubler Noomi Rapace en sept individualités distinctes sans que les effets spéciaux soient visibles. Celle-ci offre une prestation assez exceptionnelle et souvent émouvante. Pourquoi l'avoir rajeunie à trente ans ? Deux ou trois ans c'est crédible mais six au moment du tournage, ça commence à se voir. Par ailleurs, une caractérisation un peu plus nuancée de ces femmes auraient servi le film. Willem Dafoe fait une apparition marquante d'humanité et de rigueur quand Marwan Kenzari apparaît à la fois inquiétant et rassurant. Glenn Close joue mais son visage est un peu étrange, trop de chirurgie ? Le scénario, bien qu'assez prévisible, tient la route malgré quelques incohérences et exploite plutôt bien la singularité de chaque sœur. L'action, violente, parfaitement visible, démontre les capacités physiques de l'actrice tout en illustrant celle de ce monde dystopique effrayant, le tout sur une B.O sympa. Évidemment un appel à mieux prendre soin de notre planète. Si on accepte les imperfections du scénario, le film se suit avec beaucoup de plaisir.

8,5/10