jeudi 7 septembre 2017

Chéri

Retour sur avril 2009 et un petit Stephen Frears. Petit mais d'une belle élégance. 
 
Paris, la Belle Epoque. Léa de Lonval finit une carrière heureuse de courtisane aisée. Son ancienne rivale et toujours perfide Mme. Peloux aimerait qu'elle s'occupe de son fils, Fred, surnommé Chéri, élégant désabusé et déjà usé à 19 ans. La demi-mondaine vieillissante et le jeune dandy débutent alors une liaison. 
Le film doit beaucoup au roman de Colette dont est tiré, même s'il le développe et en modifie légèrement la fin. Michelle Pfeiffer est excellente, lumineuse, drôle, sensuelle, toute en douceur, encore pas mal (même si elle aurait dû éviter la chirurgie esthétique). Elle joue à la perfection la femme qui voit sa beauté s'effacer et son temps se finir. Rupert Friend, séduisant malgré une coupe peu avantageuse, a le physique romantique qui sied à son rôle de jeune cynique qu'il incarne bien. Kathy Bates est extraordinaire, truculente, peau de vache à souhait. Si la reconstitution est belle et les costumes superbes, ce sont surtout les dialogues ciselés qui retiennent l'attention, autant que la douce ironie qui baigne le film. Racé, léché, il fait subtilement le portrait d'une femme vieillissante qui a utilisé toute sa vie sa beauté comme une arme. Cette petite histoire de demi-mondaine cache une mélancolie automnale derrière les derniers feux de l'été. Cela manque d'un rien de souffre pour être parfait.
 
8,5/10