jeudi 8 juin 2017

Wonder Woman

Diana, princesse des Amazones voit un jour un pilote américain s'écraser sur l'île paradisiaque où elle vit, à l'abri du monde. Lorsqu'il lui raconte qu'une guerre terrible fait rage, Diana quitte son havre de paix, convaincue qu'elle doit enrayer la menace. 
Après le semi échec de Suicide Squad (que j'avais bien aimé), et le passablement ennuyeux Batman vs Superman, DC Comics revient avec l'une de ses principales héroïnes : Wonder Woman, Diana Prince. Réalisé par une femme, Patty Jenkins, le film, féministe, constitue le juste mélange entre action et émotion. Il met en valeur la sublime Gal Gadot qui met ce qu'il faut de passion et de naïveté dans son personnage de guerrière hors du temps. Si elle joue de ses charmes, elle n'y est pas réduite. Wonder Woman en a sous le pied et n'a rien a envier à ses collègues masculins. Chris Pine est décidément de plus en plus séduisant. David Thewlis est parfait, même avec une moustache, bien que ce ne soit pas l'acteur que j'aurais choisi pour le rôle. Robin Wright campe une guerrière puissante et sexy. Les costumes sont réussis, de même que les deux univers -l'île et la 1ère Guerre Mondiale. Les effets spéciaux magnifient l'action, plutôt inventive visuellement qui s'insère bien dans un scénario légèrement ponctué d'humour. Dommage qu'il lorgne aussi fort sur celui de Captain America. Comme c'est un film de super-héros qui propose de fait une histoire alternative, il faut passer sur les raccourcis et erreurs historiques. Le film aurait pu être plus court d'un quart d'heure pour resserrer l'action. Spectaculaire et délicieusement baba cool : faites l'amour pas la guerre.
8,5/10 
 

HHhH

L’ascension fulgurante de Reinhard Heydrich, bras droit d’Himmler et chef de la Gestapo, architecte de la Solution Finale. Jan Kubis et Jozef Gabcik, soldats, se sont engagés dans la Résistance pour libérer leur pays de l’occupation allemande. Ils se sont portés volontaires pour accomplir l’une des missions secrètes les plus importantes, et l’une des plus risquées aussi : éliminer Heydrich.
HHhH signifie "Himmlers Hirn heißt Heydrich", littéralement "Le cerveau d'Himmler s'appelle Heydrich" : le surnom dont les SS avaient affublé Heydrich. HHhH, adaptation d'un livre de Laurent Binet que je n'ai pas lu, est un film dur, parfois éprouvant. Certaines scènes sont presque insoutenables. La B.O soignée accompagne aussi bien l'action que l'émotion. La tension monte, s'allège un peu puis remonte en flèche, alors même que l'issue est connue. Jimenez a construit son film de façon originale mais un poil répétitive : d'abord l'ascension de Heydrich, puis la préparation de son assassinant tandis qu'en parallèle il parachève son œuvre sinistre. C'était un pari risque car, pendant toute la première partie, le personnage principal est Heydrich qui n'a rien d'attachant. Ça aurait pu faire fuir le spectateur. Il faut saluer le courage de Jason Clarke qui interprète parfaitement un salaud grande catégorie. Rosamund Pike, royale, prouve s'il en était encore besoin qu'elle peut tout jouer. Jack O'Connell et Jack Reynor sont très attachants mais se ressemblent beaucoup ce qui les rend interchangeables. Mia Wasikowska vient apporter un peu de douceur. Gilles Lellouche et Céline Sallette font une belle apparition. Vraiment intéressant malgré le manque de contextualisation, notamment du rôle d'Heydrich qui s'avère au final peu développé, le film pêche parfois par excès d’esthétisme. Je regrette aussi la caméra qui a la tremblote dans plusieurs scènes ce qui est vraiment pénible. Une belle amitié, une histoire d'amour qui finit mal, l'ascension et la chute brutale d'un monstre, mais aussi pouvoir et responsabilité, car les conséquences des choix des protagonistes sont montrées sans édulcoration. Le fait que ce soit tourné en anglais n'est pas gênant quand on le voit en V.F mais en V.O ce doit être déstabilisant.
 
8/10

Dix petits nègres d'Agatha Christie

J'ai lu ce roman au cours et dans le cadre de ma scolarité, il y a quelques années. J'en ai un souvenir mitigé. Après avoir vu l'excellente mini-série qui en est tirée, j'ai eu envie de le relire, pour voir. 
Dix personnes qui ne se connaissent pas sont conviées par le mystérieux U.N. Owen sur l'île du Nègre sous différents prétextes. Et un à un, ils meurent comme dans la comptine...

Pour la bio de Dame Agatha, c'est long. Vous pouvez vous contenter du petit paragraphe qui suit. Pour la version longue, vous pouvez vous reporter à ma critique de Mort sur le Nil. 
Agatha Christie, née Agatha Mary Clarissa Miller (1890 - 1976), surnommée la « Reine du crime » est considérée comme l'auteur le plus lu chez les Anglo-Saxons après Shakespeare. Elle a écrit plusieurs romans sous le pseudonyme de Mary Westmacott. C'est aussi l'auteur le plus traduit dans le monde. Elle a publié 66 romans, 154 nouvelles et 20 pièces de théâtre. Ses romans et nouvelles ont été maintes fois adaptés au cinéma ou à la télévision.

Dix personnages mystérieux, avec un sombre passé que l'on découvre peu à peu. Le problème, c'est qu'ils sont bien peu sympathiques. Le juge Wargrave est un homme âgé et autoritaire doté d'une voix passablement agaçante. Vera Claythorne s'avère l'un des personnages les plus aimables : jeune femme indépendante très humaine. Philip Lombard, l'autre personnage agréable, aventurier sans scrupule au sourire carnassier, est pragmatique et sensé. Emily Brent est particulièrement déplaisante tant elle est rigide et moraliste, corsetée, confite dans ses certitudes rigoristes. Le Dr Armstrong, médecin réputé, plutôt compétent, assez imbu de lui-même et naïf inspire peu de sympathie. Anthony Marston fait un passage si express que le jeune et insupportable dieu reste méconnu (il semble que ce ne soit pas plus mal au vu de l'aperçu). William Blore, l'ex policier, a un je-ne-sais-quoi de déplaisant, de malsain. Le général Macarthur ferait presque pitié si ce n'était pas un assassin. Thomas et Ethel Rogers, les deux domestiques, sont de parfaits serviteurs anglais : discrets, efficaces, le service avant tout, enfin presque. 
L'écriture toujours fluide de Dame Agatha rend le livre facile et agréable à suivre. L'intrigue est particulièrement retorse et presque angoissante. Au fur et à mesure que les petits nègres disparaissent, ceux qui restent sombrent dans la folie, réduits à l'état d'animaux dans un zoo. L'ambiance devient alors de plus en plus oppressante. Malgré ses qualités, ce n'est pas mon Christie préféré. Sans doute parce que les personnages ne sont guère sympathiques.

6,5/10

lundi 5 juin 2017

Marie-Francine

Trop vieille pour son mari, de trop dans son boulot, Marie-Francine doit retourner vivre chez ses parents. A 50 ans ! Infantilisée par eux, c'est pourtant dans la petite boutique de cigarettes électroniques qu'ils vont lui faire tenir, qu'elle va rencontrer Miguel.
Assez fan de Palais Royal même si je n'en aime pas la fin, j'avais été déçue par 100% Cachemire. Je n'attendais donc rien de ce film qui s'avère une bonne surprise. Valérie Lemercier campe joliment une femme complètement larguée qui apprend à vivre quand tout s'effondre autour d'elle. Hélène Vincent et Philippe Laudenbach jouent les parents à la fois égoïstes et envahissants -un brin barrés aussi ; ils sont horripilants à souhait. Patrick Timsit est le symbole du renouveau bien que son personnage soit lui-même dans une situation similaire. Il est plutôt bon mais pas assez charismatique. Denis Podalydès est le mari lâcheur complètement à l'ouest qui ne comprend, mais alors pas du tout, pourquoi sa femme prend si mal son annonce. Le scénario, cousue de fil blanc, vaut pour ses bons mots et ses situations cocasses. Il évoque la génération boomerang -ça vaut à 50 ans aussi bien qu'à 30- : des adultes, qui ont déjà construit leur vie, doivent revenir chez papa-maman pour une drôle de cohabitation. Drôle, plein de charme, le film est plutôt touchant. Un brin décalé, il ne l'est pas assez pour être hilarant. A vrai dire, il ronronne quand il devrait être piquant. Tout de même très plaisant, notamment grâce à une bonne B.O surannée.
7/10