vendredi 17 février 2017

Loving

Mildred et Richard Loving s'aiment et décident de se marier. Sauf qu'il est blanc et qu'elle est noire dans l'Amérique ségrégationniste de 1958. L'État de Virginie où les Loving ont décidé de s'installer les poursuit en justice.
On a beau savoir comment cela se finit, ça a beau être classique, on s'attache et on s'inquiète pour se couple atypique. Lui, est un doux géant taiseux, elle est son point d'ancrage, celle qui a toujours le dernier mot au final (ce qui a constitué pour moins une sorte de running gag pendant tout le film). Joel Edgerton est génial : tout impressionnant qu'il soit, il a parfois l'air d'un gamin qui a peur de prendre un coup. Il a un regard incroyable et laisse éclater la luminosité de sa partenaire. Ruth Negga joue sur une large palettes de sentiments avec beaucoup de nuances et d'intelligence. Leur alchimie, tangible, sert le propos. Ils forment un couple très tendre, très attachant, qui, tel un roseau, plie mais ne rompt pas. Sa résilience force l'admiration d'autant qu'il est dépourvu d'héroïsme ou de volonté d'exposition médiatique, contrairement à leurs avocats concernés par leur cas mais aussi par ses retombées. Michael Shannon fait une apparition en forme de clin d'œil pour venir prendre une photo touchante. Nichols filme sobrement le quotidien et les péripéties de ce couple simple qui n'aspire qu'à une vie tranquille sans revendiquer quoi que ce soit. Il réussit à émouvoir sans jouer sur le pathos, ni trop en faire sur le racisme. On parle ici d'un racisme légal, presque sans violence, mais si injuste qu'il en devient insupportable. Qu'on fait les Loving qui met l'État de Virginie en danger ? Rien, ils s'aiment, énormément. On voit peu le combat, pourtant réel, des avocats pour leur cause, on en voit seulement les effets pour eux, entre espoir et découragement. Les paysages se font discrets, sans extraordinaire, mais filmés avec élégance et une belle lumière.
9,5/10

jeudi 16 février 2017

Underworld : blood wars

Avec ses seuls alliés, David  et Thomas, Sélène doit mettre fin à la guerre sempiternelle entre vampires et lycans, même si cela implique pour elle de faire le sacrifice ultime.
La trame s'avère proche de celle du premier : luttes de pouvoir en interne, lycans énervés en externe, hybridation. On connaît la saga : beaux effets spéciaux malgré des scènes de combat pas toujours lisibles, pas mal d'action un rien bourrin et un poil sanglante. Malheureusement, cet épisode donne dans la surenchère somme toute assez vaine. J'ai trouvé Sélène un peu falotte dans cet opus. Kate Beckinsale est figée, je l'ai connue plus efficace. Lara Pulver, en revanche, se la joue vénéneuse à souhait. Théo James joue correctement mais manque de charisme tout comme Tobias Menzies, qui, malgré son talent, n'a pas le physique du rôle. De plus, les motivations de son personnages sont floues. Il manque le charisme d'un Michael Sheen. Bradley James et son personnage en deviennent plus intéressants. L'assemblée du Nord est trop peu développée. Il fait froid donc pas de lycans ? C'est un peu court pour expliquer son fonctionnement et son développement. Je ne suis pas convaincue par les vampires made in Ikea. Du rythme, de l'action, des acteurs canons : un divertissement honnête, sympa.

6,5/10

A cure for wellness

Lockhart, jeune cadre ambitieux de la finance, est envoyé en Suisse ramener son patron qui prolonge sa cure. Pris au piège de l’Institut et de son énigmatique corps médical, il découvre peu à peu la sinistre nature des soins proposés aux patients.
 Dès la première scène, énigmatique, le spectateur est mi au parfum : ce sera tendu. En effet, le film distille une ambiance angoissante, un charme étrange et un puissant sentiment de malaise. Il connaît une baisse de rythme vers le milieu, toutefois les 2h30 ne se sentent pas. Dane DeHaan est excellent. Jason Isaacs est parfait en médecin flippant et néanmoins séduisant. Mia Goth propose un personnage étrange, éthéré. La très bonne B.O contribue à créer l'atmosphère lourde et poisseuse de l'intrigue qui mêle inceste, expériences douteuses et critique du capitalisme. Je regrette d'importantes incohérences (plâtre et pantalon pour ne citer que celle qui m'a le plus perturbée et fait sortir du film), ainsi que l'absence d'explications concernant certains points qui restent nébuleux. J'avais deviné une partie de la fin assez vite, elle n'en est pas moins glauque et un poil trop grand-guignolesque. Esthétiquement, entre décors somptueux et photographie ultra léchée, Verbinski a mis le paquet et c'est tant mieux. Envoûtant malgré tout.
7,5/10

mercredi 15 février 2017

Alibi.com

Greg a fondé Alibi.com : avec Augustin et Medhi, ils élaborent des mises en scène imparables pour couvrir leurs clients. Mais la rencontre de Flo complique sa vie. Lors de la présentation aux parents, il comprend que Gérard, le père de Flo, est aussi un de ses clients...
L'idée n'est pas tellement originale d'autant qu'elle n'est qu'à moitié exploitée sur la longueur du fait du centrage total sur la famille de Flo. On retrouve la bande à Fifi additionnée de Nathalie Baye et Didier Bourdon en forme. Philippe Lacheau a opté pour une comédie truffée de références, un peu moins dingue que Baby-sitting mais du coup plus cadrée, plus écrite bien qu'elle aborde de nombreux thèmes de façon un peu foutraque. Il a quand même gardé certains délires (pauvres bêtes) auxquels je n'ai pas toujours adhéré. Les gags et les vannes s'enchaînent sans baisse de rythme. On rit beaucoup, il se dégage de ce film une grande bonne humeur. Toutefois, rien n'est inoubliable tant c'est inoffensif. Imparfait mais rafraîchissant.

7/10

lundi 13 février 2017

Palmarès des BAFTA awards 2017

Voici les résultats britanniques de cette année, cérémonie présentée par Stephen Fry. Pour plus de petites précisions sur les BAFTA, cf mon article de 2015. 


Meilleur film remis par Noomi Rapace et Tom Hiddleston

Premier Contact
Moi, Daniel Blake
La La Land
Manchester by the Sea
Moonlight

Bon. J'ai trouvé La la land très moyen. Arrival (Premier contact) et Manchester by the sea, qui sont les deux autres films nommés que j'ai vus, m'ont inspiré chacun un 9. J'aurais aimé un prix d'importance pour Arrival.

Meilleur film britannique remis par Nicole Kidman et Dev Patel

American Honey
Denial
Les Animaux fantastiques
Moi, Daniel Blake
Notes on Blindness
Under the Shadow

Meilleur réalisateur remis par Mark Rylance

Denis Villeneuve – Premier Contact
Ken Loach – Moi, Daniel Blake
Damien Chazelle – La La Land
Kenneth Lonergan – Manchester by the Sea
Tom Ford – Nocturnal Animals
Ce n'était pas mon favori. Il y a beaucoup de qualités mais aussi de défauts dans ce film, la réalisation ne se classait pas, pour moi, nécessairement parmi les premières.

Meilleure actrice remis par Eddie Redmayne

Amy Adams – Premier Contact
Emily Blunt – La Fille du train
Emma Stone – La La Land
Meryl Streep – Florence Foster Jenkins
Natalie Portman – Jackie

C'est peut-être la seule catégorie dans laquelle j'ai vu tous les films. Emma Stone n'était pas ma favorite, elle n'offre pas son meilleur jeu dans ce film. Et pour faire une comparaison idiote, Ryan Gosling est meilleur dans La la land que sa partenaire. Toutes les autres me semblaient plus méritantes, en particulier la toujours merveilleuse Meryl Streep.

Meilleur acteur remis par Penelope Cruz

Andrew Garfield – Tu ne tueras point
Casey Affleck – Manchester by the Sea
Jake Gyllenhaal – Nocturnal Animals
Ryan Gosling – La La Land
Viggo Mortensen – Captain Fantastic
Yes ! Une interprétation impeccable d'une grande justesse et d'une sobriété implacable.

Meilleur second rôle masculin remis par Felicity Jones

Aaron Taylor-Johnson – Nocturnal Animals
Dev Patel – Lion
Jeff Bridges – Comancheria
Hugh Grant – Florence Foster Jones
Mahershala Ali – Moonlight
Je penchais pour Hugh Grant par rapport à Bridges vu que je n'ai vu que ces deux films. Je trouvais sa prestation à la fois légère et émouvante.

Meilleur second rôle féminin remis par Hugh Grant

Hayley Squires – Moi, Daniel Blake
Michelle Williams – Manchester by the Sea
Naomie Harris – Moonlight
Nicole Kidman – Lion
Viola Davis – Fences

EE Rising Star (meilleur espoir) remis par Viola Davis et choisi par le public

Anya Taylor-Joy
Laia Costa
Lucas Hedges
Tom Holland
Ruth Negga

Meilleur scénario adapté remis par Emily Blunt et Stanley Tucci

Premier Contact
Tu ne tueras point
Les Figures de l'ombre
Lion
Nocturnal Animals

J'avais de l'espoir pour Arrival (Premier contact) que j'ai beaucoup aimé. Je ne sais pas si j'irai voir Lion, ça ne me tente pas tellement.

Meilleur scénario original remis par Thandie Newton

Comancheria
Moi, Daniel Blake
La La Land
Manchester by the Sea
Moonlight
C'est un très beau film, émouvant, particulièrement bien écrit.

Meilleur premier film remis par Jamie Dornan et un acteur du Bon gros géant dont je n'ai pas saisi le nom

Mike Carey, Camille Gatin – The Girl With All the Gifts
George Amponsah, Dionne Walker – The Hard Stop
Pete Middleton, James Spinney, Jo-Jo Ellison – Notes on Blindness
John Donnelly, Ben Williams – The Pass
Babak Anvari, Emily Leo, Oliver Roskill, Lucan Toh – Under the Shadow

Meilleur film en langue étrangère

Dheepan
Julieta
Mustang
Le Fils de Saul
Toni Erdmann
Meilleur documentaire

13th
The Beatles : Eight Days a Week – The Touring Years
The Eagle Huntress
Notes on Blindness
Weiner

Meilleur film d'animation remis par Bryce Dallas Howard et Riz Ahmed

Le Monde de Dory
Kubo et l'armoire magique
Vaiana
Zootopie
Celui des quatre que j'ai le moins aimé. Malgré son ambition et quelques trouvailles, je l'ai trouvé répétitif. L'animation m'a moyennement plu. Mon préféré était Le monde de Dory. J'ai dû raté un truc dans Kubo.

Meilleure photographie remis par

Premier Contact
Comancheria
La La Land
Lion
Nocturnal Animals

Meilleur montage

Premier Contact
Tu ne tueras point
La La Land
Nocturnal Animals
Manchester by the Sea

Meilleur maquillage et coiffure

Florence Foster Jenkins
Doctor Strange
Tu ne tueras point
Nocturnal Animals
Rogue One: A Star Wars Story

Meilleurs costumes

Alliés
Les Animaux fantastiques
Florence Foster Jenkins
Jackie
La La Land

Meilleurs décors

Doctor Strange
Les Animaux fantastiques
Avé César !
La La Land
Nocturnal Animals

Évidemment !

Meilleurs effets spéciaux remis par Daisy Ridley et Luke Evans

Premier Contact
Doctor Strange
Les Animaux fantastiques
Le Livre de la jungle
Rogue One: A Star Wars Story
J'avais une préférence pour Docteur Strange ou Les animaux fantastiques. Les effets du Livre de la jungle sont magnifiques mais parfois improbables.

Meilleure musique

Premier Contact
Jackie
La La Land
Lion
Nocturnal Animals

Là, je suis d'accord, la B.O jazzy est chouette.

Meilleur son

Premier Contact
Deepwater Horizon
Les Animaux fantastiques
Tu ne tueras point
La La Land
Enfin un prix pour ce film nommé à plusieurs reprises ! Et c'est vrai que la bande son est excellente et contribue grandement à l'atmosphère spéciale du film.

Meilleur court métrage britannique

Consumed
Home
Mouth of Hell
The Party
Standby

Meilleur court d'animation britannique

The Alan Dimension
A Love Story
Tough

Isabelle Huppert a remis le prix de la contribution au cinéma britannique à Curzon, un groupe d'exploitation cinématographique spécialisé dans le cinéma indépendant.

Le prince William a présenté le prix Fellowship à Mel Brooks dont le discours était plutôt marrant tout en étant engagé politiquement.

Grands gagnants
La la land : 5 prix sur 11
Lion : 2 prix sur 5
Manchester by the sea : 2 prix sur 5

Grands perdants
Nocturnal animals : 0 prix sur 9
Arrival (Premier contact) : 1 prix sur 9
Les animaux fantastiques : 1 prix sur 5
Tu ne tueras point : 1 prix sur 5
Jackie : 1 prix sur 3

dimanche 12 février 2017

Le pire et le meilleur des années 2010

Hier soir, j'ai été prise d'une soudaine envie de faire un récapitulatif. Qu'est ce que les années 2010 ont produit de pire et de meilleur selon moi ?


Mes 7 plus gros flops depuis 2010

Les 7 pires notes que j'ai données. Aïe. Ça pique. Je les ai classé du moins pire au moins regardable. Tout cela est évidemment subjectif.


Tiens-toi droite // Heu... hein ? // (2014)

Trois femmes qui ne se connaissent pas mais dont la volonté farouche d’évolution va les faire se rencontrer, se rejoindre, se juxtaposer. Louise quitte le pressing de famille pour travailler dans une grande entreprise de fabrication de poupée où l'a pistonnée son amant. Lili, miss Nouvelle-Calédonie, fait la rencontre d'un riche industriel. Sam, mère de famille nombreuse, décide de prendre son indépendance. Il y a la pression de leurs mères, de leurs sœurs, de leurs amies. Il y a leurs hommes qui disparaissent. Il y a leurs filles qui les regardent, les imitent. Et il y a la conception de ce nouveau modèle de poupée, enfin à l'image de la femme.
Ce film est une énigme. Je comprends qu'il est question d'émancipation féminine, de l'image de la femme, de la sexualisation de la société mais le message est flou, brouillé par une absence quasi totale de scénario. Le film ne dépasse jamais le synopsis et n'examine jamais en profondeur l'histoire de ces héroïnes dont chacune méritait un long métrage plutôt que ce fouillis artificiellement relié. Il est plein de dialogues souvent drôles mais tellement isolés qu'ils sont sans conséquence sur la suite. Les femmes sont toutes cinglées, les hommes sont absents. Pauvre Richard Sammel qui n'est là que pour faire joli ! Jonathan Zaccaï et Michaël Abiteboul ont des rôles à peine esquissés. Marina Foïs en féministe qui peine à s'affirmer, Noémie Lvovsky, en mère débordée, et Laura Smet, en reine de beauté paumée, sont excellentes. Dommage que ces rôles soient assez caricaturaux et qu'aucun ne soit suffisamment fouillé. Heureusement, les actrices sont attachantes quoique mal dirigées : elles ne cessent de gesticuler, c'est agaçant. La réalisatrice avait sans doute un propos intéressant mais caché derrière une mise en scène hystérique et un montage décousu.

2/10

J'ai vaguement le souvenir d'une usine de poupées. Sinon rien. C'est sans doute mieux.


Only god forgives // Affligeant // (2013)

À Bangkok, Julian dirige un club de boxe thaïlandaise servant de couverture à son trafic de drogue. Sa mère débarque des États-Unis afin de rapatrier le corps de son fils préféré, Billy. Ivre de rage et de vengeance, elle exige de Julian la tête des meurtriers. Julian devra alors affronter Chang, un étrange policier à la retraite, adulé par les autres flics.

Soyons clair : c'est une catastrophe complète, un splendide ratage. Refn, qui a toujours une passion pour les mains de Gosling, alterne les plans d'une longueur infinie sur le visage impassible d'un personnage silencieux avec les scènes de violences crues. Il est souvent difficile de savoir si on est dans la réalité ou l'imagination de Julian. Gosling est sous-exploité, n'a pas de dialogue (d'ailleurs il n'y a pas de dialogue en général) et campe un personnage bizarre auquel on ne peut s'attacher. Scott Thomas campe avec talent une mère vulgaire, manipulatrice, perverse et abusive, bref détestable. Pansringarm joue un flic sadique et ultra-violent qui marche au ralenti dont on sait qu'il est en retraite parce que le synopsis le dit. Les décors sont glauques, la lumière, quand il y en a, est horrible, la B.O est épouvantable. Le scénario est limité et on ne comprend pas pourquoi les personnages agissent comme ils le font. De surcroît, on s'ennuie tout le long.

2/10

Pareil, rayé de ma mémoire.


Les flingueuses // nul // (2013)

Sarah Ashburn, une enquêtrice du FBI rigoureuse et méthodique dont la réputation la précède tant pour son excellence que son arrogance démesurée, doit collaborer avec une inspectrice de Boston, Shannon Mullins, reconnue pour son fort tempérament et son vocabulaire fleuri.

Pourquoi suis-je allée voir ce film ? Pourquoooooiiiiii ? Qu'est-ce qui m'a pris ? J'aime bien Sandra Bullock, qui joue d'ailleurs bien, de même que Melissa Mc Carthy, j'espérais rire avec un peu d'action. Sauf que. Sandra Bullock devrait changer de chirurgien esthétique, son visage est étrange. Les personnages de gamines gâtées et mal élevées caricaturales sont exaspérants. Rien n'est crédible, tout ou presque est ridicule, le second degré bourré de vulgarités ne passe pas : on rit une fois ou deux, on sourit trois ou quatre fois, et encore, on a un peu honte. La VF a pu jouer. L'action est absente, le suspense et le scénario aussi tant il est déjà vu, revu, rerevu, cousu de fils blancs. Bon point : la musique est sympa et met de la bonne humeur.

2/10

Rayé de la mémoire collective non ? Ou après une soirée très arrosée ?

Maps to the stars // Malsain // (2014)

A Hollywood se télescopent les étoiles : Benjie, 13 ans et déjà star, son père, Sanford Weiss, auteur à succès et coach des célébrités, sa cliente, la belle Havana Segrand, qu’il aide à se réaliser en tant que femme et actrice, Agatha, une jeune fille devenue, à peine débarquée, l’assistante d’Havana et le séduisant chauffeur de limousine avec lequel elle se lie, Jerome Fontana, qui aspire à la célébrité. Mais alors, pourquoi dit-on qu’Hollywood est la ville des vices et des névroses, des incestes et des jalousies ? La ville des rêves fait revivre les fantômes et promet surtout le déchainement des pulsions et l’odeur du sang.
Point positif : l'affiche est belle. Sinon... Beurk ! Ce film est épouvantable ! Il est vain, creux, malsain, verbeux sans pourtant rien dire. Cronenberg a de surcroît choisit de hacher sa narration de façon visible : on passe d'une scène à l'autre sans transition et avec une bande-son coupée net. Malgré le talent indéniable des acteurs, Julianne Moore, primée à Cannes, en tête, on ne parvient pas à s'attacher à ces personnages cyniques, auto-centrés, égoïstes, cruels, cinglés, de l'actrice névrosée au gamin devenu star trop jeune qui vire sale con tête à claques, en passant par le coach gourou ou la mystérieuse assistante bien barrée. Ce n'est même pas drôle tant l'ambiance est lourde, poisseuse. Et puis les pseudos saillies humoristiques d'humour noir pipi-caca, non seulement je les ai trouvées vulgaires et inutiles mais en plus c'est du niveau d'un ado mal dégrossi. Schizophrénie, hallucinations, incestes (oui, au pluriel), pédophilie, meurtres, drogues, folie, dialogues d'une inutile crudité, rien, dans ce défilé sordide, n'est épargné au spectateur qui ne peut qu'assister à la chute de ces stars. Le tout, il faut le reconnaître, dans de très beaux décors. Youpi parce que les costumes sont souvent moches. C'est tellement too much que le propos perd en crédibilité. C'est d'autant plus dommage que la présentation de l'envers du décors (gourous, jalousies, drogues, magouilles, agents...) était plutôt intéressante. Et que dire de ces répétitions sans fin d'un poème d'Éluard ? Horripilant. On ressort un peu perturbé de la séance, tendu, mais surtout déçu et agacé.

2/10

L'impression de malaise m'a marquée. La séance était plutôt pénible alors que j'apprécie plutôt les acteurs présents. Je ne trouve même plus l'affiche si belle que ça.


Cogan : killing them softly // Quelle horreur ! // (2012)

Lorsqu’une partie de poker illégale est braquée, c’est tout le monde des bas-fonds de la pègre qui est menacé. Les caïds de la Mafia font appel à Jackie Cogan pour trouver les coupables. Mais entre des commanditaires indécis, des escrocs à la petite semaine, des assassins fatigués et ceux qui ont fomenté le coup, Cogan va avoir du mal à garder le contrôle d’une situation qui dégénère…

Quelle déception ! Voilà un film de gangster qui avait un potentiel mais complètement gâché. ça commence mal par un générique épouvantable. Ensuite, ça ne démarre pas, en fait, ça ne démarre jamais. Énumérons les problèmes : il n'y a aucun rythme, les dialogues sont nuls (franchement, les discussions de cul ultra vulgaires, je ne suis pas fan), les discours politiques qui émaillent le film sont inutiles et insupportables, les personnages sont des bras cassés lamentables et pitoyables, on s'ennuie à mourir, à tel point que lorsque le film se termine enfin, on est soulagé et on a l'impression de n'avoir rien vu. Pourtant le parti pris d'un certain réalisme est intéressant mais pas assez porteur. Points positifs : Brad Pitt joue bien, Scott Mc Nairy aussi, l'humour distillé ça et là est bienvenu quoique sans finesse et la B.O est chouette. Le film se veut un concept évoquant la crise, le cynisme et l'Amérique, il n'inspire que l'ennui.

2/10

Heu.... sérieusement ? Ce film a vraiment été produit ?


Kill List // épouvantablement mauvais // (2012)

Jay, ancien soldat devenu tueur à gages, sous la pression de son partenaire Gal et de sa femme, Shel, accepte un nouveau contrat. Jay et Gal reçoivent de leur étrange nouveau client une liste de personnes à éliminer. À mesure qu’ils s’enfoncent dans l’univers sombre et inquiétant de leur mission, Jay commence à perdre pied.

Un bon point pour commencer : les acteurs jouent bien. Pour le reste... La musique est horrible ; parfois on voit l'action sans le son mais avec musique, toujours aussi moche. On s'ennuie, ça n'avance pas, et le début est complètement décalé. Certaines scènes sont visuellement affreuses. C'est ultra violent, voire insoutenable (Drive pourrait passer pour un film pour midinettes à côté). Et le pire de tout : on ne comprend rien. Mais rien du tout ! Plusieurs théories, farfelues parfois, aucune réponse.

2/10

La fin m'a marquée par son absurdité et sa violence. Pour le reste... L'histoire de bras cassés entraînés dans un truc trop grand pour eux dans un mélange des genres étrange début social, puis action polar, puis ésotérisme. ????


Enemy // WTF ? // (2014)

Adam, un professeur discret, mène une vie paisible avec sa fiancée Mary. Un jour qu'il découvre son sosie parfait en la personne d’Anthony, acteur, il ressent un trouble profond. Il commence alors à observer à distance la vie de cet homme et de sa mystérieuse femme enceinte. Puis Adam se met à imaginer les plus stupéfiants scénarios... pour lui et pour son propre couple.
Bon. Je n'ai absolument rien compris, de la première à la dernière scène. Rien de rien. La première scène est bizarre, malsaine et flippante. La dernière aussi. Entre ? Le film est glauque, peu dialogué alors que qu'une musique stressante, parfois hors de propos, est omniprésente, genre Hitchcock avant un meurtre, sauf qu'il ne se passe rien. On se demande quand le film va commencer. Jamais. Il ne décolle jamais. La réalisation est prétentieuse et se prend terriblement au sérieux. Le comportement des personnages est incompréhensible. Jake Gyllenhaal, Mélanie Laurent et Sarah Gadon jouent bien, enfin je crois parce que dans la mesure où je n'ai rien compris, je ne suis pas sûre de pouvoir correctement juger leur prestation. Le film met mal à l'aise et la fin ne résout rien. D'un point de vue plus technique, la lumière et les couleurs sont moches, certaines scènes paraissent inutiles. On échafaude des tas d'hypothèses, pendant le film puisqu'on s'ennuie terriblement. Sans réponse probante. Totalement hermétique pour moi et je ne crois pas qu'un bon film nécessite des recherches sur internet. D'ailleurs après explication (vive google), le film paraît toujours aussi nul, la faute au montage, au manque de rythme, à l'aspect particulièrement tordu de la chose.

1/10

Ouuuuuh lalalalala. Je me souviens de mon intense incompréhension pendant tout le film. Je réfléchissais, je retournais tout ça dans ma tête et comme vous pouvez le constater, je n'ai rien compris quand même. La scène de la mygale m'a horrifiée, au-delà de l'incompréhension totale de son objet. A l'image du film.



Mes 11 plus gros coups de cœur depuis 2010

Peu de 10, trop de 9,5... J'ai dû faire des choix et présenter ceux des 9,5 qui tendaient le plus vers le 10, selon mon cœur. Ensuite le classement se fait de la même façon. D'autres films ont été moins bien notés mais m'ont marquée comme Only lovers left alive, Souvenirs de Marnie, Maléfique, Le vent se lève (que j'ai revu et ai encore plus aimé que la première fois), Stocker, les Alice au Pays des Merveilles.....
J'ai remarqué que, les comédies mises à part, j'ai du mal à revoir les films que j'ai adoré. J'ai peur d'être déçue, d'avoir surestimé le film dans la magie de la séance. Du coup je repousse.


Bridget Jones’ baby // Un régal // (2016)

Après avoir rompu avec Mark Darcy, Bridget est toujours célibataire, 40 ans passés, plus concentrée sur sa carrière et ses amis que sur sa vie amoureuse. Pour une fois, tout est sous contrôle ! Même son poids. Jusqu’à ce que Bridget fasse la rencontre de Jack… Puis retrouve Darcy… Puis découvre qu’elle est enceinte… Mais de qui ???
On retrouve notre vieille copine Bridget, qui dit des conneries au kilomètre sans pouvoir s'arrêter, qui gaffe au boulot, entourée de sa bande de potes tarés. Les copains et Bridget se sont un peu calmés, à peine mais restent super fun. Romcom somme toute classique, le film est drôle de bout en bout et fait durer le suspense : qui est le père de l'enfant ? Qui Bridget va-t-elle choisir ? Mark ou Jack ? En tant que fervente partisane de Mark, j'étais à deux doigts de sortir les pompons. Bridget est comme toujours aux prises avec l'amour, l'efficacité au travail et sa cinglée de mère, quoique celle-ci se fasse discrète. On ajoute une nouvelle amie et collègue, un nouveau boulot de productrice qui donne lieu à des scènes truculentes, un potentiel nouveau mec, et une maternité tardive. Renée Zellweger, légèrement modifiée, reste une Bridget au top -ou au fond du trou, c'est selon. Elle est pétillante et pleine de charme, bref extrêmement attachante. Colin Firth, gentleman surbooké, est impeccable et toujours aussi séduisant. Patrick Dempsey est sympa mais un peu plat. Emma Thompson est super marrante en obstétricienne sarcastique en diable. C'est déjanté, c'est attendrissant, ça part dans tous les sens, c'est Bridget. Les dialogues sont percutants et pleins de saillies hilarantes sur fond de musique contemporaine. Une suite géniale !

9,5/10

C'est le bonus de cette liste. Est-ce un chef d'œuvre ? Non, évidemment. Mais il donne tellement de plaisir !


La femme au tableau // Fantastique // (2015)

Maria Altmann, septuagénaire excentrique, confie une mission des plus sidérantes à Randy, jeune avocat : l’aider à récupérer l’un des plus célèbres tableaux de Gustav Klimt, exposé en d’Autriche, dont elle assure que celui-ci appartenait à sa famille ! Mais l’Autriche n’entend évidemment pas rendre la « Joconde autrichienne » à sa propriétaire légitime…

Ce qui frappe d'abord, c'est la facilité avec laquelle on entre dans cette histoire qui mêle habilement deux époques. La reconstitution des années 30 et du début des années 40 est impeccable, tout à tour mélancolique et joyeuse. Les personnages ont une vraie profondeur. Helen Mirren est extraordinaire, très touchante et en même temps drôle et piquante. Maria est compliquée, elle veut que justice soit rendue mais pense aussi abandonner plusieurs fois, désemparée par l'ampleur et la difficulté de la tâche. Ryan Reynolds m'a surprise, dans le bon sens, c'est la première fois qu'il m'émeut. Tous les seconds rôles sont parfaits : de Charles Dance, glacial, au talentueux Daniel Brühl, en passant par l'attachante Katie Holmes, aux charmants et émouvants Max Irons et Tatiana Maslany, sans oublier la troublante Antje Traue de le rôle de la belle Adèle. Le cinéma s'intéresse rarement à l'Autriche pendant la guerre, voilà chose faite. On y découvre la persécution des Juifs, abjecte, et le vol de leurs biens, y compris leurs œuvres d'arts. On découvre aussi, atterré, la volonté de non restitution de l'Autriche moderne, dérangeante. Cependant, son point de vue n'est pas réellement présenté, c'est sans doute l'un des seuls défauts du film avec le fait que j'aurais aimé plus voir les toiles. Certaines scènes sont sincèrement émouvantes, sans grands violons. D'autres, comme celle du mariage, sont de petites merveilles.

9,5/10

Un film très intelligent et qui parle d'un pan assez ignoré de l'Histoire.


The king's speech // épatant, performance parfaite de Colin Firth // (2011)

Bertie, duc d'York, devient, contraint et forcé, le roi George VI, suite à l’abdication de son frère Edouard VIII. D’apparence fragile et guindée, affligé d'un insurmontable bégaiement, il doit surmonter son handicap grâce au soutien indéfectible de sa femme et à l’aide d’un thérapeute du langage aux méthodes peu conventionnelles. Face à la montée de l'Allemagne nazie, il doit remplir son rôle et incarner l'Angleterre et son empire.

Les moins : La reconstitution extérieure est médiocre et la réalisation anecdotique.

Les plus : La prestation extrêmement physique de Colin Firth, on ressent sa difficulté vraiment physique pour articuler le moindre mot qui reste coincé au fond de sa gorge. Et puis le voir débiter un chapelet de jurons en dansant, ça vaut son pesant de cacahuètes. Helena Bonham Carter et Geoffrey Rush sont d'excellents seconds rôles. Guy Pearce livre une bonne prestation en frère fantasque et égoïste. Tous les acteurs jouent en retenue, avec élégance. La musique accompagne le film et la reconstitution intérieure est soignée. Les dialogues sont percutants, souvent drôles, très fins. Si la fin ne fait pas de doute, on ne s'ennuie jamais grâce à des personnages attachants avec un caractère réel et à un rythme régulier. Il est aussi appréciable de découvrir un roi méconnu qui ne fut pas un grand roi mais un bon roi qui aimait sincèrement sa femme (et réciproquement d'ailleurs).

Ma note : 9,5/10

L'histoire d'un homme bien, campé par l'excellent Colin Firth. Pas son rôle le plus sexy (Kingsmen n'était pas si loin de ce classement) mais une performance dingue de justesse.

Drive // excellent thriller // (2011)

Un jeune homme pas bavard est cascadeur pour le cinéma, mécano dans un garage et occasionnellement conducteur pour des truands auxquels il impose ses règles. Shannon, son manager propose à un malfrat notoire d’investir dans l'une de ses idées, celui-ci accepte mais impose son associé, Nino. Le conducteur rencontre Irene et de son fils auxquels il s'attache. Lorsque le mari d’Irene sort de prison et se retrouve enrôlé de force dans un braquage pour s’acquitter d’une dette, il décide de lui venir en aide.
Ryan Gosling est épatant, crédible en homme calme et silencieux mais expressif et charismatique jusqu'à l'explosion de violence froide et sans limite. Ses sourires illuminent le film plus encore que ceux de Carey Mulligan, charmante en jeune mère mais discrète. Bryan Cranston, Ron Perlman, Albert Brooks, Christina Hendricks et Oscar Isaak campent des seconds rôles intéressants. Le film oscille avec brio entre romance et action. Celle-ci est très bien filmée et surtout visible, sans cameraman parkinsonien. La ville est superbe et filmée, comme le reste, avec une belle esthétique. La B.O est géniale, elle porte le film qui est plein de silences. Ceux-ci ne sont pas gênants, on ne s'ennuie pas une seconde et on s'attache aux personnages. Pas d'action téstostéronnée, plutôt de l'action intelligente, bien dosée. La violence est tellement outrée qu'elle peut prêter à sourire mais pas longtemps parce qu'au fond, elle sert le film. Juste un tout petit bémol : la mise en place est un peu lente mais cela s'oublie très vite tant le film est excellent et le scénario est somme toute très classique.

Ma note : 9,5/10

La scène de l'ascenseur est à elle-seule un chef d'œuvre d'intensité.


Dernier train pour Busan // Haletant // (2016)

Un virus inconnu se répand en Corée du Sud, l'état d'urgence est décrété. Les passagers du train KTX se livrent à une lutte sans merci afin de survivre jusqu'à Busan, l'unique ville où ils seront en sécurité...

J’avais beaucoup aimé World war Z. Dernier train pour Busan, c'est encore mieux. Plus réaliste, plus humain, plus profond, plus émouvant, plus drôle. Ça commence par un gestionnaire d'actif contraint d'emmener sa fille qu'il délaisse chez son ex à Busan. Il essaie de bien faire mais entre son égoïsme et son boulot, il a du mal à trouver une seconde pour lui accorder son attention. Et le voyage dérape. Des zombies, des vrais qui grognent et qui dévorent à moitié les vivants avant que ceux-ci ne deviennent des zombies à leur tour, envahissent peu à peu le train. D'abord, je les ai trouvés plutôt marrants ces zombies très chorégraphiés, et puis plus du tout en fait. Entre rédemption paternelle et histoire de survie, le film fait lentement mais sûrement monter la pression jusqu'au paroxysme. Il ne rechigne pas à tuer des personnages auxquels le spectateur s'est attaché. Autant prévenir, c'est sanglant. Les maquillages et les effets spéciaux sont très bien faits, sans en faire des tonnes. Les attaques des zombies sont très prenantes. Gong Yoo, Kim Soo-Ahn, Yu-mi Jeong, Dong-seok Ma, et Choi Woo-Shik sont excellents. Ils rendent attachants des personnages qui avaient plus ou moins de potentiel à ce titre. Malgré la tension, l'humour ponctue le film, offrant un peu de relâchement avant d'enchaîner sur l'émotion, sincère et sobre. Il s'offre le luxe de critiquer notre société individualiste mais aussi la finance débridée et de montrer l'effet de groupe dans ce qu'il a de pire. Inventif dans sa réalisation même s'il ne révolutionne pas le genre, il n'ennuie jamais malgré une action située presque entièrement dans un train. Au final, une série B d'horreur hyper bien troussée et intelligente.

9,5/10

Waouh. Une claque.


Lullaby for Pi // mélancolique, poétique et émouvant // (2010)

Sam, libraire le jour et musicien la nuit, perd la femme de sa vie, Joséphine, et de fait, le sens de son existence. Jusqu’à sa rencontre incongrue et quelque peu loufoque avec une jeune femme mystérieuse, Pi, qui devient synonyme de renaissance : pendant que Sam reprend goût à la vie et à la musique, Pi déchiffre la part du mystère qu’elle porte en elle. Une étrange relation se noue entre eux à travers la porte d’une salle de bains…
Les moins : Quelques clichés (la peinture sur les mains pendant tout le film, la chanson qui réapparaît...).

Les plus : Rupert Friend est extrêmement séduisant en jazzman désespéré au grand cœur. Clémence Poésy déploie tout son charme et sa fragilité. Tous deux sont très charismatiques. Les seconds rôles sont bien utilisés et à propos (Whitaker, Ward, Wayne Callies). Les décors sont sympas et la photographie superbe. La musique est comme un personnage, elle est au cœur du film, arrange les problèmes, les crée, apaise... elle colle aux scènes, les renforce. Les dialogues sont bien écrits. Le scénario est original, tendre et drôle, profond et léger à la fois. Le rythme est lent mais on ne s'ennuie jamais, il convient au film qui est subtil. Pour une fois dans une belle histoire d'amour, il y a aussi une belle histoire d'amitié.

Ma note : 9,5/10

Un petit film, une petite histoire d'amour, une B.O à tomber. J'adore ce film. Sans raison, ou presque.


Crimson Peak // Fascinant // (2015)

Edith Cushing, jeune romancière en herbe, vit avec son père dans l’État de New York. Elle possède le don de communiquer avec les âmes des défunts et reçoit un étrange message de l’au-delà : "Prends garde à Crimson Peak". Une marginale dans la bonne société de la ville de par sa fâcheuse "imagination", Edith est tiraillée entre deux prétendants: son ami d’enfance, le docteur Alan McMichael, et un intrigant baronnet anglais, Thomas Sharpe.
J’ai adoré ce film ! Plus qu’un film d’horreur, c’est un drame horrifique un peu gore sur la fin. L’atmosphère sombre et glauque du château délabré est une merveille, notamment grâce à un travail sur les décors (le manoir qui s’enfonce dans l’argile rouge qui suinte même des murs, avec sa toiture percée et son architecture gothique) et la lumière. Les fantômes ont une esthétique novatrice et superbe, un brin flippante mais pas trop. On frissonne pour l’héroïne, on sourit aussi de temps à autre parce que le scénario n’est pas dénué d’humour noir. Certes, le pot aux roses devient vite évident. Cependant, ce n’est pas ce qui compte car Del Toro s’intéresse surtout à ses personnages à leur psychologie, à leurs contradictions. Mia Wasikowska campe une jeune femme qui se veut moderne mais est éblouie par l’image du prince charmant. Son personnage est aussi courageux et ne passe pas son temps à hurler, ça c’est vraiment chouette. Elle est naïve mais évolue vers la maturité. Tom Hiddleston est magnétique en aristocrate désargenté pris en étau entre les deux femmes de sa vie. Jessica Chastain, à la fois vénéneuse et glaciale, convainc loin des autres rôles qu’elle a pu jouer, de même que Charlie Hunnam, impeccable, que j’ai mis un temps fou à reconnaître. La fin est émouvante. Un bel hommage au gothique anglais.

9,5/10

Sexy, d'une esthétique sublime, bourré de petits détails. Ce manoir qui suinte l'argile rouge...


Une promesse // Topissime // (2014)

Allemagne, 1912. Un jeune diplômé, d’origine modeste, devient le secrétaire particulier d’un homme âgé, patron d’une usine de sidérurgie. L’état de santé du patron se dégrade et lui impose de rester à domicile. Il y accueille le jeune homme pour travailler. L’épouse du patron est une femme de trente ans, belle et réservée. Le jeune homme s’éprend d’elle, sans oser révéler ses sentiments. Dans le huis-clos de la demeure, couve cette passion amoureuse, sans geste ni parole, tout en regards et en silences.
Ou comment l'ambition, les convenances, le devoir et le destin peuvent empêcher un amour inattendu. Inattendu parce que leurs conditions sociales, leurs âges, éloignaient la femme mariée fidèle et le jeune ingénieur ambitieux, parce que le mariage des Hoffmeister semblait heureux. La fin ne respecte pas celle du livre, c'est sans doute le seul reproche que je puisse faire à ce film brillant, car c'est un peu trahir le message de Zweig. C'est dommage mais cela n'ôte rien à la beauté du film. La mise en scène, classique, se concentre sur les visages. Le début, fait de scènes très brèves, peut déconcerter mais le spectateur est vite immergé dans cette maison bourgeoise, où l'on s'aime et souffre en silence. Chaque geste, chaque regard, chaque silence a un sens, une élégance cachée, une grâce. La reconstitution, les décors et les costumes sont bons, la musique excellente. Rebecca Hall, Richard Madden et Alan Rickman -impérial comme toujours- sont absolument parfaits, tout en subtilité, en réserve et pourtant expressifs. Certaines scènes sont saisissantes (la discussion commerciale pendant que Lotte joue, l'annonce du départ, la crise de nerfs de Lotte consolée par son mari).

9,5/10

Tout film avec Alan Rickman mérite mon attention et celui-là était si élégant. Surnoté ? Peut-être. M'en fiche, j'ai de l'affection pour ce film.


Miss Peregrine’s house for peculiar children // Magique // (2016)

À la mort de son grand-père, Jacob découvre les indices et l’existence d’un monde mystérieux qui le mène dans un lieu magique : la Maison de Miss Peregrine pour Enfants Particuliers. Mais le mystère et le danger s’amplifient quand il apprend à connaître les résidents, leurs étranges pouvoirs … et leurs puissants ennemis. Finalement, Jacob découvre que seule sa propre "particularité" peut sauver ses nouveaux amis.
Burton excelle dans l'opposition entre la normalité un peu morne, trop banale, et l'extraordinaire à la fois plus sombre et magnifique. On débute en Floride, dans un monde qui a l'air normal, avant de partir au Pays de Galles qui abrite une charmante vieille maison peuplée de gens étranges. Eva Green, sublime, campe une gouvernante à la fois inquiétante et protectrice. Asa Butterfield joue de façon convaincante le jeune héros qui se croit normal jusqu'à ce qu'il découvre la vérité sur sa famille. Ella Purnell, avec ses yeux immenses et une grâce qui sied parfaitement à sa particularité, apporte une touche de douceur et d'étrangeté. Ils sont secondés par l'inquiétant Samuel L. Jackson, la discrète Judi Dench, l'énergique Terence Stamp, et tous les enfants dotés de particularités, pour le moins... particulières (je ne précise pas pour préserver la surprise). Ils évoluent dans un univers parfaitement retranscrit entre horreur et ravissement, bourré de détails. Les effets spéciaux, toujours au service de l'intrigue, sont superbes. Le filme alterne entre scènes d'action efficaces et élégante mélancolie poétique. Au fond, ce que vivent ces enfants est assez triste, ils sont éternellement bloqués dans une boucle temporelle sans jamais grandir ni vivre leur propre vie. Les enfants sont tour à tour drôles et inquiétants, comme le scénario qui regorge de détails. J'ai relevé une toute petite incohérence technique mais je m'en fiche totalement tellement ce film est génial, généreux et visuellement épatant. Oui, ce film a sans doute des défauts, il ne permet notamment pas de développer beaucoup les personnages secondaires, contrairement au roman sans doute, mais il parvient à emporter le spectateur dans son univers onirique et bizarre. Tim Burton revient sur ses thèmes favoris, l'étrangeté, la transmission et l'acceptation, et c'est pour le mieux. L'un de ses meilleurs films. J'ai bien envie de lire le livre maintenant.

10/10

Magie, poésie, esthétique. Bourré de défauts, peut-être mais aussi et surtout de charme. J'ai acheté le livre mais je n'ai pas encore eu le temps de m'y mettre.


Toast // drôle, émouvant, savoureux // (2011)

Nigel adore sa mère, piètre cuisinière habituée des ratages culinaires -même les conserves- qui a un plat de remplacement tout trouvé : des toasts beurrés. Quant à son père, il crie pas mal mais ne semble pas avoir beaucoup d'amour à donner. A la mort de sa mère, Nigel dispute l'amour de son père à la bonne à coup de... bons petits plats.
Oscar Kennedy et Freddie Highmore se partagent avec brio le rôle du héros, un gamin adorable qui voudrait seulement que son père l'aime. Victoria Hamilton campe la mère aimante et déchirée par la douleur qu'elle sait que son fils va subir. Helena Bonham Carter distille une cruauté égoïste en incarnant l'abominable belle-mère au physique banal mais cuisinière hors pair qui pourrait aimer le gamin mais craint trop de perdre sa place dans le cœur du père, joué par l'excellent Ken Stott. Le scénario, accompagné par une très belle B.O, est simple mais inventif, un brin acide. Le film mêle habilement émotion et rire et donne faim en filmant la passion de la cuisine. La reconstitution des 60's est très belle. Il s'agit de l'une de ces petites merveilles découvertes par hasard alors qu'aucune promotion n'en a été faite.

Ma note : 10/10

Un autre petit film. Trop peu connu à mon humble avis. Un film généreux.


Anonymous // Magnifique, captivant, à voir // (2012)

Au cœur de l’Angleterre élisabéthaine, dans une époque agitée par l'éventualité d'une guerre de succession à la mort d'Elisabeth I, le comte d'Oxford, passionné par la poésie et de le théâtre, cherche un homme de paille prêt à prétendre être l'auteur de ses brillants écrits.
Le film propose une hypothèque très crédible et passionnante. La reconstitution de l'Angleterre de la reine Elisabeth I, précise et flamboyante, nous plonge dans cette époque tourmentée à l'ambiance lourde d'intrigues et de complots. Les acteurs (Rhys Ifans -intense, génial, émouvant-, Vanessa Redgrave, Joely Richardson, David Thewlis -méconnaissable-, Xavier Samuel, Sebastian Armesto, Rafe Spall, Edward Hogg, Jamie Campbell Bower) sont tous fantastiques. Les dialogues sont riches, le scénario excellent même si sa complexité autorise un second visionnage (chouette!). La musique accompagne efficacement le propos. C'est une tragédie shakespearienne en soi, l'émotion vous prend presque par surprise, insensiblement, sans qu'on comprenne comment, on est au bord des larmes. La thèse est-elle vraie ou non ? Au final, cela importe peu : d'une part, cela reste un film et donc un divertissement, d'autre part, on ne saura probablement jamais la vérité, cette théorie a toutefois le mérite d'exister.

10/10

Un film historique riche et brillant, porté par un casting impeccable et une superbe reconstitution.


J'essaierai de remanier ce Flops/Tops régulièrement pour le mettre à jour jusqu'à décembre 2019. Je vais essayer hein...