mardi 18 avril 2017

Alice in Wonderland

Revenons en 2010 pour un très joli film fantastique.
Alice, 19 ans, ne tient pas à respecter les conventions de l'Angleterre corsetée de la fin XIX. La voilà de nouveau à la poursuite d'un lapin blanc en gilet. De retour à Wonderland, Alice -mais est-ce la bonne ?- doit tuer une mystérieuse créature pour mettre fin au règne de la reine rouge. 
Récit initiatique et métaphorique racontant les aventures d'une adolescente qui devient femme et admet son grain de folie. On semble un peu loin de Lewis Carol mais l'adaptation est réussie. Mia Wasikowska campe une Alice crédible même si elle est encore un peu lisse. Johnny Depp, en chapelier aussi déjanté que tragique, fait passer presque toute l'émotion du film. Helena Bonham Carter, en reine rouge cruelle, capricieuse (hystérique ?) mais aussi amoureuse et Anne Hathaway, en reine blanche -avec, de façon inexplicable, les bras perpétuellement en l'air- pas si gentille ni si naïve que ça sont très drôles. Quant à Crispin Glover, il est vraiment flippant. L'univers visuel, magnifique, burtonien à souhait, s'avère aussi riche qu'inventif, sans parler des costumes et des maquillages, dingues, esthétiques et colorés. La 3D qui, certes, n'apporte rien au film et fatigue un peu les yeux, sert les paysages en leur donnant de la profondeur et de la magie. Le film est bourré d'effets spéciaux réussis. Il y a des sous-entendus bien loin de l'apparence un peu lisse du film : les trois personnages principaux du pays des merveilles sont très ambigus. D'ailleurs, le film est à la fois incroyablement joyeux et follement mélancolique. Un vrai défaut ? Burton aurait pu -et dû- pousser le délire, la folie, la poésie et l'étrangeté plus loin avec un peu moins de numérique. 
8,5/10



dimanche 16 avril 2017

C'est beau la vie quand on y pense

Loïc Le Tallec ne s’est jamais vraiment occupé de son fils aujourd'hui décédé. Il retrouve celui qui vit désormais avec son cœur, Hugo, un jeune que ce cœur tout neuf rend totalement déraisonnable et incontrôlable. Leur rencontre promet d'être explosive. 
Comme je m'y attendais, c'est de la guimauve française, prévisible, dégoulinante de bons sentiments, de lieux communs et de clichés.  Ceci étant dit, comme j'y étais préparée, je ne pouvais pas être déçue sur ce point : un joli petit film sans prétention qui parle de relations humaines. Deux solitudes se rencontrent et s'apprivoisent peu à peu, se redonnant goût à la vie. Gérard Jugnot joue assez élégamment le père en quête de fils et de rédemption mais François Deblock ne s'avère pas toujours à la hauteur, j'ai trouvé qu'il manquait de naturel. Isabelle Mergault et Gaïa Weiss campent les adjuvants féminins, atouts charme selon l'âge du spectateur. Les deux apparitions d'Arthur Jugnot, hilarantes, ressemblent un petit délire familial peu crédible mais fun et sympathique. Il aurait d'ailleurs pu être multiplié pour devenir un véritable running gag. J'ai beaucoup souri et un peu ri, l'humour fonctionne globalement bien. en revanche, l'émotion prend plus difficilement. J'ai remarqué les moments au cours desquels j'aurais dû être émue mais je ne l'étais pas vraiment. Optimiste, Jugnot veut croire aux deuxièmes chances. C'est bien, mais ça ne suffit pas à faire un bon film. Il aurait fallu une pointe d'originalité, de nouveauté voire d'innovation. Or ici, on assiste à une comédie sympathique mais déjà datée. Avec le recul (1h ça compte), j'ai l'impression d'avoir profité de la re-sortie d'une vieille comédie des années 80 déjà vue à la télé mais réconfortante.
 
5,5/10