mardi 18 juillet 2017

The circle

Mae est engagée chez The Circle, un groupe de nouvelles technologies et de médias sociaux. Tandis qu'elle prend de plus en plus de responsabilités, le fondateur de l'entreprise, Eamon Bailey, l'encourage à participer à une expérience révolutionnaire qui bouscule les limites de la vie privée, de l'éthique et des libertés individuelles.

Mae est une jeune femme connectée, comme tout le monde, idéaliste et naïve. Engagée dans un groupe carnivore, mélange de Facebook, de Google, de Twitter et d'Apple, elle se convertit à la déesse transparence, en devenant bientôt la prophétesse. Elle est campée par Emma Watson, formidable, accompagnée par Tom Hanks, hypnotique, et Karen Gillan, nuancée. J'ai du mal à comprendre le rôle de John Boyega, son personnage reste très mystérieux. Ces deux derniers personnages sont assez maltraités par une intrigue qui les oublie un peu. Le film montre efficacement les dangers de l'intrusion trop grande des réseaux sociaux et de la technologie dans la vie privée qui, de ce fait, disparaît. Oui, il y a des avantages, mais on y perd tellement. L'atmosphère crée de plus en plus de malaise jusqu'à une fin abrupte, en demi-teinte, peu aboutie. Cette fin semble mettre à mal le propos entier du film, elle est vraiment étrange. Elle donne raison à ceux qui disent que les jeunes gens n'apprennent rien de leurs erreurs et s'y complaisent avec la volupté de ceux qui croient avoir raison. La forme est particulièrement soignée, parfois au détriment du fond qui aurait mérité d'être plus approfondi, tout en enfonçant moins de portes ouvertes. Certains commentaires qui apparaissent à l'écran sont très pertinents et dénoncent cette entreprise peuplée de jeunes gens sans enfants, à la limite du fanatisme entre délire facho-communiste et glorification personnelle.

6,5/10 
 

Spiderman : homecoming

Galvanisé par sa brève expérience avec les Avengers, Peter rentre chez lui auprès de sa tante May, sous l’œil attentif de Tony Stark. Il s’efforce de reprendre sa vie d’avant, mais au fond de lui, Peter rêve de se prouver qu’il est plus que le sympathique super héros du quartier.
Après la trilogie Maguire et la duologie avec Garfield, voici Tom Holland. Plus jeune, plus facétieux, il campe un Spiderman volubile, plein d'humour, plein de promesses. Il est accompagné par deux pointures, Michael Keaton en super-vilain avide et Robert Downey Jr, en guise de mentor. J'ai bien aimé le design du Vautour même si je n'ai pas compris comment il contrôle ses ailes. Les autres ados sont assez stéréotypés. Cet opus, un peu long au démarrage, est bourré d'action et d'effets spéciaux réussis. Léger, fun, moins "prise de tête" que certains autres Marvel tout en évoquant la difficulté pour un jeune homme prometteur et ambitieux de faire ses preuves. Il n'est pas question ici de sauver le monde mais de New-York, voire même juste du quartier, et c'est déjà pas mal. Cela dit, comme je suis sympa, j'éviterai de pointer les facilités et les incohérences. Espiègle et marrant.

8/10
 

dimanche 16 juillet 2017

Le dernier vice-roi des Indes

Mars 1947. Petit-fils de la reine Victoria et dernier Vice-Roi des Indes, "Dickie" Mountbatten doit préparer le pays à l'indépendance. Mais la tâche s'avère bien plus ardue que prévu, entre âpres négociations avec Nehru, Gandhi et Jinnah et violents conflits religieux. Jeet et Aalia, deux jeunes indiens au service du Palais et que la religion oppose, subiront ces évènements et auront à choisir entre leur amour et leur attachement à leurs communautés.
La bande-annonce, alléchante, m'avait appâtée, d'autant que je ne l'ai vue qu'une fois, ce qui évite la saturation (suivez mon regard vers Dunkerque). On suit deux aventures qui mettent intelligemment la grande et la petite histoire en parallèle. Tandis que Mountbatten, débonnaire mais plus fin qu'il n'y paraît, son épouse dévouée, brillante et perspicace et leur fille, pleine de bonne volonté, tentent désespéramment de maintenir la paix, Jeet et Aalia assistent discrètement aux négociations tout en essayant de trouver leur propre voie. C'est l'histoire déchirante d'une idée magnifique, d'un beau rêve, qui meurt. Hugh Bonneville, Gillian Anderson et Lily Travers font merveille, de même que Manish Dayal et Huma Qureshi. La photographie des extérieurs aussi grandioses que les intérieurs est très soignée, ainsi que la lumière et les très beaux costumes. Je n'ai pas compris pourquoi les Indiens s'exprimaient en anglais y compris dans l'intimité, une facilité peut-être. Connaissant mal l'histoire de la partition de l'Inde, le sujet m'a passionnée et les difficultés rencontrées par Mountbatten m'ont parues insurmontables et terribles. Même si la petite histoire amène un côté romantique sympathique et incarne la vision indienne des évènements, elle aurait pu être réduite au profit de plus longs développements portant sur les négociations et le travail de Mountbatten. Le film réussit à créer plusieurs moments d'émotion sans être tire-larmes. Le plus gros défaut de ce film, c'est d'être trop court pour saisir toute la complexité de l'indépendance de l'Inde et de la création du Pakistan ; une mini-série aurait mieux convenu.
9/10