samedi 1 avril 2017

Pris de court

Nathalie est joaillère et vient de s’installer à Paris pour un nouveau travail et une nouvelle vie avec ses deux fils. Mais la direction de la bijouterie change soudainement d’avis et lui annonce que le poste ne sera pas pour elle. Nathalie veut protéger ses enfants et décide de ne rien leur dire. L’engrenage commence… 
Bon je ne savais pas trop à quoi m'attendre. Je suis déçue quand même. Quelque chose dans ce film ne fonctionne pas. D'une part, il se scinde en deux au niveau du genre comme du scénario : d'abord drame socio-familial finalement sous-exploité avec ado qui fait sa crise en ayant un comportement dangereux et une mère dépassée, puis thriller vaguement tendu qui ne décolle jamais totalement. Je le voyais centré sur le personnage de la mère alors que l'on suit autant sinon plus son aîné, oubliant le synopsis de départ sans en exploiter le potentiel. D'autre part, sans être ennuyeux, il manque de rythme, et je déteste ne pas savoir un minimum où je vais. Là j'ai eu l'impression que la réalisatrice ne savait pas non plus. Du coup Virginie Efira est plutôt bonne, jouant sur une large palette d'émotions, toutefois son personnage n'est guère attachant (et n'a que 4 petits hauts -quand on en arrive à remarquer cela, c'est qu'il y a un truc). Gilbert Melki ou un autre, ça aurait été pareil tant le personnage est peu développé et caricatural. Heureusement, c'est plutôt le genre reptile à sang froid que petite brute gueularde. Renan Prévot s'en sort bien, on sent le talent en développement, mais que ce jeune Paul est agaçant ! C'est un ado, je sais, mais quand même. Quant aux décors, ils semblent terriblement ternes, comme si un filtre grisâtre avait été appliqué. tout ici est morne. Le parti pris d'un certain réalisme et de l'absence d’esbroufe s'avère intelligent, bien vu, quoiqu'il puisse désarçonner. La fin ne m'a pas convaincue. Je la trouve profondément dérangeante d'un point de vue moral -et pourtant je suis ouverte. Je ne me suis pas vraiment ennuyée mais le scénario ne m'a pas captivée non plus, pas plus que le destin des personnages. Que c'est plat !
4/10

jeudi 30 mars 2017

Telle mère, telle fille

Inséparables, Avril et sa mère, Mado, ne peuvent pourtant pas être plus différentes. Avril, 30 ans, est mariée, salariée et organisée à l'inverse de sa mère, éternelle ado insouciante et délurée qui vit aux crochets de sa fille depuis son divorce. Mais quand les deux femmes se retrouvent enceintes en même temps et sous le même toit, le clash est inévitable. 
Le clash est inévitable et bienvenu ! En effet, on se demande comment Avril a pu supporter sa mère aussi longtemps (sans parler de son mari, Louis) tellement celle-ci est hors contrôle : elle fait et dit n'importe quoi à toute heure du jour ou de la nuit. Du coup, le pitch de départ est poussé si loin qu'il perd en crédibilité et le personnage de Mado donne des envies de meurtre. C'est fou ce que ma mère a l'air normal en comparaison. Juliette Binoche semble s'amuser à jouer les presque quinqua refusant de grandir qui partage une relation aussi fusionnelle que conflictuelle avec sa fille campée par Camille Cottin. Cette dernière (un peu âgée pour prétendre les 30 ans, non ?) joue bien la fille qui voudrait que sa mère devienne enfin adulte et s'empêche de vivre parce qu'il faut bien que l'une d'elles soit responsable. Ça fait du bien à tout le monde quand elle se lâche enfin. Lambert Wilson, séduisant, joue aussi agréablement le père que l'amant. Certaines répliques sont hilarantes mais d'autres blagues sont carrément lourdingues et tombent à plat. Le scénario manque d'épaisseur et de finesse, toutefois il amène un regard positif sur la maternité qui émancipe, qui fait grandir et qui émerveille. C'est léger, un brin poussif, sans conséquence et tout à fait oubliable.

5,5/10

Baby Boss

C'est toujours un choc de voir ses parents rentrer à la maison avec un bébé – surtout quand il porte une cravate, qu’il se balade avec un attaché-case et qu’il a la voix d’un quinquagénaire. Si Tim, 7 ans, ne voit pas d’un très bon œil ce « Baby Boss » débarquer chez lui, il découvre qu’il a en réalité affaire à un espion chargé d'accomplir une mission ultra secrète…
S'il manque d'enjeux -clairement le partage de l'amour avec les chiots trop mignons est un prétexte et cette intrigue secondaire, bâclée, vire un peu au n'importe quoi-, le film a le mérite d'évoquer intelligemment l'arrivée d'un deuxième enfant dans une famille et ce du point de vue de son aîné. Ce dernier craint d'être abandonné et moins aimé par ses parents débordés. L'affrontement entre les deux frères, truculent, s'avère trop court. Je crains que les plus petits soient un peu perdus dans l'intrigue qui mêle réel et imagination du gamin. Cet animé, au design sympathique, coloré et débordant de mignonneries, ne brille pas par son originalité et fait rarement rire au final, d'autant que la plupart des moments vraiment drôles étaient dans la bande-annonce. Cependant, on sourit très souvent des facéties de cet étrange bébé et de son grand-frère. Quelques scènes sont plutôt émouvantes, on se laisse prendre finalement. J'ai apprécié les références cinématographiques et le sous-texte plus adulte destinés aux spectateurs plus âgés, telle la critique de la vie en entreprise ou les allusions rigolotes. Évidemment, les bébés sont trop mignons !

7/10

dimanche 26 mars 2017

La Belle et la Bête

Fin du XVIIIème siècle, dans un petit village français. Belle, jeune fille rêveuse et passionnée de littérature, vit avec son père, un vieil inventeur de jouets. S'étant perdu dans la forêt, ce dernier se réfugie au château de la Bête, qui le jette au cachot. Belle offre de prendre sa place, ignorant que sous le masque du monstre se cache un Prince Charmant objet d'une malédiction.

Le dessin animé des années 90 est un classique, c'est l'un de mes animés Disney préférés.Autant dire que j'attendais beaucoup de cette version "live". J'ai eu du mal à rentrer dedans mais au final, je ne suis pas déçue. Très fidèle à l'original (quasi copier-coller revendiqué), le film ajoute des détails, gomme des invraisemblances et ajoute une erreur de montage (le pain au début). On retrouve tous les personnages qu'on aime, ou qu'on aime détester. Emma Watson campe une Belle pleine de charme et de vitalité. Elle a su s'approprier le rôle avec le talent qu'on lui connaît. Dan Stevens joue la Bête avec ce qu'il faut de brusquerie bien que son apparence soit plutôt mignonne avec ses deux petites quenottes qui dépassent. Luke Evans hérite avec bonheur de Gaston, personnage ridicule qu'il rend inquiétant. Josh Gad prend beaucoup de place, a choisi un angle très trouble mais amène beaucoup d'humour. Je regrette de ne pas avoir bénéficié de la V.O car le reste du casting, par ailleurs exceptionnel, est en grande partie perdue pour moi. Je ne comprends pas pourquoi les chansons au moins n'étaient pas en V.O.S.T. De surcroît, la V.F est affreuse. L'animation des objets les rend attachant. Les chansons originales sont conservées, de nouvelles sont ajoutées. Je préfère toujours les premières, les nouvelles s'avérant assez inoffensives. La scène du dîner est extraordinaire, elle a dû demander un travail dingue, de même que la bataille, très drôle. De façon générale, les effets spéciaux de qualité permettent de s'immerger dans le monde superbe de cette France un rien fantasmée dans laquelle une jeune fille peut visiblement se balader en corset et jupon ou avec la robe relevée. Le design du château est absolument magnifique, tout à fait féerique, avec une mention spéciale au perron et à la bibliothèque. Cette ode à l'amour, à la liberté, à l'acceptation de la différence et à la littérature, qui a le mérite de montrer le résultat désastreux de l'effet de groupe, émerveille le public de petits et grands.

 8,5/10
 Oui, j'ai un peu exagéré avec les affiches mais elles sont si jolies !