vendredi 10 février 2017

Seuls

Leïla, 16 ans, se réveille en retard comme tous les matins. Sauf qu'aujourd'hui, il n'y a personne pour la presser. Où sont ses parents ? Elle traverse son quartier, vide. Tout le monde a disparu. Elle finit par croiser quatre autres jeunes : Dodji, Yvan, Camille et Terry. Ensemble, ils vont tenter de comprendre ce qui est arrivé, apprendre à survivre dans leur monde devenu hostile…
Je ne connais pas la BD originale mais je me suis suffisamment renseignée pour savoir que le film prend des libertés. Même s'il souffre de défauts, dont des ellipses créant des incohérences et une introduction trop longues, ce film français n'a pas trop à rougir de la comparaison avec les grands frères américains. Je regrette une image parfois tremblotante et une intrigue confuse bien qu'intéressante. Rythmé, le film ne manque pas d'action, même si celle-ci aurait pu être plus pêchue. L'univers créé s'avère anxiogène et contribue à l'atmosphère tendue magnifiée par une esthétique réussie avec une photographie et une lumière hyper travaillées. Le casting est inégal mais sympathique et attachant. Dommage que le maître des couteaux soit complètement sous-exploité. La fin, brutale, annonce clairement un deuxième opus à avenir, j'espère qu'il sera tourné.

6,5/10 j'ai presque envie de mettre plus pour encourager la production de SF française, c'est si rare.

jeudi 9 février 2017

LOL

Le jour de sa rentrée, Lola, dite Lol, n'a pas le cœur à rire : Arthur, son copain, lui dit qu'il l'a trompée. Sa bande de potes a le don pour tout compliquer et elle est en complet décalage avec sa mère, Anne, dont la vie amoureuse est aussi très compliquée.
Lola n'a pas une vie facile la pauvre chérie : elle vit dans le XVIème, ses parents l'adorent, ses copines aussi et les garçons... aussi. La pauvre ! Mais c'est bien connu, à l'adolescence, rien ne va. Les parents divorcés hésitent se remettre ensemble et sont sérieusement largués, notamment la mère qui fume des joints en croyant que sa fille parfaite n'en sait rien et surtout n'en fait pas autant. Les seconds rôles auraient mérité d'être plus développés, là ce ne sont que des faire-valoir. A l'époque de la sortie du film, je n'avais que quelques années de plus que les protagonistes, pourtant, je ne me souviens pas avoir jamais parlé aussi vulgairement. Je ne me souvenais pas non plus que l'on faisait l'amour dans les toilettes du lycée, je ne devais pas être branchée. Bien que le film soit vraiment drôle, certains moments s'avèrent un peu lourds. Les jeunes acteurs peuvent progresser mais ont un potentiel (Crista Theret, Lou Lesage). Quant à Sophie Marceau, elle est magnifique et bourrée d'énergie. Les personnages sont plutôt attachants. C'est toujours un plaisir de voir Alexandre Astier, même quand son personnage est sérieusement largué. Ma mère, avec qui j'avais vu le film, et moi nous sommes retrouvées dans certaines situations. Oui, j'avoue, je lui piquais ses pulls et le coup des yeux de cocker, ça marche toujours. La B.O colle parfaitement à ce film peignant une bande d'ados à la fin des années 2000. J'en étais ressortie d'excellente humeur. Je l'ai revu depuis à la télévision : ce n'est pas un grand film mais c'est un divertissement sympathique, portrait d'une certaine jeunesse qui n'a pas d'autres problèmes que leurs peines de cœur.

7,5/10

mercredi 8 février 2017

Revolutionary road

Dans l'Amérique des années 50, Frank et April Wheeler se considèrent comme des êtres à part, fondant leur existence sur des idéaux élevés. Lorsqu'ils emménagent dans leur nouvelle maison sur Revolutionary Road, ils proclament fièrement leur indépendance. Pourtant, les Wheeler deviennent exactement ce qu'ils ne voulaient pas : un homme coincé dans un emploi sans intérêt et une ménagère qui rêve de passion. Décidée à changer de vie, April imagine un plan audacieux pour tout recommencer à Paris...
Kate Winslet, époustouflante de justesse, mérite bien son golden globe. Léonardo DiCaprio est excellent. L'alchimie entre ces deux-là ne se dément pas. Ils forment un couple attachant mais aussi agaçant. D'abord uni, le couple se délite peu à peu au fur et à mesure que leurs envies divergent. L'un ne comprend pas le besoin d'évasion de son épouse, l'autre est immensément déçue par la réaction d'un mari qui choit de son piédestal. Ce film, mature, dont la lenteur sert le scénario et n'ennuie pas, est servi par une BO géniale et une reconstitution réaliste de l'Amérique des années 50 conformiste, ambitieuse. Il propose une pléiade de seconds rôles fouillés et bien interprétés : le couple de voisins -lui est amoureux d'April, elle ne cesse de parler-, l'agent immobilier, son mari et leur fils schizophrène aux répliques percutantes, les copains de bureau criants de vérité qui servent à la description du conformisme de l'époque. Mélancolique, le film frôle l'amertume. J'ai adoré. 

A posteriori, j'en ai revu des extraits mais jamais la totalité et je ne l'ai pas acheté en DVD. Le ferai-je ? Peut-être, si j'ai l'occasion de le revoir à la télévision et qu'il me plaît comme la première fois. J'en conserve le souvenir d'un film un peu académique mais dense et plein de tension. Je ne suis pas sûre que je le noterais aussi généreusement. A revoir donc.

9,5/10


dimanche 5 février 2017

RAID dingue

Distraite et maladroite, Johanna est un flic bien intentionné mais complètement nul. Elle rêve pourtant d'intégrer le RAID. Acceptée au centre de formation du RAID, elle se retrouve alors dans les pattes de l'agent Froissard, un misogyne vivant une mauvaise passe.
Commençons par ce à quoi je m'attendais et qui s'est avéré : il n'y a pas grand chose de crédible là-dedans. N'importe quel flic aurait passé Jo par la fenêtre dès sa première semaine. D'ailleurs, moi, à certains moments, j'en avais bien envie. Si sa maladresse fait rire, elle donne aussi parfois envie de hurler. Cela dit, malgré quelques incohérences et quelques pistes non exploitées, le film est très drôle, on rit beaucoup, notamment du décalage entre Jo-toujours-prête et Eugène-j'aime-pas-les-gonzesses. Tant les situations que les dialogues sont très bien pensés pour provoquer le rire en rythme. Pour une fois, la comédie passe à l'action lors de scènes plutôt musclées tout à fait visibles, le tout sur une B.O particulièrement soignée. Le casting tient la route. Dany Boon en fait beaucoup moins que d'habitude et c'est plaisant. Alice Pol manque de bouteille mais tout comme son personnage, sa bonne volonté la rend sympathique. Yvan Attal s'en donne à cœur joie dans un rôle burlesque à souhait. Michel Blanc en papa protecteur, Sabine Azéma en mère psychorigide, Patrick Mille en fiancé bourgeois, François Levantal en patron réjouissant, Anne Marivin en psy et Florent Peyre en séducteur de bas étage complètent la joyeuse bande complice. Ce qui fait que ce n'est pas meilleur ? Les facilités choisies par le scénariste pour résoudre toutes les situations, sa bien-pensance (bon après c'est du Boon, ce n'est jamais bien méchant) et son manque d'inventivité. Très divertissant sur grand écran, bon pour le rediffs mais pas inoubliable non plus. Allez, on pose son cerveau, on se détend, c'est dimanche après-midi et il pleut.

7,5/10