samedi 25 février 2017

Les performances 2016

C'est la saison des remises de prix : Golden globes, BAFTA, César, Oscars, etc... J'ai pensé que je pouvais aussi en décerner. Évidemment, mes choix sont subjectifs et personnels, à la limite de l'arbitraire. Les Prix 2016 concernent les quatre-vingt-quatorze films que j'ai vu cette année-là. Et honnêtement, je commence à avoir de la compassion pour les membres des différents jury parce que ce n'est pas évident de comparer deux performances. Voici selon moi les meilleures performances de 2016 et les gagnants de chaque catégorie.


Meilleure réalisateur :

Brian Helgeland pour Legend
Jeff Nichols pour Midnight special
Lars Kraume pour Der Staat gegen Fritz Bauer
François Ozon pour Frantz
Kenneth Lonnergan pour Manchester by the sea

Des six films nommés, Frantz est le plus parfait tant techniquement qu'artistiquement. Le pari du noir et blanc avec touches de couleurs était risqué mais largement gagné.

Meilleure actrice :

Jennifer Lawrence dans Joy
Cate Blanchett dans Carol
Meryl Streep dans Florence Foster Jenkins
Audrey Tautou, Mélanie Laurent et Bérénice Bejo dans Éternité
Virginie Efira dans Victoria
Amy Adams dans Arrival

La simple présence de Meryl Streep tue le match, non ? Sa palette de jeu est si large, si pleine de nuances...

Meilleur acteur :

Tom Hardy dans Legend
Guillaume Gallienne dans Éperdument
Bryan Cranston dans Dalton Trumbo
Pierre Niney dans Frantz
Gaspard Ulliel dans Juste la fin du monde
Casey Affleck dans Manchester by the sea,

Là, c'est compliqué de départager les trois favoris : Affleck, Niney, Ulliel. Les trois ont livré une grande performance. Je tranche en faveur d'Ulliel parce qu'il a dans ce film une élégance folle, celle de laisser presque toute la place à ses partenaires de jeu, déployant un jeu d'une grande finesse et d'une sobriété exemplaire.

Meilleure actrice dans un second rôle :

Blake Lively dans Café society
Margot Robbie dans Suicide squad
Paula Beer dans Frantz
Nathalie Baye dans Juste la fin du monde
Eva Green dans Miss Peregrine's house for peculiar children
Michelle Williams dans Manchester by the sea

La grâce lumineuse de Paula Beer éclaire le film. Mention spéciale pour Nathalie Baye tout de même qui a l'une des plus belles tirades de Juste la fin du monde et la sert impeccablement.

Meilleur acteur dans un second rôle :

Sylvester Stallone dans Creed : l'héritage de Rocky Balboa
John Goodman dans 10 Cloverfield lane
Sacha Baron Cohen dans Alice de l'autre côté du miroir
Hugh Grant dans Florence Foster Jenkins
Vincent Cassel dans Juste la fin du monde
Aaron Eckart dans Sully

Je crois que c'est l'un de ses meilleurs rôles. Hugh Grant rend son personnage attachant et même élégant, ce qui n'était pas forcément gagné.

Meilleure photographie :

Carol
Legend
Dernier train pour Busan
Frantz
Éternité
Arrival

Éternité est si beau, si lumineux. Il vante si bien la douceur de vivre, la beauté d'aimer. Tout le visuel est parfait.

Meilleur film d'animation :

Zootopie
Le monde de Dory
L'âge de glace : les lois de l'univers
Comme des bêtes
Vaiana, la légende du bout du monde

Drôle, peuplé de personnages attachants et doté d'une animation aux petits oignons, Le monde Dory était mon coup de cœur animé de l'année.

Meilleurs effets spéciaux :

Alice de l'autre côté du miroir
Peter et Elliott le dragon
Miss Peregrine's house for peculiar children
Doctor Strange
Les animaux fantastiques
Arrival

J'ai choisi Les animaux fantastiques parce que c'est grâce à ses effets spéciaux de qualité qu'il enveloppe le spectateur dans le monde des sorciers pour l'immerger immédiatement et totalement.

Meilleur scénario :

Der Staat gegen Fritz Bauer
Dalton Trumbo
Dernier train pour Busan
Frantz
Comancheria
Éternité
Manchester by the sea

C'est dur de choisir. Allez, Manchester by the sea pour son intelligence et l'émotion sincère qu'il provoque, mais Comancheria arrive juste derrière.

Meilleur film français :

Encore heureux
Retour chez ma mère
Un petit boulot
Frantz
Éternité
Cézanne et moi

26 films français sur 94 dont 16 comédies. M'apercevant que mes goûts me portent plutôt vers les films anglophones, j'ai décidé de créer une catégorie spéciale. A noter que les deux meilleurs films parmi ces nommés ont une composante étrangère. J'avais donné la même note à Frantz et Éternité, ainsi qu'à Encore heureux et Retour chez ma mère. Je n'ai pas retenu ces derniers car je n'y repense jamais, contrairement aux deux premiers. Ils m'ont beaucoup amusée sur le moment mais ils n'avaient pas la profondeur de Frantz ou d'Éternité. J'ai privilégié le film le plus optimiste, le plus tendre. Et sans doute le plus mésestimé par la critique.

vendredi 24 février 2017

Palmarès des César 2017

Présentée par Jérôme Commandeur, cette édition n'a pas de président mais met Jean-Paul Belmondo à l'honneur.
Comme souvent j'ai vu peu de films. Non parce qu'ils ne sont pas encore sortis mais parce que soit ils m'intéressaient pas, soit je les ai ratés. C'est le cas de Mal de pierres, Irréprochable et La danseuse notamment.

Meilleur film

Divines
Elle
Frantz
Les Innocentes
Ma Loute
Mal de pierres
Victoria

J'aurais aimé que Frantz reçoive ce prix. Tant pis pour moi.
Meilleur réalisateur

Houda Benyamina - Divines
Xavier Dolan - Juste la fin du monde
Bruno Dumont - Ma Loute
Anne Fontaine - Les Innocentes
Nicole Garcia - Mal de pierres
François Ozon - Frantz
Paul Verhoeven - Elle

J'en ai vu deux : Juste la fin du monde et Frantz. J'ai préféré le second mais le premier était très bien. Quoique déroutant, je l'ai trouvé beau.
Meilleure actrice

Judith Chemla - Une vie
Marion Cotillard - Mal de pierres
Virginie Efira - Victoria
Marina Foïs - Irréprochable
Isabelle Huppert - Elle
Sidse Babett Knudsen - La Fille de Brest
Soko - La Danseuse

Je n'ai vu que Victoria. Toutefois, Isabelle Huppert est toujours parfaite, non ?
Meilleur acteur

François Cluzet - Médecin de campagne
Pierre Deladonchamps - Le Fils de Jean
Nicolas Duvauchelle - Je ne suis pas un salaud
Fabrice Luchini - Ma loute
Pierre Niney - Frantz
Omar Sy - Chocolat
Gaspard Ulliel - Juste la fin du monde

Là encore, je n'ai vu que Juste la fin du monde et Frantz. Les deux acteurs principaux étaient irréprochables et très émouvants. Victoire méritée donc.
Meilleure actrice dans un second rôle

Nathalie Baye - Juste la fin du monde
Valeria Bruni Tedeschi - Ma Loute
Anne Consigny - Elle
Déborah Lukumuena - Divines
Mélanie Thierry - La Danseuse

Meilleur acteur dans un second rôle

Gabriel Arcand - Le Fils de Jean
Vincent Cassel - Juste la fin du monde
Vincent Lacoste - Victoria
Laurent Lafitte - Elle
Melvil Poupaud - Victoria
James Thierrée - Chocolat

Meilleur espoir féminin

Oulaya Amamra - Divines
Paula Beer - Frantz
Lily-Rose Depp - La Danseuse
Noémie Merlant - Le Ciel attendra
Raph - Ma Loute
Meilleur espoir masculin

Jonas Bloquet - Elle
Damien Bonnard - Rester vertical
Corentin Fila - Quand on a 17 ans
Kacey Mottet Klein - Quand on a 17 ans
Niels Schneider - Diamant noir
Meilleur premier film

Cigarettes et chocolat chaud
La Danseuse
Diamant noir
Divines - réalisé par Houda Benyamina et produit par Marc-Benoit Créancier
Rosalie Blum

Meilleur scénario original

Divines
L'Effet aquatique de Solveig Anspache et Jean-Luc Gaget
Les Innocentes
Ma Loute
Victoria

Meilleure adaptation

Elle
La Fille de Brest
Frantz
Ma vie de Courgette
Mal de pierres
Réparer les vivants

Meilleur film étranger

Baccalauréat - Roumanie
La Fille inconnue - Belgique
Juste la fin du monde - Canada
Aquarius - Brésil
Manchester by the Sea - Etats-Unis
Moi, Daniel Blake de Ken Loach - Grande-Bretagne
Toni Erdmann - Allemagne

Meilleurs costumes

La Danseuse
Frantz
Ma Loute
Mal de pierres
Une vie
Meilleurs décors

Chocolat
La Danseuse
Frantz
Ma Loute
Planétarium

Meilleur film d'animation

La Jeune fille sans mains
Ma vie de Courgette
La Tortue rouge

Meilleur court métrage d'animation

Café froid
Celui qui a deux âmes
Journal animé
Peripheria

Meilleur film documentaire

Dernières nouvelles du cosmos
Fuocoammare, par-délà Lampedusa
Merci patron !
Swagger
Voyage à travers le cinéma français

Meilleure musique

Anne Dudley - Elle
Sophie Hunger - Ma vie de Courgette
Ibrahim Maalouf - Dans les forêts de Sibérie
Philippe Rombi - Frantz
Gabriel Yared - Chocolat

Meilleur court métrage

Après Suzanne
Au bruit des clochettes
Chasse royale
Maman(s)
Vers la tendresse

Meilleure photographie

Elle
Frantz – Pascal Marti
Les Innocentes
Ma Loute
Mal de pierres
Meilleur montage

Divines
Elle
Frantz
Juste la fin du monde
Mal de pierres

Meilleur son

Chocolat
Elle
Frantz
Mal de pierres
L'Odyssée


César d'honneur
George Clooney

Hommage

Jean-Paul Belmondo longuement ovationné
 


Grands gagnants

Juste la fin du monde : 3 sur 6 dont deux principales
Divines : 3 sur 7
Ma vie de Courgette : 2 sur 3
Chocolat : 2 sur 5
Elle : 2 sur 11 mais les deux principales

Grands perdants

Frantz : 1 sur 11 et une récompense technique seulement, bien qu'amplement méritée tant ce film est beau
La Danseuse : 1 sur 6
Ma Loute : 0 sur 9
Mal de pierres : 0 sur 8
Victoria : 0 sur 5


mercredi 22 février 2017

Si j'étais un homme

Fraîchement divorcée, séparée de ses enfants une semaine sur deux, Jeanne ne veut plus jamais entendre parler des hommes. Mais un beau matin, elle se réveille avec un truc nouveau.
Si j'étais un homme propose une belle réflexion sur le genre. Qu'est-ce qui fait de vous une femme ou un homme ? L'occasion de mettre à bas quelques stéréotypes, d'interroger la femme et l'homme d'aujourd'hui. Jeanne est une mère qui a un peu oublié qu'elle était aussi une femme. Paradoxalement, avoir un attribut masculin va le lui rappeler. Sa meilleure amie Marcelle a quant à elle oublié que tous les hommes ne sont pas des connards. Son personnage aurait mérité d'être plus fouillé. Audrey Dana, au top, passe par toutes les émotions et on jubile avec elle. Elle a une façon très masculine d'être terriblement féminine qui n'appartient qu'à elle. Eric Elmosnino conserve son charme mais a déjà été plus à l'aise. Alice Bellaïdi déborde d'énergie et ses réactions à la limite de l'absurde sont hilarantes. Christian Clavier campe le gynéco complètement déstabilisé. Audrey Dana sait choisir sa musique : la B.O est géniale. Imany fait même une apparition musicale amicale. Les situations et les dialogues sont réellement drôles. C'est couillu mais pas vulgaire. Ça aurait pu être encore plus drôle mais certaines nuances auraient disparu. On en ressort gonflé à bloc et souriant.

8,5/10

John Wick chapter 2

John Wick est forcé de sortir de sa retraite volontaire par un de ses ex-associés. Parce qu’il est lié à cet homme par un serment, John se rend à Rome, où il va devoir affronter certains des tueurs les plus dangereux du monde.
Je n'ai pas vu le premier que j'avais raté à l'époque de sa sortie. Cependant, je n'ai pas eu de difficulté à entrer dans l'univers, par ailleurs sympa, qui est développé. J'ai sans doute manqué des allusions mais rien de significatif. J'ai trouvé très sympa l'univers des assassins très codifié avec ses pièces d'or, ses hôtels et leurs services tout à fait particuliers. Mine de rien, il y a beaucoup d'action entre combats à mains nues et gunfights. Ces derniers s'avèrent un peu répétitifs mais rien de grave. Je regrette plus une certaine outrance de certaines scènes. C'est ultra violent mais ça ne m'a pas gênée. Les cascades et les effets spéciaux sont bien réalisés bien que je n'ai pas entendu d'effets sonores aussi bruyants depuis longtemps. Keanu Reeves, toujours aussi élégant, toujours aussi sexy, toujours aussi en forme, rend son personnage attachant (le molosse aide).  Il est accompagné de bons seconds couteaux : Laurence Fishburne, Riccardo Scamarcio, Ian McShane, Lance Reddick et le seul rôle féminin, Ruby Rose. Le doublage en français est douteux quant à certains personnages : quelqu'un parle encore comme le mafieux du début ? Bon, niveau crédibilité, on repassera : certes Wick recharge ses flingues (c'est déjà ça) mais il encaisse sans cesse, sourcille à peine, bref est increvable. Bientôt une suite a priori.
7,5/10

dimanche 19 février 2017

Rock'n roll

Guillaume Canet, 42 ans, est épanoui jusqu'à ce qu'une jolie comédienne de 20 ans lui apprenne qu’il n’est pas très rock, qu’il ne l’a d’ailleurs jamais vraiment été, et pour l’achever, qu’il a beaucoup chuté dans la liste des acteurs qu’on aimerait bien se taper.
Je savais avant d'y aller que je prenais des risques mais on m'y a traînée. Dès les premières scènes, j'ai su que la séance serait une torture. Je n'ai jamais réussi à entrer dans le délire égotique de Canet en mode "je ne me prends pas au sérieux mais un peu quand même". De plus, vers le milieu, le film bifurque et sombre dans le bizarre -et moi dans l'ennui. Je trouve le personnage Guillaume pathétique en mode pauvre type qui ne veut rien comprendre et qui part tout seul en vrille. Marion Cotillard est plutôt drôle en actrice jusqu'au-boutiste en perpétuelle recherche de rôle bizarre à oscar ou césar. Johnny et Laeticia sont aussi amusants. Les autres sont assez inintéressants, même Lellouche que j'apprécie a l'air de se demander ce qu'il fout là. La dernière scène en forme de générique est assez marrante. Je me suis surprise à sourire mais à contrecœur. C'est lourd, c'est gras et pire que tout sans saveur, à l'exception de quelques répliques percutantes. Est-ce qu'il est question du jeunisme au cinéma et de la crise de la quarantaine ? Oui. Est-ce que ça m'a intéressée ? Non. J'avais hâte que ça finisse ! 2h d'ego trip entre copains, il fallait faire un film de vacances.

2,5/10