samedi 3 juin 2017

Anastasia

Saint-Pétersbourg, 1917. L'impératrice Marie et sa petite fille Anastasia, sauvées du funeste sort réservé à la famille impériale par la révolution,sont séparées dans leur fuite. Dix ans après la chute des Romanov, une rumeur persistante se propage : la fille cadette de l'empereur serait encore en vie... 
Anastasia est sorti en 1997 quand j'étais enfant et ressort cette année au cinéma pour mon plus grand plaisir. Je ne me souviens pas de l'avoir vu au cinéma mais je me souviens de l'avoir revu à plusieurs reprises à la télévision. 
L'animation est typique des années 90, pas de numérique évidemment -ça fait du bien aussi-et moins de mouvement et de détails qu'un Miyasaki. Et pourtant, elle conserve son charme des années après. Même si ce n'est pas un Disney, le spectateur a droit quelques numéros musicaux plutôt réussis, d'autant que l'ensemble de la B.O est très soignée. J'avoue que Loin du froid de décembre m'émeut toujours autant. J'ai redécouvert Au plus noir de la nuit qui est géniale. Côté voix, on retrouve des doubleurs connus, si bien que Raspoutine a la voix du génie d'Aladin, ce qui peut troubler au début. L'histoire, qui s'écarte largement de la Grande Histoire, jeune public oblige, nous emporte entre Saint-Pétersbourg et Paris, entre misère et faste. Car si Anastasia regorge de scènes comiques, c'est aussi un animé mélancolique qui porte une grande tristesse et traite des liens familiaux et de l'absence. Anastasia et Dimitri, héros pleins de caractère, sont aussi agaçants que charmants, tout à fait attachants. La grande-duchesse Marie a une élégance folle. Raspoutine est un méchant très méchant, carrément cinglé et grand guignolesque. Je m'interroge sur son utilité. Approfondir le scénario de l'arnaque aurait pu suffire mais le public visé aurait peut-être changé. J'ai beau avoir conscience que cet animé est plein de nombreux défauts, je l'adore. Ce sont mes yeux d'enfant émerveillée par la beauté des images qui parlent.

8,5/10

mercredi 31 mai 2017

Conspiracy (Unlocked en V.O)

Ex-interrogatrice de la CIA, Alice Racine est rappelée pour interroger un messager sensé transmettre un ordre d'attaque terroriste. Elle réalise rapidement que l’agence a été infiltrée.
Encore un titre anglais différent de l'original ! Passons sur l'inutilité de ce genre de choix marketing. Cela dit, Conspiracy est une bonne série B. Même si le coupable est vite découvert -du moins en ce qui me concerne- l'intrigue s'avère plaisante, agréable à suivre. Les motivations dudit coupable sont vaseuses, d'ailleurs ses explications fumeuses sont interrompues par des tirs. Marqué par les récents attentats, le scénario est tortueux à souhait. Noomi Rapace campe un agent secret à la fois crédule -elle fait confiance à n'importe qui, vraiment- et intelligent. Elle est douée pour les scènes d'action, de même qu'Orlando Bloom, à contre-emploi, dont le personnage assez charismatique aurait mérité plus de développements. Toni Collette, John Malkovich et Michael Douglas complètent ce casting alléchant. L'action, filmée de façon visible, est plutôt sèche et tout à fait efficace. Sans être original, le film remplit son office : il divertit (et en plus, il donne des rôles forts à des femmes, ça change).
7/10

dimanche 28 mai 2017

Le palmarès du festival de Cannes 2017

Le 70e Festival de Cannes 2017 a dévoilé ce dimanche 28 mai son palmarès, décerné par le jury présidé par Pedro Almodovar lors d'une soirée animée par Monica Bellucci.

Palme d'or du long métrage :  The Square de Ruben Östlund 

Grand prix : 120 battements par minute de Robin Campillo 

Prix d'interprétation féminine :  Diane Kruger pour In the Fade

Prix d'interprétation masculine : Joaquin Phoenix pour You Were Never Really Here 

Prix de la mise en scène : Sofia Coppola pour Les Proies

Prix du jury : Faute d'amour (Loveless) d'Andreï Zviaguintsev

Prix du scénario (ex-æquo) : Yórgos Lánthimos pour Mise à mort du cerf sacré (The Killing of A Sacred Deer)et Lynne Ramsay pour You Were Never Really Here 

Prix spécial anniversaire pour les 70 ans du festival : Nicole Kidman pour l'ensemble de son œuvre

Palme d'or du court métrage : Une nuit douce (Xiao Cheng Er Yue) de Yang Qiu 

Mention spéciale pour un court-métrage : Le Plafond (Katto) de Teppo Airaksinen 

Caméra d'or : Jeune Femme de Léonor Serraille

Pirates des Caraïbes : la vengeance de Salazar

Le terrifiant Capitaine Salazar, s’échappe du Triangle du Diable pour anéantir tous les flibustiers écumant les flots… Sparrow compris ! Le seul espoir de survie du Capitaine Jack est de retrouver le légendaire Trident de Poséidon, qui donne à celui qui le détient tout pouvoir sur les mers et les océans.
Retour de Jack Sparrow, encore. Ivre, la plupart du temps, à l'Ouest le reste du temps. Johnny Depp en fait des tonnes, encore. Son personnage me séduit de moins en moins. Sparrow est complètement passif, aucun plan n'émerge de son esprit brumeux. Salazar était plutôt intéressant jusqu'à ce qu'une incohérence rende ce personnage manichéen au possible, dommage. Javier Bardem s'avère convaincant en navigateur assoiffé de vengeance. Henry Turner, Carine Smyth et Barbarossa sont plus attachants. Brenton Thwaites et Kaya Scodelario s'en sortent bien et Geoffrey Rush amène sa prestance et son talent. J'aime l'idée de boucler la boucle de la première trilogie mais le scénario s'embrouille à certains moments, tout en étant construit sur le même moule que le premier opus, avec double dose de fantastique et demi-ration de piraterie. La leçon du précédent a été retenue et le spectateur a son comptant de batailles navales et de combats, assaisonné d'effets spéciaux réussis. L'humour, toujours au rendez-vous, amuse mais le côté grand guignolesque peut aussi agacer, d'ailleurs il agace. Le divertissement, bien qu'il s'étire en longueur, fonctionne. Au cinéma, c'est plaisant, mais le film sera oublié demain.
6,5/10