samedi 16 septembre 2017

Barry Seal

L'histoire vraie de Barry Seal, un pilote recruté de manière inattendue par la CIA afin de mener à bien l'une des plus grosses opérations secrètes de l'histoire des Etats-Unis.

Doug Liman propose un film plutôt marrant au rythme enlevé sur un opportuniste qui n'aime que deux choses : sa famille et l'argent. Tom Cruise, insolent et toujours survolté, s'offre un rôle sympathique dans lequel il semble bien s'amuser. La face cachée de l'intervention de la CIA en Amérique latine est montrée sur une réalisation clipesque qui ne se prend pas au sérieux. Quelques belles séquences d'aviation. C'est malin mais prévisible, divertissant mais sans conséquence. Tout cela manque de consistance. Ludique.

6/10

Mother !

Un couple voit sa relation remise en question par l'arrivée d'invités imprévus, perturbant leur tranquillité.


Je crois qu'il existe de bonnes chances pour ce film détienne la palme du film le plus bizarre de l'année. On n'y comprend rien jusqu'à la toute fin et là encore, même si l'idée générale est saisie, des ombres demeurent. Un deuxième visionnage pourrait permettre de les explorer mais je n'ai aucune envie de m'infliger cela. Le petit dernier d'Aronofsky, qui développe une ambiance angoissante réussie, se déroule dans un huis clos de plus en plus peuplé et de plus en plus étrange. Il se peut que ce soit une revisite hallucinée de la genèse tant du monde que de la création. Il n'est pas vraiment ennuyeux mais comme on ne comprend rien à ce qui se passe, il finit par être agaçant, d'autant que l'étrange vire au grand n'importe quoi dans une apothéose grotesque. Les personnages sont vides, d'une insignifiance troublante : un auteur puéril et déifié, sa femme-enfant-femme de ménage, un couple fantasque et leur progéniture dégénérée. Je ne suis pas sûre d'avoir compris ce que représentent ces quatre là. La performance des acteurs -Jennifer Lawrence, Javier Bardem, Ed Harris et Michelle Pfeiffer- ne les fera pas rougir dans le futur, contrairement à la qualité de l'image. Je suppose que c'est un autre symbole de l'allégorie centrale du film, toutefois, l'image à gros grain, c'est moche, point. Quant à ces gros plans peu flatteurs, on aurait pu s'en passer. La quasi absence de musique sert l'atmosphère glauque, de même que le décor, cette étrange maison. Revenons à la métaphore objet du film : la création d'une œuvre et son appropriation par le public. Si elle reflète l'expérience personnelle du réalisateur, il doit mener une vie triste et douloureuse. Au final un film moche et illisible qui mélange religion à la limite du sectarisme, gore inutile et agressif et allégorie vaseuse.

2/10

vendredi 15 septembre 2017

Mary

Frank Adler se bat pour conserver la garde de sa nièce, Mary, qui témoigne d'un don hors du commun pour les mathématiques. 
Ici, nous avons un film gentiment guimauve et un peu lisse qui a toutefois le mérite de poser des questions intéressantes : doit-on utiliser la totalité de son talent pour être heureux ? peut-on être malheureux en vivant de sa passion ? doit-on faire primer ses talents intellectuels au détriment du reste de sa vie ? Sur une B.O sympathique, on suit l'évolution de ce presque père attachant et d'une intelligence très fine, campé par le séduisant Chris Evans, et de l'adorable Mary, gamine extravertie, brillante et drôle, interprétée par McKenna Grace, trop chou. Les deux sont très complices. Lindsay Duncan et Octavia Spencer complètent efficacement ce casting réussi. Bon, il y a aussi le chat, Fred, aussi mignon que la petite. Webb n'évite pas les deux ou trois inévitables scènes attendrissantes ou tristes mais s'en tire bien grâce à un brin d'humour et en évitant la mièvrerie. Il réussit à émouvoir tout en distrayant grâce une belle générosité. Prévisible mais tendre, ce petit film poétique se plaît à rappeler que la famille, c'est aussi ceux que l'on choisit.
7,5/10

dimanche 10 septembre 2017

La pelouse camomille de Mary Wesley

J'ai lu ce roman une première fois à la fin du lycée ou au tout début de mes études. Par la suite, j'ai lu trois autres œuvres de cet auteur. Après une première tentative de relecture ratée il y a quelques années, je viens de finir une relecture réussie.

Comme chaque été, les cinq neveux de Richard et d'Helena se retrouvent dans la maison de Cornouailles. C'est le temps béni des jeux, des baignades, des après-midi paresseux sur la pelouse de camomille, sans autre souci que ces tourments de l'amour. La petite Sophy donnerait sa vie pour Oliver qui, lui, est fou de Calypso, si belle et si lointaine. Elle a juré d'épouser un homme riche. Mais nous sommes en août 1939. La guerre est sur le point d'éclater, qui mettra fin à l'enfance. Une atmosphère d'angoisse et d'euphorie paradoxale s'installe, qui portera les relations à un degré d'intensité exceptionnel.
 
Mary Wesley, CBE, nom de plume de Mary Aline Mynors Farmar (1912 - 2002), est une romancière anglaise, spécialisée dans le roman historique qui met en scène des conflits familiaux et dans la littérature d'enfance et de jeunesse.
Fille du colonel Harold Mynors Farmer, elle est élevée dans la somptueuse propriété familiale. Enfant difficile, elle a eu seize gouvernantes et a entretenu une relation conflictuelle avec ses parents, et tout particulièrement avec sa mère. Adoptant le pseudonyme de Mary Wesley, elle amorce sa carrière en littérature dès les années 1960 avec deux romans de littérature d'enfance et de jeunesse. Elle cesse de publier pendant plus de dix ans, puis donne un dernier titre pour la jeunesse avant de devenir romancière de sagas familiales. Ce sont les souvenirs de la situation familiale tendue de sa jeunesse qui sont évoqués dans son roman le plus connu, La Pelouse de camomille (The Camomile Lawn, 1984), à la publication duquel l'un de ses frères s'est en vain objecté. Par ailleurs, c'est la vie de ses grands-parents maternels qui sert de base au roman historique Sucré, salé, poivré (Harnessing Peacocks, 1985). Ces deux romans, ainsi deux autres, ont fait l'objet d'adaptations par la télévision britannique. 

Dans ce roman ironique, irrévérencieux et parfois cruel, on suit le parcours un rien chaotique de cinq jeunes gens et de deux couples. Autant Sophy et Polly sont immédiatement sympathiques, autant Helena et Calypso sont plus antipathiques alors que Max et Richard se révèlent au fil des pages. Pendant la guerre, si les jeunes gens n'apparaissent plus qu'en permission, les messieurs plus âgés prennent leur revanche et les femmes s'amusent, papillonnent et découvrent leur liberté. La guerre tue, parfois tout près, mais à l'arrière, on est bien décidé à revendiquer son droit au bonheur et à la légèreté. Et bien plus tard, lorsqu'ils se replongent dans leurs souvenirs, ces jeunes devenus vieux éludent les questions gênantes mais sont toujours partant pour une vacherie.
Mary Wesley a une écriture fine, maligne et ciselée. Elle s'amuse des tribulations amoureuses et sexuelles de ses personnages et souffle un vent de liberté et d'impertinence sur leurs vies. Elle décrit bien l'atmosphère d'urgence de vivre, passionnément et fort et sait créer des personnages qui ont du mordant, comme ses dialogues, parfois agaçants, parfois émouvants. 
Au final, un roman plaisant, idéal pour les vacances ou pour s'en donner le goût. Une lecture légère qui appelle à profiter de la vie.

8/10