jeudi 13 avril 2017

Corporate

Emilie Tesson-Hansen est une jeune et brillante gestionnaire des Ressources Humaines chargée de dégraisser les effectifs. Suite à un suicide dans son entreprise, une enquête est ouverte. En première ligne, elle doit faire face à la pression de l’inspectrice du travail, mais aussi à sa hiérarchie qui menace de la lâcher. Emilie est bien décidée à sauver sa peau. Jusqu’où restera-t-elle corporate ? 
 Corporate c'est l'histoire d'une femme peu sympathique qui a une prise de conscience tardive, trop tardive. Car oui, certaines méthodes de management sont destructrices, mènent au burn-out, au bore-out ou au brown out -ou pire- et confinent au harcèlement moral. En cela, le film n'apprend rien, on sait que de telles méthodes existent. A peine sont-elles légèrement développées face à une inspectrice du travail (intéressante Violaine Fumeau) qui a l'air de tomber de l'arbre alors qu'elle aurait dû comprendre depuis longtemps. Ce sont les conséquences qui intéressent Silhol, le dilemme moral. Faut-il tout dénoncer ? Et pour quelle raison ? Céline Salette joue la GRH passive-agressive antipathique au possible qui semble ignorer l'existence des ruptures négociées puisqu'elles ne sont jamais ne serait-ce que citées. Elle est aussi glaciale que le film est sec. D'ailleurs, son retournement convainc mal. Lambert Wilson campe le salaud utile, celui qui se ment à lui-même autant qu'aux autres. Stéphane de Groodt, sous-utilisé, amène un peu d'humanité, de même que Charlie Anson, le charmant mari dont on se demande comment il a pu épouser une telle femme. Les personnages sont désincarnés -c'est sûrement volontaire mais déroutant- : ils n'ont pas de passé, pas de vie privée, pas de passions ou de hobbies, ils n'existent qu'à travers leurs rapports avec Emilie, c'est mince. Certains médias classent le film en thriller, c'est exagéré. Je qualifierais plutôt le film de social et tendu. Il aurait gagné en force si certaines scènes de transition sans objet avaient été coupées au montage. La fin n'est guère crédible mais tout à fait jouissive. Finalement, le film manque de chair, de chaleur, il est trop théorique, trop abstrait pour plaire.
6/10

mercredi 12 avril 2017

Fast and Furious 8

Dom et Letty sont en lune de miel, Brian et Mia se sont rangés et le reste de l’équipe a été disculpé. Quand une mystérieuse femme entraîne Dom dans le monde de la criminalité, ce dernier ne pourra éviter de trahir ses proches qui vont faire face à des épreuves qu’ils n’avaient jamais rencontrées jusqu’alors. 
 
Avant que j'oublie, pas de scène post-générique, inutile d'attendre. Ensuite, bienvenue au pays des gens increvables, toujours jeunes, toujours minces, jamais sérieusement blessées. Comme pour les précédents opus de la franchise, inutile d'emmener son cerveau au ciné, vous n'en aurez pas besoin. L'esprit de famille qui en est le cœur se trouve au centre de ce 8ème épisode qui offre encore plus de voitures et même... un sous-marin. Si, si. La première course est juste géniale, les suivantes sont aussi bien faites. Celle des voitures-zombies s'avère aussi bluffante que grandiloquente. Effets spéciaux et explosions à gogo, Vin Diesel, de plus en plus impassible, et ses amis n'ont peur de rien, ni du ridicule, ni de l'invraisemblable. Tyrese Gibson est toujours aussi horripilant, si son personnage pouvait se crasher... Charlize Theron s'éclate à jouer la méchante avec les dread locks les plus fins que j'ai jamais vus. Les motivations de son personnage frôlent l'inexistence quand même. Helen Mirren fait une apparition mais il y avait mieux à faire avec une actrice pareille. On un un nouveau flic un peu coincé, incarné par le charmant Scott Eastwood. D'anciens ennemis reviennent aussi, pour le plus grand plaisir du spectateur. Le film est drôle bien que certaines blagues manquent cruellement de finesse. Enfin Vin Diesel + Dwayne Johnson + Jason Statham ne peut être égal à finesse. On savait que ce serait bourrin, on ne peut être déçu. De l'action grandiose, un scénario très mince, de la famille, des tas de belles bagnoles malmenées, de la castagne, de la testostérone : un divertissement crétin assumé. Réjouissant.
7/10

lundi 10 avril 2017

Ghost in the shell

Dans un futur proche, le Major est unique en son genre : cerveau humain et corps cybernétique. Face à une nouvelle menace qui permet de pirater et de contrôler les esprits, elle est la seule à pouvoir la combattre. 
Je connais un peu l'histoire et je me souviens vaguement de l'animé que j'ai vu il y a longtemps à la télévision. Tout ça pour dire que je ne suis pas une spécialiste du manga de départ, loin de là. Visuellement, le film est soigné avec une ambiance bleutée et des décors plus ou moins futuristes. J'ai trouvé les visuels de la ville, réalisés par ordinateur, trop nombreux et sans objet, ils servaient presque de transition entre les scènes. Sur le fond, j'ai l'impression que le propos est simplifié, prémâché pour que le spectateur ne réfléchisse pas trop. C'est dommage parce que les interrogations sur la préservation de la vie privée et l'évolution de la technologie, tout à fait d'actualité, avaient un intérêt certain. 
Les personnages secondaires sont inexistants, à part Batou et Aramaki, esquissés, et Kuze découvert en creux. Le major, quoiqu'au centre du film, aurait mérité une personnalité plus fouillée. Ce sont les hommes qui l'entourent qui lui donnent un peu de profondeur à travers leurs relations. Et puis ce méchant caricatural et déjà-vu mille fois, quel intérêt de l'ajouter ? Si Scarlett Johansson est un choix contestable, il faut admettre que c'est une bonne actrice à la plastique irréprochable malgré un personnage aussi glacé que la lumière. Pilou Asbæk, Takeshi Kitano et Michael Pitt jouent bien et apportent une touche d'humanité. Le design des robots et des parties robotiques sont bien fichus, mis en valeur par les effets spéciaux qui ponctuent également les scènes d'action émaillant le film. La faute au scénario ou au personnage du Major, je n'étais pas captivée par son sort. Le film n'offre ni émotion ni charme, seulement un divertissement formaté sympathique. Je m'interroge sur l'intérêt de conserver le terme de "ghost". Pourquoi ne pas employer une traduction puisque "ghost" n'est lui-même qu'une traduction du japonnais ?

6/10