jeudi 9 mars 2017

Kong : Skull Island

Un groupe d'explorateurs s'aventure au cœur d'une île inconnue du Pacifique, aussi belle que dangereuse. Ils ne savent pas encore qu'ils viennent de pénétrer sur le territoire de Kong… 
Voici un film d'aventures à la Jules Verne avec des explorateurs stéréotypés, certains sont très sympathiques, d'autres beaucoup moins. Dans de superbes paysages et avec de beaux effets spéciaux (j'adore le design des rampants), nos héros crapahutent dans la jungle, de péril en péril. Kong est assez réaliste, sorte de dieu mythologique protecteur. Tom Hiddleston, Brie Larson et John C. Reilly proposent des personnages attachants alors que Samuel L.Jackson campe le sale type qu'on adore haïr. Un peu de profondeur n'aurait pas été de trop, surtout avec des acteurs d'une telle qualité. Le scénario est aussi classique que la réalisation mais le tout est mené tambour battant sur une B.O ultra énergique des années 60-70, et avec humour. Très divertissant, ce film pop-corn critique sévèrement la tendance des Américains à tirer d'abord et réfléchir ensuite. Les allusions, plus ou moins directes, à la guerre du Vietnam ne sont pas tendres non plus ; les références aux films portant sur ce sujet parsèment ce prequel divertissant.
7/10

mercredi 8 mars 2017

Miss Sloane

Elizabeth Sloane est une femme d’influence brillante et sans scrupules qui opère dans les coulisses de Washington. Face au plus grand défi de sa carrière, elle va redoubler de manigances et manipulations pour atteindre une victoire éclatante ou une défaite totale.  
 Miss Sloane est un film aussi intelligent et retors que son héroïne, ou plutôt anti-héroïne. Car Elizabeth est une femme aussi brillante que glaciale. Elle ne sait pas exprimer le peu d'émotions qu'elle ressent, ne montre jamais ses failles, s'avère un bourreau de travail qui contrôle tout et n'aime rien tant que gagner. Une piste est très brièvement évoquée pour expliquer son comportement mais aussitôt abandonnée, ce qui est dommage et frustrant pour le spectateur qui voudrait comprendre. Cela dit, cela n'enlève rien à la mécanique complexe du scénario qui n'hésite pas à nous balader. Jessica Chastain est époustouflante, dans la maîtrise comme dans les rares moments de doute. Le casting est plutôt au diapason mais elle illumine l'écran. Ses tenues sont superbes. L'intrigue est très bien construite mais je l'ai vue venir avant la fin qui n'éclaire pas toutes les zones d'ombre créées. Ce n'est pas grave parce que c'est un régal de voir cette femme manipuler la terre entière en prévoyant ses coups des années-lumière à l'avance. Portrait d'une femme exceptionnelle, le film critique la culture des armes aux États-Unis et le système politique livré aux lobbyistes de tout poil sans oublier de maintenir la tension. Est-ce que le film est volubile ? Oui, mais les dialogues sont ciselés et tout le monde sait que la politique, ce n'est que du blabla. Savoureux.
 
8,5/10

Hidden figures

Le destin de trois scientifiques afro-américaines, Katherine Johnson, Dorothy Vaughn et Mary Jackson, qui ont permis aux États-Unis de prendre la tête de la conquête spatiale, grâce à la mise en orbite de l’astronaute John Glenn. Maintenues dans l’ombre de leurs collègues masculins et blancs, leur histoire est restée longtemps méconnue. 
Le film, à la réalisation classique et lisse, se concentre sur trois scientifiques ayant réellement existé, trois femmes noires extrêmement brillantes dans un monde d'hommes blancs, à une époque pendant laquelle personne ne voulait les entendre et encore moins les écouter. A cet égard, certaines scènes d'humiliation sont terribles par leur banalité et leur violence silencieuse. Heureusement, quelques hommes s'intéressent plus aux capacités techniques qu'à leurs certitudes machistes et/ou racistes. A ce sujet, le scénario, néanmoins soigné et parfois drôle, aurait pu être plus incisif (mais bon, ce n'est pas un film purement politique). Par son côté conquête, tant de l'espace que des droits, il est exaltant. D'ailleurs la seule scène de véritable révolte est très émouvante. Le casting a été soigné. Taraji P. Henson, Octavia Spencer et Janelle Monae sont exceptionnelles, mélange de résignation, de courage et de détermination. Kristen Dunst campe avec le talent qu'on lui connaît une femme qui se donne bonne conscience mais est loin d'être aussi progressiste que les personnages du sobre Kevin Costner et du charmant Glen Powell. La B.O sixties, au top, accompagne une reconstitution impeccable qui recoupe naissance de l'informatique moderne et conquête de l'espace ambiance guerre froide. Jamais ennuyeux, le film mêle dans un savant équilibre l'intime, le professionnel et la grande histoire. Un film qui fait réfléchir sur l'actualité autant qu'il évoque un passé pas vraiment révolu.
9/10

dimanche 5 mars 2017

Logan

En 2029, Logan, malade, s’occupe du Professeur Xavier, souffrant, dans un lieu gardé secret à la frontière Mexicaine. Mais leur retraite est menacée par les hommes de main d'une société menant de terribles expérimentations.
Le dernier Wolverine avec Hugh Jackman est crépusculaire, assez radical, presque un western. Il s'agit d'une course poursuite désertique autant que d'un lent passage de flambeau entre générations. Le vieux loup est fatigué, le professeur a le cerveau en vrac, ils ont besoin de nouveaux horizons. Si j'ai trouvé le professeur Xavier un peu trop vindicatif, le vieillissement d'un Logan plein de rage mais très affaibli est crédible. Patrick Stewart et Hugh Jackman sont excellents pour leur dernier tour de piste. Dafne Keen campe avec justesse la petite sauvageonne. Boyd Holbrook est un sociopathe convaincant mais manque d'ampleur. Le manque d'approfondissement des personnages secondaires laisse un peu sur le spectateur sur sa faim. Le rythme se maintient sur toute la longueur, alternant scènes d'action ultra violente mais bien fichue et scènes plus intimistes dont certaines sont émouvantes. Le scénario en lui-même reprend les vieilles ficelles sans innover et manque du célèbre humour de Wolverine. J'espère que les zones d'ombre qu'il contient trouveront un éclairage dans un prochain film. Tendu, le film offre un beau final à Wolverine bien que son ton s'inscrive mal dans la continuité des deux précédents comme des deux sagas X-men, d'ailleurs il n'y a pas de scène post-générique. 
8/10