vendredi 6 janvier 2017

Mes trésors

Carole, informaticienne introvertie, et Caroline, pickpocket sexy et un brin vulgaire, ne se connaissent pas et n'ont rien en commun sinon leur père, envolé avant leur naissance. Jusqu'au jour où Patrick ressurgit. Ce voleur recherché par toutes les polices a frôlé la mort, et décide de rattraper le temps perdu en réunissant ses deux filles autour d'un but commun : un casse... 
J'ai vu les critiques spectateurs avant d'y aller, du coup, j'avais un peu peur. Craintes non fondées. Ce n'est pas la comédie de l'année, c'est sûr, mais c'est vraiment distrayant. C'est une comédie rocambolesque qui n'a d'autre prétention que le divertissement à l'aide de répliques gentiment mordantes (j'adore "wikipétasse"). Jean Reno a l'air de s'amuser un peu, entre déguisements et ses grandes gaffeuses, ça change mais il a perdu l'étincelle. Reem Kherici et Camille Chamoux sont excellentes en sœurs chamailleuses et complices. Pascal Demolon est drôle en séducteur lourdingue. Les péripéties de ce casse sont marrantes, quoique peu crédibles et sans grande originalité. Si on accepte de poser son cerveau à l'entrée, cette comédie qui ne se prend pas au sérieux remplit son rôle : divertir.

7,5/10

jeudi 5 janvier 2017

D'or et de sang - La malédiction des Valois de Catherine Hermary-Vieille

Autre livre offert à Noël. Je n'ai pas traîné comme vous pouvez le constater.
Ils ont été les derniers rois de la Renaissance. Violents, cruels, dégénérés, soumis à la férule de Catherine de Médicis, mère abusive, régente ambitieuse, qui tiendra jusqu’au bout un pouvoir que ses fils étaient incapables d’assumer. François II, Charles IX, Henri III, le duc d’Anjou… tous disparaîtront dans la fleur de l’âge, assassinés, emportés par la maladie ou la folie. Libre, rebelle, sensuelle, leur sœur Marguerite, « la perle des Valois », affiche une vie dissolue, collectionnant les amants. Elle acceptera pourtant de se plier à la raison d’Etat en épousant Henri de Navarre, le futur Henri IV.

Catherine Hermary-Vieille (1943 - ) est une romancière et biographe française. Elle vit à Charlottesville en Virginie et partage sa vie entre l'écriture, sa ferme et de nombreux voyages en France. En 1981, son premier roman, Le Grand Vizir de la nuit, inspiré du conte La Fin de Giafar et des Barmakides des Mille et Une Nuits, remporte le Prix Femina. La plus grande part de son œuvre romanesque appartient à la veine du roman historique, notamment La Marquise des ombres (1983), récit centré sur la Marquise de Brinvilliers, célèbre empoisonneuse du XVIIème siècle, jugée et reconnue coupable dans l'Affaire des Poisons, et Merveilleuses (2011), qui évoque la France au lendemain de La Terreur. La Bête, paru en 2014, se base sur l'histoire de la Bête du Gévaudan. En 1986, elle signe Romy, une biographie de l'actrice Romy Schneider. Candidate à l'Académie française, en mars 2009, au fauteuil de Maurice Rheims, elle n'est pas élue : les immortels lui préfèrent François Weyergans.

Je suis perplexe quant au genre de livre : roman ? biographie ? Il est rédigé au présent, ne contient presque que des faits mais ne donne presque aucune date et manque de précision. Hybride, mal défini, il manque partiellement son but. Pourtant, ce n'est pas un mauvais ouvrage. Écrit de façon fluide et claire, il est plaisant à lire, d'autant qu'il permet d'en savoir plus sur les derniers Valois. Ceux-ci sont des personnages complexes, tiraillés entre leurs aspirations à la grandeur et leur incapacité à tenir une politique sur le long terme ou même à prendre les bonnes décisions. Catherine de Médicis a quelque chose de pathétique : 10 enfants et seuls deux lui ont survécu. Elle a tenté toute sa vie de faire régner la paix mais n'a jamais su adopter la bonne politique. Margot était une femme libre, sensuelle, sulfureuse, en avance sur son temps mais sans esprit politique et parfois sans raisonnement, incapable de se dominer. Quant à ses frères, castrés par une mère omnipotente et omniprésente, diversement atteints par des troubles physiques et mentaux, ils n'ont pas réussis à s'extraire de la mêlée pour gouverner. Je regrette que l'auteur se soit parfois laissée aller à écrire à charge contre la famille. Elle appuie un peu trop à mon goût sur les défauts, aliénations et autres travers de ses personnages et oublie trop souvent leurs qualités et leurs apports positifs.
En revanche, Hermary-Vieille dépeint très bien l'atmosphère lourde et oppressante de l'époque entre complots, trahisons, luttes fratricides, massacres, guerres larvées ou non... Les sujets évoqués : guerre de religions et interventionnisme étatique, politique, raison d'état. C'est passionnant mais trop court. On en veut plus, plus de détails, plus de densité et moins de litanies (l'auteur aime les listes). En vérité, ce livre donne surtout envie de lire de véritables biographies des Valois.

6/10

mercredi 4 janvier 2017

Faut pas lui dire

Laura, Eve, Anouch et Yaël sont cousines. Quand les trois premières découvrent quelques semaines avant le mariage de leur petite cousine que son fiancé parfait la trompe, elles votent -presque- à l’unisson « Faut pas lui dire » !
N'ayant pas vu la bande annonce et n'ayant vu aucune promo au sujet de ce film, j'y suis allée à l'aveuglette. Bien m'en a pris. N'attendant rien, je ne pouvais être déçue. J'ai même été agréablement surprise. Sur le sujet des mensonges et autres tromperies en couple et en famille, on a déjà beaucoup dit, ce n'est donc pas une œuvre débordante d'originalité. Cependant, tous les comédiens sont bons et rendent leur personnage attachant, ce qui, pour certains d'entre eux, n'était pas gagné au départ. Camille Chamoux réussit une nouvelle fois à surprendre. Jenifer Bartholi aussi, dans la mesure où elle est crédible en avocate maniaque. J'ai eu plaisir à retrouver Clément Manuel. De plus, on sourit très souvent, on se surprend à éclater de rire quelques fois et, summum de la réussite d'une bonne comédie, on est ému une fois ou deux malgré un scénario prévisible et quelques clichés non évités. Moins punchy que Comme t'y es belle, plus fleur bleue, le film possède un certain charme. On se laisse volontiers prendre à ce divertissement avec guimauve revendiquée.

7,5/10

dimanche 1 janvier 2017

Mes 15 tops 2016

Cette année, sur 94 films (sauf erreur de ma part), 4 films exceptionnels et 11 films excellents. A noter que plusieurs d'entre eux sont des adaptations de romans.

Brooklyn //Émouvant et juste //
12 mars 2016

Dans les années 50, Eilis Lacey quitte l’Irlande et sa famille pour tenter sa chance à New York. Sa rencontre avec un jeune homme lui fait oublier le mal du pays qui la dévore... Son retour en Irlande l’écartèle entre deux pays et entre deux hommes.
J'ai immédiatement fait le rapprochement avec The immigrant en 2013 dont le thème était proche. Là où le film de James Gray était formellement beau mais froid et sombre, John Crowley offre un film solaire et lumineux. Il regarde ses acteurs et particulièrement ses actrices, avec beaucoup de tendresse. Les personnages sont très attachants, notamment grâce à leurs interprètes. Saoirse Ronan campe une jeune femme gentille et raisonnable mais pas ennuyeuse pour autant. Son visage est très expressif et sa palette d'expression riche et nuancée. Emory Cohen et Domhnall Gleeson jouent les deux prétendants sympathiques, charmants... de quoi vous faire hésiter en effet. Julie Walters, Jim Broadbent et Fiona Glascott complètent ce casting élégant. La reconstitution est belle et soignée mais j'ai remarqué une incrustation assez moche sur le bateau, dommage. Le film est traversé par de grands courants d'amours, notamment entre Eilis et sa sœur, Rose, qui échangent de très belles lettres. Il y a peu de péripéties, pourtant on ne s'ennuie pas une seconde dans ce beau mélo émouvant qui évoque l'exil, la distance, le passage à l'âge adulte, les choix et bien sûr l'amour. Je dis mélo mais le film sait rester sobre. Je reconnais que j'ai eu la larme à l'œil, c'est justement parce que ni les acteurs ni les dialogues n'en font trop. L'intrigue est prévisible, quoi que le choix final reste incertain jusqu'à ce qu'Eilis le fasse. Bref, le film est élégant, tendre et lumineux, une réussite.

9/10

J'ai le souvenir d'un jolie film émouvant, un bon début d'année.


Alice de l’autre côté du miroir // Truculent //
4 juin 2016

Absolem ramène Alice, qui revient de trois ans de voyage autour du monde, au Pays des Merveilles où la Chapelier dépérit dans le souvenir de sa famille perdue. Alice part alors dans le passé après avoir volé quelque chose au Temps.
Tim Burton produit mais laisse la main en matière de réalisation à James Bobin. Rythmé, le film est plein de fantaisie, souvent amusant, moins sombre (moins Burton) que le premier (plus Disney). L'esthétique du film, tantôt pop et coloré, tantôt kitsch, tantôt sombre et steampunk. Le palais du Temps, chef d'œuvre d'horlogerie mécanique, est sublime. Les effets spéciaux, fluides, rendent impeccablement l'univers d'Alice. Celle-ci, que l'on avait laissée jeune fille en rébellion, évolue vers plus de maturité, entre féminisme, grosse bêtise sentimentale et famille. Mia Wasikowska lui donne plus de profondeur que dans le premier. Johnny Depp évite le cabotinage et conserve son caractère attachant. Helena Bonham-Carter et Anne Hathaway campent les reines ennemies avec talent. Sacha Baron Cohen, impérial, joue le Temps, personnage fantasque et mégalo mais néanmoins attachant et bien moins manichéen qu'il n'y paraît au premier abord. Les personnages secondaires sont sacrifiés au profit d'un recentrage sur une Alice plus sûre d'elle, plus déterminée. C'est à peine si on regrette l'assaut de bons sentiments dans la troisième partie dû à une intrigue un peu simple et le manque de non-sens cher à Lewis Carroll. J'ai adoré me plonger dans la jeunesse des personnages du Pays des Merveilles, d'autant que les clins d'œil sont nombreux. Un divertissement efficace et truculent qui mérite un deuxième visionnage.

9/10

Presque mieux que le premier, presque plus dingue. Et le personnage du Temps, une merveille !


Miss you already // Drôle et émouvant //
19 juin 2016

Milly et Jess sont deux meilleures amies inséparables depuis l’enfance. Alors que Milly se voit diagnostiquer un cancer, Jess essaie d'avoir un enfant...

Miss you already, le titre anglais est bien plus juste. C'est l'histoire de deux vraies amies qui font fassent à leurs propres difficultés : l'une ne parvient pas à tomber enceinte, l'autre se voit diagnostiquer un cancer du sein. Catherine Hardwicke propose une peinture crue, parfois cruelle, mais toujours juste de la maladie et de l'enfantement. Certes classique, parfois un peu outré, son film émeut et amuse malgré une qualité d'image un peu désagréable à deux ou trois reprises. Drew Barrymore et Tony Colette, complices, livrent une prestation d'une grande justesse et d'une belle sobriété. elles sont épatantes, tout comme Dominic Cooper et Paddy Considine. Jacqueline Bisset est géniale en mère indigne qui essaie de se rattraper comme elle peut. Tyson Ritter est à tomber. Tous les personnages, imparfaits, sont intelligents. On pourrait croire que le film est larmoyant, et, de fait, on pleure, beaucoup. Parce que c'est triste, beau et triste. Mais le film n'est pas larmoyant, il est drôle, très drôle. Les deux amies sont sérieusement déjantées, leurs répliques sont hilarantes. Certaines situations, cocasses, allègent celles qui sont dramatiques. Au-delà, peut-on se comporter comme une garce soit prétexte qu'on est malade et qu'on a peur de mourir ? A quel point peut-on mettre sa propre vie entre parenthèses parce qu'on aime quelqu'un qui a besoin de nous ? Et comment sauver son couple quand sa féminité se fait la malle ? En tout cas Miss you already prouve une chose : il faut rire dans les moments difficiles, parce qu'il n'y a parfois rien d'autre à faire.


9/10

PS : Je trouve la critique du Nouvel Observateur injuste et limite misogyne.

J'ai un peu sur-noté le film mais il est vraiment émouvant et sincère.


Le monde de Dory // poétique et drôle //
26 juin 2016

Dory, le poisson chirurgien bleu, avec un trouble de la mémoire immédiate, tente de retrouver ses parents avec l'aide de ses amis Nemo et Marin. Pourra-t-elle retrouver ses souvenirs ? Qui sont ses parents ? Et où a-t-elle bien pu apprendre à parler la langue des baleines ?
J'adore Le monde de Nemo. Et j'adore Dory. Alors en savoir plus sur Dory, c'était immanquable. Nage droit d'vant toi... Le schéma général est calqué sur l'opus précédent -donc exit la surprise- mais l'histoire est suffisamment différente pour provoquer l'intérêt. Émaillé d'humour efficace, ce film d'animation énergique est plein de rebondissements, frôlant parfois la suractivité. L'animation soignée de Disney-Pixar donne à ces créatures, dans une belle explosion de couleurs, des expressions humaines attendrissantes (bébé Dory, trop chou). On retrouve des personnages connus avec plaisir, on en découvre de nouveaux avec curiosité, tous sont attachants et bien doublés, et parmi les nouveaux, Hank la pieuvre caméléon et Destinée le requin-baleine en particulier. Le film parvient à être émouvant tout en dénonçant sans lourdeur l'état de nos magnifiques fonds marins et à parler de handicap et de peur de l'abandon sans être gnangnan. Le générique de fin chanté par Sia, nouveau clin d'œil à Dory, est top. Je craignais un peu une suite gadget juste pour les recettes mais Le monde de Dory est un divertissement poétique et généreux. Attention toutefois, si un nouveau personnage devait être développé, il faudra trouver un nouveau filon : j'ai gardé mon âme d'enfant mais mon esprit critique n'est jamais loin.

9/10

Imparfait mais si drôle, si mignon, si poétique.


Frantz // Superbe //
8 septembre 2016

En 1919, dans une petite ville allemande, Anna se rend tous les jours sur la tombe de son fiancé, Frantz, mort sur le front en France. Mais ce jour-là, un jeune Français, Adrien, est venu se recueillir sur la tombe de son ami allemand.
Un film en noir et blanc en 2016. Pourquoi pas. Surtout quand la couleur, rare, exprime l'intensité de l'instant. Surtout quand le noir et blanc est soutenu par une lumière superbe. Dès le début, on flaire un truc qui ne colle pas dans le comportement d'Adrien. J'ai imaginé deux scénarios, l'un s'est révélé à moitié vrai. Donc, le scénario est un peu prévisible mais les suites données à la révélation, elles, ne le sont pas. C'est l'histoire d'une reconstruction intime après une guerre qui n'a pas blessé que des soldats. Il y a les parents dévastés de chagrin, la fiancée qui a arrêté de vivre (d'où le noir et blanc je suppose), le soldat qui a combattu et qui souffre de séquelles psychologiques, ses parents qui ont peu pour son avenir. Il est question de deuil, d'amour, de pudeur, de pacifisme. Frantz est un film subtile, émouvant, élégant, qui ne néglige pas quelques touches d'humour léger. Pierre Niney, gracile, déploie son charme et son immense palette de jeu, entre douceur et tourment. Paula Beer, lumineuse, campe avec délicatesse et grâce une femme fragilisée mais aussi plein de force. Je regrette que la fin n'éclaire qu'une partie du futur de cette situation complexe. Les seconds rôles sont parfaits, éclairant le contexte. J'ai souvent pensé à Une promesse pendant le film. Au final, une œuvre à l'esthétique léchée au ton mélancolique et grave qui mérite d'être vue.

9/10

Un beau film où l'esthétique, magnifique, ne prime pas sur le fond, émouvant et intelligent.


Comancheria // Génial //
11 septembre 2016

Après la mort de leur mère, deux frères organisent une série de braquages, visant uniquement les agences d’une même banque. Ils n’ont que quelques jours pour éviter la saisie de leur propriété familiale, et comptent rembourser la banque avec son propre argent. À leurs trousses, un ranger bientôt à la retraite et son adjoint, bien décidés à les arrêter.
De son vrai titre Hell or high water (Contre vents et marées), Comancheria est un western moderne et social plus qu'un thriller. Dans un Texas désolé par la crise économique dans lequel certaines villes deviennent des villes-fantômes, deux duos se font face. Entre les deux flics qui se balancent des vannes et les deux frères qui s'engueulent, qui va l'emporter ? Sans doute personne parce qu'il n'y a rien à gagner dans cette Amérique-là, jamais complètement en tout cas. Entre amitié et amour fraternel, il y a la misère et la violence comme solution. Les quatre personnages sont attachants. Chris Pine démontre qu'il a un véritable talent, autre que celui d'être beau (et dans ce film, il est très sexy). Plus âpre, plus grave, la qualité de son jeu est montée d'un cran. Ben Foster campe avec brio le chien fou, celui qui a toujours des problèmes, qui les cherchent même. J'aurais dû le détester mais pourtant il est aussi attachant que Pine. Il a hérité de l'une des plus belles répliques du film, qui prend toute sa saveur mélancolique à la fin. Jeff Bridges s'amuse à jouer le vieux de la vieille qui ne s'en laisse pas conter. Gil Birmingham, taiseux, propose un jeu plus calme. Construit en deux lignes parallèles soulignées par une excellente B.O, le film alterne action bien conçue et dialogues intelligents et drôles. Prévisible ? Un peu. C'est sans importance. Des longueurs ? Je n'en ai pas trouvées. Le rythme ralentit parfois mais c'est l'Amérique profonde ! Le fin fond du Texas ! Ici, on boit de la bière, on porte une arme et surtout on ne se presse pas. Il n'y a rien à faire de toute façon. C'est sans importance. Dépourvu de tout manichéisme, la traque est haletante, comme la progression des braquages, jusqu'au final, amer.

9/10

Un vrai western moderne qui ne néglige pas l'émotion.


Éternité // Sublime //
12 septembre 2016

Quand Valentine se marie à 20 ans avec Jules, nous sommes à la fin du 19ème siècle. À la fin du siècle suivant, une jeune Parisienne, l’arrière-petite-fille de Valentine, court sur un pont et termine sa course dans les bras de l’homme qu’elle aime. Entre ces deux moments, des hommes et des femmes se rencontrent, s’aiment, s’étreignent durant un siècle, accomplissant ainsi les destinées amoureuses et établissant une généalogie… Une éternité…
On suit particulièrement Valentine et la génération suivante. Le scénario est difficile à résumer parce qu'il ne se passe rien de précis. On suit la famille pendant les moments clefs de son existence, naissances, décès, mariages, mais aussi pendant les moments simples de la vie, ceux qui font aussi les souvenirs, jeux d'enfants, promenades, fous rires ou soirées partagés... Il y a peu de dialogues mais une narration en voix off qui explique. Cela rend le film, d'ailleurs tiré d'un roman, extrêmement littéraire. On dirait une saga familiale traduite en images élégantes, raffinées. Dans le peu de dialogues, deux tirades m'ont marquée : celle de Mélanie Laurent sur la maternité et la déclaration d'amour à venir de Pierre Deladonchamps, presque comique tant elle est décalée mais en même temps follement romantique. Le déroulement est lent mais pas ennuyeux malgré quelques longueurs. Il est porté par la qualité du jeu des acteurs, jeunes et adultes, et par la beauté des images : décors soignés, lumière travaillée et extraordinaire, infinité de détails, de textures, beauté des costumes et des maquillages. Audrey Tautou, Mélanie Laurent et Bérénice Bejo sont incroyables, expressives, pleines de grâce. Leurs personnages sont, chose assez surprenante, très tactiles. Ce qui rend le film très tendre. Pierre Deladonchamps, Jérémie Renier et Arieh Worthalter sont leurs pendants masculins, plus distants mais excellents. La même mélodie accompagne tout le film, ce qui peut parfois s'avérer lassant. L'émotion naît pourtant, de petites choses comme de grandes détresses. Au final un très beau film sur l'amour, la maternité, l'amitié et le temps qui passe.

9/10

Ah, cette douce langueur, cette tendre rêverie... Un film lent, poétique a une saveur incroyable.


Doctor Strange // Grandiose //
30 octobre 2016

Après un grave accident de voiture, le docteur Stephen Strange, talentueux neurochirurgien, doit mettre son égo de côté pour apprendre les secrets d'un monde caché de mysticisme et de dimensions alternatives.
Je ne savais pas trop à quoi m'attendre. Les épisodes d'exposition peuvent être longuets. En l'espèce, malgré une ou deux petites longueurs dans le premier tiers et un déroulement classique, le film n'est pas ennuyeux et tient ses promesses. Deux heures bien remplies quoique balisées. Le film repose sur deux très gros points forts : le casting et les effets spéciaux. Benedict Cumberbatch, magnétique, campe le très égoïste et arrogant Dr Strange qui doit faire à ce qui pouvait lui arriver de pire. Ou de mieux. Il est excellent. Mads Mikkelsen campe le méchant, assez stéréotypé mais pas manichéen. Ces deux-là sont décidément très charismatiques. Tilda Swinton joue très bien la sagesse et le mystère mais je la préfère quand même avec des cheveux. Le reste du casting, Ejiofor et McAdams notamment, est impeccable. Les effets spéciaux, entre architecture mécanique et effets psychédéliques, sont absolument géniaux. Très beaux, ils donnent parfois le vertige. Et les scènes de combat sont parfaitement chorégraphiées. Ce nouveau Marvel, ponctué d'humour (j'adore la cape), offre un nouvel univers relié à l'un des autres par la scène post-générique et quelques allusions. Or ce nouvel univers regorge de possibilités. Chouette ! Vivement la suite !

9/10

Sans Cumberbatch, le film n'aurait pas eu une aussi bonne note mais le charisme de ce dernier emporte tout.


Sully // Aussi sobre qu’exaltant //
4 décembre 2016

Le 15 janvier 2009, le commandant "Sully" Sullenberger a réussi à poser son appareil sur les eaux glacées du fleuve Hudson. Cependant, alors que Sully était salué par l'opinion publique et les médias pour son exploit inédit dans l'histoire de l'aviation, une enquête a été ouverte, menaçant de détruire sa réputation et sa carrière.
Je me souviens des images de l'avion posé sur l'Hudson, c'était impressionnant. Ça l'est encore sept ans plus tard vu de l'intérieur comme de l'extérieur. On ressent la violence du choc de l'amerrissage grâce à des effets spéciaux de qualité. Eastwood, dont la maîtrise est évidente, a, fort justement, fait le choix d'un déroulement non linéaire qui fait naître l'attente et même une certaine tension. Je ne suis pas convaincue en revanche par l'utilité des deux scènes de jeunesse de Sully. Tom Hanks est impeccable en pilote expérimenté qui se demande s'il a pris la bonne décision. Il fait partager ses doutes au spectateur. C'est l'axe du film : Sully, en une fraction de seconde, a-t-il pris la bonne décision ? La meilleure décision ? Pour une fois, Tom Hanks ne bouffe pas l'écran et laisse toute leur place à ses partenaires. Aaron Eckhart campe le copilote, solidaire, rassurant, plein de sang-froid et prêt à défendre Sully. Le personnage est attachant et Eckhart, avec sa grosse moustache, se montre généreux. Laura Linney, toujours juste, joue la femme de Sully, inquiète, en plein doute, mais aimante. On assiste à l'enquête menée à charge contre les pilotes qui ne doivent pas seulement expliquer mais aussi défendre la décision prise. Clairement, la commission cherche un responsable parce que l'assureur et la compagnie ont perdu de l'argent. Discrètement, le film égratigne le numérique, le tout technologique sans humain, tout en mettant en valeur l'héroïsme ordinaire. Sobre, précis et terriblement efficace, il est particulièrement réussi.

9/10

Un excellent cru Clint Eastwood, ça ne se refuse pas.


Premier contact // Intense et intelligent //
10 décembre 2016

Lorsque de mystérieux vaisseaux surgissent un peu partout sur Terre, une équipe d’experts est rassemblée sous la direction de la linguiste Louise Banks afin de tenter de comprendre leurs intentions. Face à l’énigme que constituent leur présence et leurs messages mystérieux, les réactions dans le monde sont extrêmes et l’humanité se retrouve bientôt au bord d’une guerre absolue. Louise Banks et son équipe n’ont que très peu de temps pour trouver des réponses.
On m'avait dit que Premier contact n'est pas un film de SF comme les autres. Et c'est vrai. Il se déroule sur quelques semaines et montre les efforts d'une linguiste pour comprendre un langage extraterrestre et communiquer. On suit aussi son parcours personnel de façon fragmentée. Je trouve très belle l'écriture alien, complexe et crédible. D'ailleurs, malgré leur aspect moyennement ragoûtant, les deux spécimens présentés sont assez attachants. Amy Adams campe la super linguiste avec finesse face à Jeremy Renner, un peu à contre-emploi il faut le dire (et c'est tant mieux) en scientifique brillant. C'est Adams le principal vecteur d'émotions, sans pathos, sans grosse ficelle mais avec sincérité. Réflexion pointue sur la puissance du langage et le temps, le film, qui ne prend pas le spectateur pour un imbécile, fait un peu de géopolitique assez crédible. Le message sur plan large, pour utopique qu'il soit, ne manque de beauté ni d'espoir : l'union des peuples. Sur un plan plus personnel, voire intime, il prône la saveur de l'instant et de l'amour, et peut-être l'acceptation de la mort. Visuellement automnal et froid, il bénéficie d'une belle photographie. L'intrigue, aussi prenante soit-elle, aurait gagné à être resserrée en coupant environ un quart d'heure correspondant à quelques plans qui la ralentissent sans rien apporter sinon, parfois, un certain réalisme. Tout en étant scientifique au point d'être parfois technique (on finit par s'y retrouver), le film se révèle assez onirique, à l'image de l'intérieur des vaisseaux. Le final est pour le moins surprenant mais aussi un peu frustrant car il dévoile peu ce qui se passera après, hors destins personnels. Il m'a fait pensé à Interstellar pour ses réflexions métaphysiques ainsi qu'à Éternité, pour certains plans et sa délicatesse. Dense et intelligent.

9/10

Une SF intelligente et humaine, brillante.


Manchester by the sea // Bouleversant //
15 décembre 2016

Après le décès soudain de son frère Joe, Lee est désigné comme le tuteur de son neveu Patrick. Il se retrouve confronté à un passé tragique qui l’a séparé de sa femme Randi et de la communauté où il est né et a grandi.
L'affiche promet pour ainsi dire un grand mélo. Et en effet, c'est bouleversant. Tant l'histoire de cette famille que le jeu des acteurs bouleversent le spectateur. Ici, l'émotion est sincère, pas fabriquée abruptement. Rien de larmoyant ici, et même quelques scènes plutôt drôles. Casey Affleck, aussi sobre qu'explosif, est bouleversant en homme brisé qui ne cesse de se punir tout en faisant de son mieux pour aider son neveu. Lucas Hedges campe avec délicatesse un adolescent plein de vie qui se sent rejeté. Michelle Williams est peu présente mais pour un rôle fort et émouvant. Kyle Chandler, discret, amène une présence rassurante. Dans les décors et la lumière sublimes du Nord des Etats-Unis habillés par une belle B.O, on suit des fragments de vie, des moments importants comme des moments futiles. Le film aurait pu ne compter que deux heures mais je ne me suis pas ennuyée car la construction en flash-backs est intelligente. Il évoque avec finesse et justesse le deuil et la reconstruction mais aussi l'adolescence et la famille, celle que l'on a et celle que l'on choisit.

9/10

Un mélo vraiment réussi grâce au talent de Casey Affleck qui crève l'écran.


Legend // Top //
24 janvier 2016

Londres, les années 60. Les jumeaux Reggie et Ronnie Kray, célèbres gangsters, règnent en maîtres sur la capitale anglaise. À la tête d’une mafia impitoyable, leur influence paraît sans limites. Pourtant, lorsque la femme de Reggie incite son mari à s’éloigner du business, la chute des frères Kray semble inévitable…
Le meilleur film de ce début d’année ! Un thriller de gangster classique à la fois drôle et tendu totalement porté par Tom Hardy. Ce dernier joue des jumeaux, l’un brutal mais globalement bon fond, loyal, l’autre, psychopathe schizophrène paranoïaque particulièrement flippant. Il parvient à remplir les deux rôles avec le magnétisme qu’on lui connaît. Sa performance est exceptionnelle, la bagarre entre les deux frères est incroyable. On passe plus de temps sur les relations entre les deux frères et avec leur entourage que sur leur ascension même si celle-ci est expliquée entre quelques scènes efficaces, c'est ce qui fait la particularité du film. Emily Browning use de ses yeux de biche et campe joliment l’amoureuse malheureuse. David Thewlis, Paul Anderson et Christopher Eccleston complètent ce casting de première classe. Parlons de la reconstitution de l’East End des années 50 et 60 : royale. Et la B.O ? Parfaite, merci Duffy qui chante une partie des très jolies chansons qui parsèment le film. Celui-ci alterne scènes intimistes, scènes tendues et scènes de montée de violence.

9,5/10

Le film repose tout entier sur la présence incroyable de Tom Hardy et il fait bien.


Dernier train pour Busan // Haletant //
29 août 2016

Un virus inconnu se répand en Corée du Sud, l'état d'urgence est décrété. Les passagers du train KTX se livrent à une lutte sans merci afin de survivre jusqu'à Busan, l'unique ville où ils seront en sécurité...
J’avais beaucoup aimé World war Z. Dernier train pour Busan, c'est encore mieux. Plus réaliste, plus humain, plus profond, plus émouvant, plus drôle. Ça commence par un gestionnaire d'actif contraint d'emmener sa fille qu'il délaisse chez son ex à Busan. Il essaie de bien faire mais entre son égoïsme et son boulot, il a du mal à trouver une seconde pour lui accorder son attention. Et le voyage dérape. Des zombies, des vrais qui grognent et qui dévorent à moitié les vivants avant que ceux-ci ne deviennent des zombies à leur tour, envahissent peu à peu le train. D'abord, je les ai trouvés plutôt marrants ces zombies très chorégraphiés, et puis plus du tout en fait. Entre rédemption paternelle et histoire de survie, le film fait lentement mais sûrement monter la pression jusqu'au paroxysme. Il ne rechigne pas à tuer des personnages auxquels le spectateur s'est attaché. Autant prévenir, c'est sanglant. Les maquillages et les effets spéciaux sont très bien faits, sans en faire des tonnes. Les attaques des zombies sont très prenantes. Gong Yoo, Kim Soo-Ahn, Yu-mi Jeong, Dong-seok Ma, et Choi Woo-Shik sont excellents. Ils rendent attachants des personnages qui avaient plus ou moins de potentiel à ce titre. Malgré la tension, l'humour ponctue le film, offrant un peu de relâchement avant d'enchaîner sur l'émotion, sincère et sobre. Il s'offre le luxe de critiquer notre société individualiste mais aussi la finance débridée et de montrer l'effet de groupe dans ce qu'il a de pire. Inventif dans sa réalisation même s'il ne révolutionne pas le genre, il n'ennuie jamais malgré une action située presque entièrement dans un train. Au final, une série B d'horreur hyper bien troussée et intelligente.

9,5/10

Flippant, Dernier train pour Busan m'est resté en tête longtemps après la fin de la séance.


Bridget Jones’ baby // Un régal //
6 octobre 2016

Après avoir rompu avec Mark Darcy, Bridget est toujours célibataire, 40 ans passés, plus concentrée sur sa carrière et ses amis que sur sa vie amoureuse. Pour une fois, tout est sous contrôle ! Même son poids. Jusqu’à ce que Bridget fasse la rencontre de Jack… Puis retrouve Darcy… Puis découvre qu’elle est enceinte… Mais de qui ???
On retrouve notre vieille copine Bridget, qui dit des conneries au kilomètre sans pouvoir s'arrêter, qui gaffe au boulot, entourée de sa bande de potes tarés. Les copains et Bridget se sont un peu calmés, à peine mais restent super fun. Romcom somme toute classique, le film est drôle de bout en bout et fait durer le suspense : qui est le père de l'enfant ? Qui Bridget va-t-elle choisir ? Mark ou Jack ? En tant que fervente partisane de Mark, j'étais à deux doigts de sortir les pompons. Bridget est comme toujours aux prises avec l'amour, l'efficacité au travail et sa cinglée de mère, quoique celle-ci se fasse discrète. On ajoute une nouvelle amie et collègue, un nouveau boulot de productrice qui donne lieu à des scènes truculentes, un potentiel nouveau mec, et une maternité tardive. Renée Zellweger, légèrement modifiée, reste une Bridget au top -ou au fond du trou, c'est selon. Elle est pétillante et pleine de charme, bref extrêmement attachante. Colin Firth, gentleman surbooké, est impeccable et toujours aussi séduisant. Patrick Dempsey est sympa mais un peu plat. Emma Thompson est super marrante en obstétricienne sarcastique en diable. C'est déjanté, c'est attendrissant, ça part dans tous les sens, c'est Bridget. Les dialogues sont percutants et pleins de saillies hilarantes sur fond de musique contemporaine. Une suite géniale !

9,5/10

J'ai adoré retrouver Bridget pour ce troisième opus, d'autant plus que le livre était quasiment raté.


Miss Peregrine’s house for peculiar children // Magique //
9 octobre 2016

À la mort de son grand-père, Jacob découvre les indices et l’existence d’un monde mystérieux qui le mène dans un lieu magique : la Maison de Miss Peregrine pour Enfants Particuliers. Mais le mystère et le danger s’amplifient quand il apprend à connaître les résidents, leurs étranges pouvoirs … et leurs puissants ennemis. Finalement, Jacob découvre que seule sa propre "particularité" peut sauver ses nouveaux amis.
Burton excelle dans l'opposition entre la normalité un peu morne, trop banale, et l'extraordinaire à la fois plus sombre et magnifique. On débute en Floride, dans un monde qui a l'air normal, avant de partir au Pays de Galles qui abrite une charmante vieille maison peuplée de gens étranges. Eva Green, sublime, campe une gouvernante à la fois inquiétante et protectrice. Asa Butterfield joue de façon convaincante le jeune héros qui se croit normal jusqu'à ce qu'il découvre la vérité sur sa famille. Ella Purnell, avec ses yeux immenses et une grâce qui sied parfaitement à sa particularité, apporte une touche de douceur et d'étrangeté. Ils sont secondés par l'inquiétant Samuel L. Jackson, la discrète Judi Dench, l'énergique Terence Stamp, et tous les enfants dotés de particularités, pour le moins... particulières (je ne précise pas pour préserver la surprise). Ils évoluent dans un univers parfaitement retranscrit entre horreur et ravissement, bourré de détails. Les effets spéciaux, toujours au service de l'intrigue, sont superbes. Le filme alterne entre scènes d'action efficaces et élégante mélancolie poétique. Au fond, ce que vivent ces enfants est assez triste, ils sont éternellement bloqués dans une boucle temporelle sans jamais grandir ni vivre leur propre vie. Les enfants sont tour à tour drôles et inquiétants, comme le scénario qui regorge de détails. J'ai relevé une toute petite incohérence technique mais je m'en fiche totalement tellement ce film est génial, généreux et visuellement épatant. Oui, ce film a sans doute des défauts, il ne permet notamment pas de développer beaucoup les personnages secondaires, contrairement au roman sans doute, mais il parvient à emporter le spectateur dans son univers onirique et bizarre. Tim Burton revient sur ses thèmes favoris, l'étrangeté, la transmission et l'acceptation, et c'est pour le mieux. L'un de ses meilleurs films. J'ai bien envie de lire le livre maintenant.

10/10

Une merveille de poésie, d'étrangeté, de beauté, dans un univers d'une grande richesse.

Mes 10 flops 2016

Cette année, ça tombe juste : 10 flops. Pas d'immenses catastrophes mais des déceptions, quelques agacements et surtout des films aussi vite vus, aussi vite oubliés.

Les Tuche 2 - Le rêve américain // Nul mais drôle //
7 février 2016

À l’occasion de l’anniversaire de « Coin-Coin », la famille Tuche part le retrouver aux Etats-Unis où il participe à une université d’été : les choses ne vont pas se passer comme prévu, mais alors pas du tout.
On prend les mêmes et on recommence. La surprise n’y est plus mais la fantaisie toujours. C’est un film sur une famille de beaufs assez idiots mais attachants. Du coup, les Tuche n’ouvrent la bouche que pour dire une bêtise énorme avec un accent affreux. Je ne parle pas de leurs coupes, ni de leurs fringues. Jean-Paul Rouve, Isabelle Nanty, Claire Nadeau, Sarah Stern, Pierre Lottin, Theo Fernandez campent cette famille assez cinglée mais aimante. Le scénario est inexistant, les péripéties improbables, l’humour un peu lourdingue. Mais il faut avouer que c’est vraiment drôle. C’est vrai qu’ils sont souvent ridicules mais le regard du réalisateur, Olivier Baroux, n’est jamais méchant, toujours tendre. On ne s’ennuie pas, on rit et on sourit beaucoup mais on est loin de la transcendance.

4/10


Ave César // Bof //
20 février 2016

Deux jours dans la vie d’Eddie Mannix, fixer chez Capitole, un célèbre Studio de cinéma. Il y est chargé de régler tous les problèmes inhérents à chacun de leurs films. Il doit gérer aussi bien les susceptibilités des différentes communautés religieuses, qu’un réalisateur vedette, la reine du ballet nautique, le virtuose de claquettes, une énorme star disparue, deux jumelles journalistes...

On suit un type limite psychopathe ultra religieux pendant deux jours. Il doit régler plusieurs problèmes du studio. Du coup, les saynètes se succèdent sans former un véritable scénario. Les personnages ne sont pas fouillés, reste le cabotinage charmant des acteurs. Se détachent Alden Ehrenreich, Scarlett Johansson, Josh Brolin et Channing Tatum. Si la B.O et les décors sont top et l’esthétique élégante, je regrette le manque de fond. Certes, c’est une parodie en forme d’hommage plutôt réussie - mais foutraque- des films de l’âge d’or d’Hollywood. J’ai parfois souri mais l’outrance du propos -d’autres diront le troisième ou quatrième degré- m’a empêché de rire franchement mais pas de m’ennuyer un peu. Le film est un peu insipide, faute d’un véritable mordant Je crois que je ne suis définitivement pas fan des frères Coen, True Grit mis à part.

4/10

Ça aurait pu être tellement plus drôle, tellement plus barré, tellement plus entraînant !


Five // Décevant //
3 avril 2016

Cinq amis d'enfance rêvent de vivre ensemble. Julia, Vadim, Nestor, Timothée et Samuel, qui paie la moitié du loyer, emménagent dans un bel appartement ! A peine installés, le père de Samuel découvre la vérité au sujet de ce dernier et lui coupe les vivres. Il décide de ne rien dire aux autres et d'assumer sa part en se mettant à vendre de l'herbe. Mais n'est pas dealer qui veut et quand tout dégénère, Samuel n’a d’autre choix que de se tourner vers la seule famille qu'il lui reste : ses amis !

Soyons honnête, je n'ai pas tellement aimé, même si je veux bien admettre que le film est divertissant. Par où commencer ? Certes, certaines répliques sont drôles. Certes, les comédiens jouent bien. Cependant, Pierre Niney ne trouve pas ici son meilleur rôle, loin de là. J'ai eu un problème avec les personnages que je n'ai pas trouvés attachants. Timothée est véritablement crispant et les autres ne sont qu'une bande de jeunes parisiens bourgeois jamais vraiment en danger dans lesquels, quoi que nous appartenions à la même génération, je ne me suis pas reconnue. Aucune identification n'a été possible pour moi. Seuls la vieille actrice amateur et Nestor, le dieu du sexe en pleine crise, à peine esquissé, m'ont plu. Je n'ai pas été sensible aux rares moments sensés être émouvants. J'aurais pu être sensible au propos relatif à l'amitié mais ça ne suffit pas à faire un bon film. Le langage de cette bande -et pourtant je ne suis pas la dernière à lâcher un juron- m'a agacée. Je reconnais que le scénario, bien que loufoque, tient la route et que l'histoire est sympa mais je me suis retrouvée au bord du chemin.

4/10


Les visiteurs : la révolution // Raté //
10 avril 2016

Godefroy de Montmirail et Jacquouille sont projetés à l'époque la Terreur, période de grands dangers pendant laquelle les descendants de Jacquouille La Fripouille, révolutionnaires convaincus, confisquent le château et tous les biens des descendants de Godefroy de Montmirail, aristocrates arrogants en fuite dont la vie ne tient qu'à un fil.

Bon, c'est moins raté que Les visiteurs en Amérique mais c'est gâché quand même. D'abord, le casting pléthorique empêche d'approfondir le moindre personnage. Mis à Part Jacquouille qui hurle tout le temps, les autres sont presque inaudibles et invisibles. Du coup, ce n'est pas que les acteurs jouent mal, c'est qu'ils n'ont rien à jouer ou si peu. Sylvie Testud et Alex Lutz s'en sortent assez bien malgré tout et sortent un peu du lot. Ensuite, on ne s'ennuie pas vraiment mais le scénario est inexistant et dépourvu d'enjeu. Il tient sur une demi-page. Si quelques scènes font sourire, la plupart m'ont laissée de marbre à cause d'un humour poussif et éculé. La dernière scène laissait espérer quelque chose et puis stop c'est fini. Le premier film n'est pas un chef d'œuvre mais il est vraiment drôle, ne vieillit pas trop mal. L'effet de surprise n'est plus là, l'inventivité non plus, sans parler de la présence comique de Valérie Lemercier. Dommage.

4/10


Ben-Hur // Divertissant mais décevant //
10 septembre 2016

Judah Ben-Hur, un prince juif, est accusé à tort de trahison par Messala, son frère adoptif, officier de l’armée romaine. Déchu de son titre, séparé de sa famille et de la femme qu’il aime, Judah est réduit à l’esclavage. Après des années en mer, Judah revient sur sa terre natale dans le but de se venger.

Je n'ai pas vu la célèbre version avec Charlton Heston et pour le bien de cette séance, cela vaut sans doute mieux. La présente version offre un divertissement sympathique mais pour en profiter, il faut déposer son cerveau à l'entrée de la salle. Le film est en effet bourré d'invraisemblances et d'erreurs historiques. A un moment, on a l'impression que l'actrice porte un jeans et un chemisier ! Le personnage de Ponce Pilate est particulièrement malmené. Les dialogues s'avèrent assez plats et les bons sentiments foisonnent. Ce qui sauve le film ? D'abord et principalement, la qualité des effets spéciaux et des scènes d'action. Ensuite, le jeu des acteurs, pas transcendant mais suffisant pour rendre leurs personnages attachants. Mention spéciale pour Toby Kebbell qui a décidément du talent mais ne choisit pas très bien ses films. Jack Huston a plutôt du charme et s'en sort honorablement mais sans panache. Rodrigo Santoro campe un Jésus sympathique mais trop bavard à mon goût. Le scénario, bien que sans âme, est rythmé, on ne s'ennuie pas un instant mais le message religieux est asséné sans subtilité, de même que la fin, atroce. Au final un divertissement passable, vite oublié, dépourvu de l'aspect épique espéré.

4/10


Kubo et l’armure magique // Ambitieux mais répétitif //
29 septembre 2016

Kubo, jeune conteur élevé par sa mère à demi-folle, est poursuivi par la vindicte de la famille de celle-ci. Retrouvé par ses inquiétantes tantes, il s'enfuit, bientôt aidé par un singe et un scarabée. Le synopsis "officiel" ne correspond pas du tout à l'histoire racontée.

Je n'ai pas réussi à rentrer dedans. Dès le début, j'ai eu envie de partir. Le film m'a paru long malgré les scènes de combat réussies. Je n'ai pas aimé le design, très figé (les cheveux, les poils qui ressemblent à une serpillère), alors que globalement l'animation est plutôt fluide. En revanche, j'ai aimé l'aspect des tantes, sombres, cruelles. J'ai noté quelques trouvailles visuelles intéressantes. Le bateau, par exemple, est vraiment beau. Après un début très sombre, les aventures s'enchaînent, répétitives, avec un peu d'humour, puis une fin assez sombre et un peu étrange. L'armure magique n'est qu'un prétexte, elle n'est finalement qu'un souvenir familial. La famille, la transmission et l'acceptation de la différence sont en effet au centre de ce récit initiatique situé en plein Japon médiéval fantastique. Les couleurs, les costumes sont jolis mais l'émotion ne passe pas. Au final, je me suis un peu ennuyée. Dommage.

4/10

Là, les critiques étaient pourtant bonnes. Je n'ai pas été emportée. La poésie ne transparaissait qu'au cours d'une ou deux scènes, dommage.


Pension complète // Pas loin d’être affligeant //
3 janvier 2016

François et Charlotte dirigent ensemble un hôtel-restaurant gastronomique mais leur relation conjugale n’est pas au beau fixe : obsessionnel acharné, François veut sa première Étoile au Michelin tandis que Charlotte ne rêve que d’un enfant. Cette situation va exploser le jour où le premier mari de Charlotte, Alex, débarque dans leur vie alors que tout le monde le croyait mort dans le tsunami de 2004…

J’y suis allée à reculons pour faire plaisir à ma mère. Ça a été pire quand j’ai compris au cours de la séance qu’il s’agissait d’un remake de La cuisine au beurre avec Fernandel et Bourvil que je n’ai pas vu depuis longtemps mais dont j’ai un bon souvenir. Tout est-il à jeter dans ce film ? Non, pas tout à fait. La B.O est géniale, enlevée, dynamique, rigolote. Et... ? Le générique de début est vraiment chouette. De beaux paysages dans le Sud de la France. Franck Dubosc n’en fait pas trop mais ce n’est pas un acteur exceptionnel. Gérard Lanvin surjoue parfois un peu, c’est dommage pour un acteur de cette qualité. Pascale Arbillot semble mal à l’aise avec son rôle, d’ailleurs son personnage est peu sympathique. Seul le personnage d’Audrey Dana, la sœur déjantée et alcoolique, est attachant en forme de poil à gratter. D’ailleurs, les personnages de François et Alex sont peu attachants. Quelques scènes font sourire, c’est rarement réellement drôle, parfois navrant. Certaines concernant la cuisine, assez bien réalisées, ressortent entre deux clichés et rebondissements prévisibles et paresseux. Est-on distrait ? Oui. Agréablement distrait ? Je ne sais pas. Ma mère oui. Mois, c’est moins sûr.

3/10


Point break // Visuellement impressionnant mais creux //
6 février 2016

Une série de braquages spectaculaires aux quatre coins du monde met à mal des intérêts financiers américains. Johnny Utah, une ancienne légende du moto-cross devenue agent du FBI, infiltre le groupe de sportifs de l’extrême que l’on soupçonne d’être à l’origine de ces sidérants braquages. Alors qu’il pense avoir identifié le cerveau des braquages, il se retrouve entraîné dans les activités criminelles du groupe dopé à l’adrénaline…

Ce n’est pas tout à fait un remake puisque l’histoire n’est pas identique. Reeves interprétait un blanc-bec sans expérience et des règles morales claires qui découvrait une autre culture. Là, Luke Bracey campe dès le départ un adepte de sports extrêmes qui s’infiltre dans un milieu qu’il connaît déjà. Du coup, on perd en contraste et en enjeu. C’est d’ailleurs l’un des principaux défauts du film : il n’a pour ainsi dire pas d’enjeu. Franchement, on se fiche que cette bande de cinglés qui prêche une pseudo philosophie de vie assez inintelligible, mis à part “suis ton propre chemin”, soit arrêtée ou non. Autre problème, j’apprécie Edgar Ramirez mais comme Bracey, s’il joue correctement, il est aussi assez transparent. Contrairement à Patrick Swayze à qui il suffisait de sourire. Le scénario est quasi inexistant et les motivations des personnages simplistes. La relation de Utah avec la fille est réduite au minimum, en fait à rien, d’ailleurs, le personnage perd toute profondeur. L’intérêt du film repose entièrement sur les images, superbes, successions de cascades impressionnantes. Celles des exploits de ces poly-athlètes de l’extrême dans différents milieux naturels sublimes. Trois scènes sont particulièrement ressorties : le motocross du début, le surf et l’escalade libre. Cette dernière est très intense, immersive et particulièrement réussie. Les effets spéciaux, réussis, s’intègrent parfaitement. Je ne me suis pas complètement ennuyée mais il s’en est fallu de peu.

3/10

Là, clairement, il faut s'en tenir au film original qui alliait esthétique et sens.


Camping 3 // Naze, comme prévu //
3 juillet 2016

Comme chaque été, au Camping des Flots Bleus les Pic, Gatineau tout juste divorcé de Sophie, le 37, et Patrick Chirac fidèle à ses habitudes se retrouvent pour leurs vacances. Patrick a décidé de tester le co-voiturage avec trois jeunes dijonnais : Robert le charmeur, Benji le beau gosse et José la grande gueule. Après le co-voiturage, Patrick se voit contraint de tester le co-couchage…

Après l'avoir vu (ma mère ne voulait pas y aller toute seule), une question reste posée : ce troisième -et je l'espère dernier- volet est-il ou non pire que le précédent. Certes, ce n'est pas la copie en pire du premier. Cette fois, ce sont trois jeunes qui sont adoptés par Patrick (ne pourrait-il pas porter au moins un short ????). Honnêtement, un seul aurait suffit, les deux autres ne servent à rien. Honnêtement, tout cela est assez pathétique et peu fouillé en plus. Patrick et Paulo ont vieilli (mal) et ont une hygiène douteuse, les singeries du vieux Jacky n'amusent que lui, le personnage de Christiana Reali est une farce ni drôle ni crédible, Jugnot et Laroque font une ou deux apparitions minables... Et tout s'enchaîne comme ça, pas drôle, à peine quelques sourires forcés, sans vrai scénario. La partie sur homosexualité est nulle et inutile. Malgré tout, le loser Patrick, à qui sa fille manque et qui s'attache malgré lui à un gosse (mignon d'ailleurs Louka Meliava), s'avère attachant, relou mais attachant, presque touchant dans sa solitude. Une brève mais efficace critique de la génération snapchat pointe le bout de son nez de façon bienvenue. Un gros problème subsiste : la plupart du temps, à part de rares exceptions, ce n'est pas drôle. J'ai passé mon temps à me dire : "oh non, ils n'ont pas osé ?". Ben si.

3/10


Maman a tort // Raté //
13 novembre 2016

Anouk, 14 ans, découvre brutalement un autre visage de sa mère, à la faveur de l’incontournable stage d’observation de troisième qu’elle effectue dans la compagnie d’assurances où celle-ci travaille. Une semaine d’immersion dans le monde adulte de l’entreprise, avec ses petits arrangements et ses grandes lâchetés, qui bientôt scelle son jeune destin.
Je me méfiais un peu en y allant : le cinéma social, français en plus, ce n'est pas tellement mon truc. Il n'y a pas grand chose de bien dans ce film. Pourtant, ça ne partait pas si mal : le prisme du stage de 3ème, c'était une bonne idée. Pour partie, il décrit assez bien le monde du travail mais entre les caricatures (Anastasie et Javotte sont tellement stupides que c'en est ridicule), les invraisemblances et la condescendance envers le spectateur, le film agace. Il hésite trop entre fable sociale amusante, conte initiatique, bluette adolescente et drame psychologique. Il n'est ni assez grinçant, ni assez émouvant, ni assez drôle, ni assez bien joué. Emilie Dequenne a déjà été largement meilleure, son personnage est fade, même si je comprends sa lâcheté pragmatique. Jeanne Jestin sur-joue parfois légèrement et son personnage est agaçant. Le déroulement de l'intrigue s'avère lent et peu crédible, donc on s'ennuie un peu et en plus on n'y croit pas vraiment. La petite bluette de la gamine n'apporte rien et empêche de se concentrer sur le véritable sujet du film : la perte des illusions d'une jeune fille curieuse et les compromissions professionnelles. A vouloir toucher à tout, Fitoussi effleure son sujet mais n'approfondit rien. Cela dit, on rit de temps à autre de ce milieu professionnel étouffant, écrasant tous ceux qui ne résistent pas à la pression ou ne parviennent pas à s'intégrer.

3/10

Une vraie déception, j'attendais plus de ce film qui manque malheureusement sa cible.

Belgravia de Julian Fellowes

Connaissant mon intérêt pour Downton Abbey, on m'a offert ce roman à Noël. Je n'ai pas tardé à le lire.
Le 15 juin 1815, le bal devenu légendaire de la duchesse de Richmond réunit à Bruxelles tous les grands noms de la société anglaise. La plupart des beaux officiers présents ce soir-là périront quelques heures plus tard à Waterloo. Mais cette nuit va aussi bouleverser le destin de Sophia Trenchard, la ravissante fille du responsable de l'intendance du duc de Wellington. Vingt-cinq ans plus tard, les Trenchard, en pleine ascension sociale, se sont installés dans le nouveau quartier de Belgravia et pensaient laisser derrière eux ces terribles événements. Mais dans un monde en mutation où l'aristocratie côtoie désormais la classe émergente des nouveaux riches, certains sont prêts à tout pour que les secrets du passé ne menacent pas leurs privilèges...

Julian Fellowes (1949 - ) est un romancier, acteur, scénariste, producteur et réalisateur britannique. Son intérêt pour la société anglaise de l'époque édouardienne est visible dès Gosford Park (2001), film où les deux niveaux de la société britannique, l'aristocratie et les serviteurs, sont symbolisés par les deux niveaux de la maison, les étages et les sous-sols. Ami de longue date des Carnarvon, il s'est inspiré de leur histoire familiale et de leur propriété d'Highclere Castle pour écrire et produire la série Downton Abbey. Le 12 janvier 2011, il a été intronisé pair à vie dans la pairie du Royaume-Uni en tant que baron Fellowes de West Stafford dans le Dorset, ce qui lui permet de siéger à la Chambre des lords.

Le roman ressemble aux autres œuvres de Fellowes : il traite de l'aristocratie anglaise, des nouveaux riches et des rapports entre maîtres et domestiques, reflet fidèle d'une époque révolue, d'un univers feutré dans lequel on s'assassine d'une phrase glissée derrière un éventail entre le thé et une réception.
Les personnages sont attachants, de l'arriviste un peu ridicule à son épouse brillante et bien attentionnée en passant par l'aristocrate glaciale, la jeune première passionnée et le jeune premier ambitieux. J'ai noté que les personnages masculins sont moins bien traités que leurs homologues féminins, plus intelligents, plus subtiles, plus pragmatiques alors que la moitié du casting mâle est veule, jaloux, avide ou grossier. Heureusement, Charles a presque tout de l'homme parfait.
L'intrigue commence simplement, s'embrouille, puis se clarifie, sans jamais nous perdre et en créant un peu de suspense. Elle aurait gagné à être plus intense et plus caustique. Le roman pourrait tout à fait être adapté en série télévisée, tant le style de l'auteur est télégénique. Son écriture est agréable et fluide mais manque de subtilité. En effet, ce dernier appuie lourdement sur certains faits ou sentiments afin que rien n'échappe au lecteur. Il aurait dû plus lui faire confiance parce que parfois j'ai eu l'impression d'être prise pour une simplette. D'un point de vue plus prosaïque, c'est la première fois que ma lecture est gênée par un soucis d'impression : l'édition JCLattès comporte des erreurs (absence d'accents, de points et d'apostrophes notamment).
Au final, la lecture s'avère tout à fait plaisante, suffisamment pour donner envie de vite tourner les pages. Suffisamment pour donner envie de découvrir les autres romans de l'auteur.

6,5/10